Tendre voyou Vol.1

Rédaction
Lecteurs
17.50 /20

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 27 Novembre 2009

« Ton rapport est une vraie déclaration d’amour. On ne peut pas le montrer en réunion ! »

A vrai dire, on commençait à se languir des amours lycéens, puisque d’ordinaire ce genre d’histoire représente d’avantage qu’un tiers des parutions mensuelles de yaoi. C’est donc avec curiosité que l’on ouvre ce manga à la couverture si flashy et quelque peu déstabilisante. Le « tendre » semble d’avantage justifié que le « voyou » en ce qui concerne le petit blondinet répondant au nom de Towa, mais bon. Celui-ci est donc un délinquant dans son lycée (si la délinquance se réduit à aller sur le toit et refuser de se décolorer les cheveux, il faudra inventer un nouveau terme pour la réelle délinquance) et le conseil des élèves a toujours un œil sur ses agissements. Tiens bizarre, ce n’est pas plutôt l’administration et la direction de l’établissement qui devrait se charger de ce genre de cas ? Qu’importe. Après tout, on sait bien que les histoires de jeunesse ne sont jamais réalistes et ne permettent que de mettre en scène des adolescents dans la fleur de l’âge, le plus possible afin de combler les envies des lectrices. Towa partage donc son petit coin de tranquillité avec un autre élève, parfait et bien loin de Towa, semblerait-il. Mikado est en effet un élève modèle, poli et très comme il faut. Du moins en donne t’il l’impression, puisque peu à peu il se met à fixer Towa d’un regard anormal pour un ami, allant même jusqu’à l’embrasser langoureusement, ce qui déstabilise quelque peu notre petit voyou.

Mei Sakuraga rassemble ainsi les deux personnages classiques qui n’ont rien à faire ensemble : le yandere (Towa et son apparence rebelle alors qu’il est plus sensible et prise de tête qu’une fille) et Mikado, aux airs de dominateur sous son sourire de monsieur parfait. La romance en elle-même n’a rien de passionnant, puisqu’il n’y a ni surprise ni retournement de situation, tout juste une révélation qui vient naturellement compliquer leur amourette, élément nécessaire au peu d’action du manga, primordial dans la réflexion de Towa sur ses sentiments. Les caractères n’ont rien de bien surprenant, mais on s’attache assez facilement aux deux jeunes gens, une fois la déception des stéréotypes passée. La fin de l’histoire principale nous suggère une suite des plus intéressante, qui va multiplier les couples voyou - élève modèle. Il faut d’ailleurs préciser que les quatre tomes de la série sont en fait quatre one shot avec des personnages dont les histoires se croisent. Il est donc facile de deviner le contenu du deuxième volume … A vérifier en janvier. Les trois nouvelles en fin de tome sont quant à elles décevantes. Si l’histoire principale n’avait rien d’original, elle était agréable car rafraichissante et un minimum développée. Ici, en quelques pages, trois couples se forment sans que l’on ait le plaisir de connaitre les personnages ou de s’attacher à certains de leurs sentiments. La première est sans doute la moins décevante, mais les deux autres sont franchement trop courtes et ne permettent que de combler les trous du premier volume avec facilité et grossièreté. On est d’ailleurs de moins en moins concentré sur ces nouvelles qui n’ont pour but que de mettre en place quelques sentiments tirés de nulle part ainsi qu’une scène érotique à la clé.

Cependant, et malgré quelques défauts d’un point de vue scénaristique, la mangaka s’en sort très bien dans les graphismes. Bien que l’on ait du mal à différencier certains personnages à cause des trois nouvelles de fin de volume, le trait est vraiment agréable à l’œil. S’il reste dans la veine « yaoi » et ses codes de finesse et d’élégance, on sent que l’auteur maîtrise cet aspect là du manga et que sa mise en page est très pertinente. On a alors un plaisir inattendu à lire ce manga qui ne sort pas de l’ordinaire mais nous propose un ensemble visuel très agréable pour se reposer l’œil et passer un bon moment de lecture. Les regards sont expressifs, le découpage efficace, les moments plus humoristiques et légers parfaitement amenés, les décors (ou les fonds stylisés) ne sont pas oubliés, bref un réel effort est fait du côté esthétique et on apprécie vraiment l’ambiance créée par la mangaka. Et simplement pour la fraîcheur de son trait, on ira voir avec plaisir les trois autres tomes en espérant que les bonus de fin type « nouvelles bonus » ne soient pas trop encombrants. Enfin, l’édition est correcte en dépit d’un souci au niveau de la mise en valeur des traits par rapport aux effets de contraste, et bien évidemment en regard du prix proposé par Taïfu.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM
14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs