TSF Monogatari - Actualité manga

TSF Monogatari

Takumiga Seitenkan shite Fuck sare makuru Monogatari

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 03 August 2021

En deux publications françaises chez Niho Niba, Shindo L s'est imposé comme un auteur de hentai aussi important qu'atypique, n'ayant aucunement volé la réputation qui le précédait. En janvier 2019, Métamorphose frappait un grand coup avec son histoire très sombre, crue et sans concession qui permettait également au mangaka d'évoquer différentes dérives de la société, en particulier pour une adolescente comme Saki, oppressée par les diktats sociétaux puis brisée par sa propre famille qui ont précipité sa perte. Puis en juillet 2020, l'arrivée dans la jeune collection OHNI de Shindo L’s Cultural Anthropology régalait pour son déluge d'imaginaire érotique. Il n'en fallait pas plus pour que Hot Manga, l'autre éditeur prolifique de manga X, s'intéresse à son tour à l'artiste avec une première publication arrivée en juillet dernier, celle de TSF Monogatari.

Sorti au Japon en 2011 aux éditions Ti-net après une prépublication dans le magazine Comic Mujin, cet épais volume de plus de 230 pages fut le deuxième livre broché de la carrière professionnelle de Shindo L, un an après son premier recueil Sarashi Ai (inédit en France à ce jour), et deux ans avant Métamorphose. On y suit les péripéties coquines de Takumi Musashino, qui était il y a encore peu de temps un lycéen comme les autres. Du moins, jusqu'à ce qu'une maladie incurable ne l'oblige à suivre un traitement miraculeux qui, même s'il l'a guéri, ne fut pas sans conséquences puisque Takumi est tout bonnement devenu une fille ! Il/elle aimerait bien retrouver autant que possible une vie normale, mais entre ses amis qui le voient désormais sous un autre oeil empli de convoitises, les pervers dans les transports en commun, au même l'égérie de l'établissement Anri qui montre soudainement plus d'intérêt pour lui/elle depuis qu'il a changé de sexe, Takumi risque fort de tomber toujours plus profondément dans les plaisirs propres au sexe féminin, jusqu'à s'y noyer...

Le pitch du changement de sexe d'un ancien garçon qui va peu à peu se laisser aller dans le plaisir du sexe féminin, ce n'est pas forcément nouveau, et rien que chez Hot Manga on pourra notamment penser au très chouette I Feel Good my Woman's Body d'Okawari, sorti en France en juin 2019. Néanmoins, pendant la majeure partie de ses pages TSF Monogatari tend plutôt à rappeler le fonctionnement scénaristique de Métamorphose, en narrant le parcours d'une héroïne qui sombrera toujours plus dans la débauche au fil de ses expériences, finissant même enceinte de père inconnu tout en poursuivant malgré tout ses pratiques avec tous les hommes qui veulent bien d'elle, par simple attrait du plaisir. Néanmoins, si, comme très souvent avec Shindo L, la moralité n'a pas vraiment sa place ici et que certaines scènes de sexe se veulent très hards (coucherie alors que Takumi est enceinte donc, mais aussi gangbangs, futanari, agressions sexuelles où il/elle finit par trouver d'emblée du plaisir...), l'oeuvre ne tombe pas dans une déchéance aussi sombre que celle de Métamorphose, non seulement parce que les raisons de coucher de Takumi sont moins dure (elle veut juste du plaisir, là où Saki de Métamorphose sembler y chercher une échappatoire et un désir d'être aimée), mais aussi parce que Anri vient y apporter une issue plus bénéfique, en plus d'être assez maligne dans son propos. Mais ce côté moins dur que dans Métamorphose signifie aussi que le portrait de société sous-jacent est moins présent, même si les premières découvertes de l'esprit masculin Takumi dans son corps de femme peuvent souligner certains problèmes auxquels peuvent être confrontées les femmes au quotidien, comme les attouchements dans les transports ou les regards obscènes insistants et pesants des mecs.

Notons que Shindo L, ne se contentant pas ici des péripéties de Takumi et d'Anri, glisse également, entre deux chapitres de TSF, deux autres récits courts de 25-30 pages chacun. Dans l'un, on suivra les premières expériences chaudes d'Anna, une amatrice de cinéma qui a toujours voulu se faire remarquer et être aimée, et qui se laissera aller dans les affres du cinéma porno de son club. Dans l'autre, un peu plus tendre de façon presque étonnante, on découvrira un jeune homme solitaire qui verra sa vie changée par l'irruption chez lui d'une surprenante et jolie fugueuse.

Visuellement, la patte Shindo L se reconnaît immédiatement. Tout en étant assez rentre-dedans et en ne lésinant pas sur les gros plans, les sécrétions et les expressions de plaisir un peu extrêmes tendant vers l'ahegao, le coup de crayon de l'auteur sait pourtant conserver quelque chose d'assez sensuel chez ses héroïnes.

Servi dans une édition à la hauteur (traduction bien dans le ton d'Yves Bohmler, bonne qualité de papier et d'impression, présence de six pages en couleurs... Soulignons juste l'inversion des noms d'Anna Mitami et Anri Sogahara sur la quatrième de couverture), TSF Monogatari est un nouveau bon cru de la part de Shindo L. Bien que plus ancien que Métamorphose et que Shindo L’s Cultural Anthropology, l'oeuvre n'a pas vraiment à rougir de la comparaison, et reste une pièce importante de la carrière de l'auteur elle aussi. Pour preuve, Shindo L y est ensuite revenu plusieurs fois au travers de chapitres supplémentaires nommés "Append", qui ont été publiés au Japon en tant que doujinshi, et qui ont permis d'étendre l'univers.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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