Critique du volume manga
Publiée le Vendredi, 09 Janvier 2026
La fin de l'année approche, et avec elle arrivent tout un tas d'événements assez emblématiques pour le temple, comme le pilonnage de mochi ou la dernière récitation de sutras de l'année, sans oublier des choses plus communes telles que le réveillon, et des imprévus comme une panne d'eau chaude qui va obliger tout le monde à aller dans un onsen !
Les choses pourraient s'arrêter là, mais comme vous vous en doutez avec cette série, un paquet de situations ont vite fait de partir en vrille, que ce soit parce que le pilonnage de mochi va dévoiler toute sa portée érotique (?!), car cette chère Mia ne va pas manquer de faire des siennes pour l'occasion en vivant à sa manière une légende lapine, ou encore parce que le passage au onsen risque à tout moment, forcément, de déraper dans une séquence de voyeurisme involontaire. Beaucoup de rebondissements qui tournent autour de la chose, en somme, comme assez souvent dans la série, mais avec des scènes où cette fois-ci Kimitake étirer peut-être un peu trop longtemps les gags: la répétition de gags sur les "gros mochi" des filles finit par devenir un peu lourd, idem pour leurs tenues de lapines sur lesquelles l'auteur insiste un peu trop au-delà de l'humour... Néanmoins, l'ambiance résolument débile fonctionne toujours autant, notamment quand Akemitsu se punit lui-même de façon de plus en plus extrême face à ses pensées impures.
Et pourtant, si ces élans de fan-service s'étirent, c'est aussi peut-être parce qu'ils ont ici une raison d'être plus prégnante, dès lors que la pensionnaire la plus discrète du temple jusqu'à présent dévoile enfin son jeu: si Kagura est au premier plan de la jaquette, c'est bien parce qu'elle prend ici plus d'importance, après quatre premiers tomes passés dans l'ombre (à juste titre, au vu de son véritable rôle). Sans en dire trop, celle-ci, dont le passé et le statut se dévoilent enfin, a un objectif bien précis à accomplir, objectif qui a évidemment un lien direct avec Mia et pour lequel Akemitsu est devenu un véritable obstacle... Mine de rien, au vu des indices laissés par-ci par-là (en tête, la façon dont Kagura suit et filme toujours son amie), Kimitake Yoshioka a bien préparé cette intrigue supplémentaire, dont le côté absurde et coquin prend alors un peu plus de saveur.
Mais derrière ça, c'est aussi la nature même de la relation particulière entre Mia et Kagura que l'auteur aborde assez efficacement, en basant les choses sur une interrogation claire: Kagura est-elle une pure traîtresse envers celle qui la considère depuis toujours comme sa plus précieuse amie ? Le mangaka a une manière assez chouette de développer les premiers éléments de réponse à cette question, en particulier parce que la découverte de l'enfance commune des deux filles est attachante, et parce que Mia reste toujours fidèle à elle-même: derrière sa lutte parfois difficile (d'où les situations scabreuses la mettant en scène) contre ses gènes de reine de l'érotisme et ses nombreuses bouilles délicieusement débiles, elle reste adorable dans la confiance pure qu'elle accorde à sa précieuse meilleure amie, chose à laquelle même Kagura ne peut sans doute pas rester insensible !
Enfin, ce tome accentue aussi les potentiels doutes sur l'avenir d'Akemitsu au sein du temple: en plus de découvrir la part d'hostilité de Kagura à son égard, il est aussi question pour lui de s'interroger sur ce qu'il fera une fois que Yuzuki sera devenue abbesse, un événement qui marquera la fin de la mission de Kiki et qui remettre aussi en cause le rôle de notre héros. Va-t-il partir ? Va-t-il devenir abbé lui aussi ? De quelle manière pourra-t-il continuer de soutenir Yuzuki et rester auprès d'elle, si tant est qu'il le pourra ?
Ainsi, malgré certains gags coquins et plans fan-service qui s'étirent un peu trop, on tient là un tome qui reste très intéressant. Sans perdre son humour grivois, absurde et débile assez typique et communicatif, Kimitake Yoshioka continue assez bien d'étendre ses enjeux et d'aborder ses personnages. La lecture reste très fun dans l'ensemble.
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