Space Brothers Vol.15 - Actualité manga

Space Brothers Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 04 April 2017

Là-bas, il ne fait beau que soixante jours par an ; le reste du temps, le ciel est plein de grisaille. Sans faiblir, il neige d’octobre à avril. Pour ainsi dire, il n’y aurait que deux saisons : « l’hiver glacial » et « l’hiver tout court ». Mais où donc l’un des deux frères japonais s’en est-il allé fourrer son bec ? Hibito vient de poser les pieds sur le sol de Moscou. Officiellement, entrainement de routine. Officieusement, le poulain va être pris en charge pour tenter de guérir son récent mal lunaire : ce trouble psychologique qui le met à l’écart de toute nouvelle mission lunaire.

Radical changement d’atmosphère pour ce quinzième volume de Space Brothers. Non pas que les palpitantes séances d’avion de chasse avaient été vues à satiété, mais ces nouvelles ambiances hivernales teintées de truculentes touches de culture russe s’annoncent superbes : inattendu humour piquant ; art de la danse classique ; vapeurs de vodka pour nuits festives ; apaisement nordique et balades nocturnes ; etcetera.  Bref, bienvenue en ex-U.R.S.S. dans ce qu’elle a de meilleur.

Si son cas semblera désespéré, Hibito n’en sera pas néanmoins pris en charge par un des plus grands héros de l’aérospatiale russe, un sacré malabar porté sur la boisson : le capitaine Ivan Tolstoï. Tout en demeurant adepte de la plus grande fermeté, c’est par une méthode plutôt « à la cool » et progressive qu’il tentera de requinquer le blondinet coiffé en pointe. Puisque, s’il doit être guéri, Hibito semblera d’abord littéralement démotivé, en perte totale de confiance en lui-même. Plus qu’un parcours du souffrant vers la guérison, il s’agira d’un authentique voyage initiatique : Hibito, en quête de lui-même, et au-delà de sa passion pour l’espace.

Parfois, la remise sur pied du corps impliquera la reforge de l’âme : et si Hibito faisait une charmante rencontre ? Depuis le début, il aura été compris que Mutta en pinçait fort pour Serika. Mais, qu’en était-il de son frère ainé ? Et bien il se pourrait que le cœur de ce dernier ne se mette désormais à battre pour une danseuse de balai : elle aussi est blonde ; mèche frontale également en pointe ; pareillement tête en l’air ;  d’un charme gracieux ; drôle et envoutante. Une improbable rencontre où les situations cocasses se veulent tendres et enlevées.

Des merveilles de mise en scène. Une narration d’une fluidité exemplaire. Un dessin à la fois singulier, élégant et reconnaissable entre mille. Une histoire surprenante sans jamais sombrer dans l’outrance. Seule ombre au tableau : une nette propension  des Japonais envers les filles – très, trop ? – jeunes. Souvent hautement dôle : mention spéciale s’agissant de la scène lors de laquelle Mutta se fait cuire quelques œufs à la poêle.

Dans l’addictif froid hivernal de la belle Russie, Chûya Koyama dévoile une reconquête de soi à l’aune des maladresses du sentiment amoureux. Originalité des protagonistes côtoie justesse des relations humaines. Grand auteur, grand manga.

 


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

18.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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