Saltiness Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 Febuary 2019

Il avait quitté la maison pour "tuer le monstre en lui" et éviter à sa soeur adorée d'être malheureuse, mais en entendant le souhait d'Ai, ce qui ferait son bonheur, Takehiko ne peut que se résoudre à stopper son voyage et à rentrer. Toujours accompagné de "Goret" qui vit désormais chez lui, il a même commencé avec ce dernier à travailler au golf ! Cela dit, son comportement tout sauf conformiste risque encore de lui jouer quelques tours, surtout à partir du moment où il rencontre le neveu de son patron, un jeune homme ayant lui-même ses propres problèmes: il ne dit que des choses sans queue ni tête aux gens qu'il estime plus intelligents que lui, et parle normalement uniquement avec ceux qu'il considère plus idiots que lui, afin de reste le plus intelligent de son "monde". Considérant Takehiko comme le dernier des imbéciles de la ville, il lui avoue que cela fait des années que des rumeurs sur lui se font et se défont. Et même si Takehiko, lui, se fiche de ce qu'on pense de lui, il s'inquiète de plus belle pour sa soeur, qui en souffre peut-être... Quelle solution son esprit anticonformiste trouvera-t-il encore pour essayer de faire le bonheur d'Ai ? Et à force d'agir de façon improbable pour elle, ne risque-t-il pas de faire pire que mieux ?

On le sait déjà, Takehiko est un homme véritablement en marge des normes dictées par la société. Son esprit anticonformiste et libre, sa manière de penser et d'agir tout à fait uniques et propres à lui, le font toujours passer pour un cinglé. Mais depuis les débuts de Saltiness, le lecteur a eu tout le loisir le bon fond qui existe derrière le comportement ahurissant de cet homme, et c'est encore le cas ici. Takehiko a désormais entrevu ce qui ferait réellement le bonheur d'Ai, mais c'est toujours à sa manière qu'il tente de lui faire atteindre ce bonheur. Le trentenaire apparaît toujours aussi décalé, mais il est assurément attachant, et surtout il semble bel et bien évoluer à sa manière, sans forcément se trahir, sans trahir sa vision des choses. Mais il est assurément plus ouvert sur les autres, essentiellement grâce aux rencontres qu'il a pu faire et qu'il fait encore dans ce volume. Mais en plus d'évoluer, de se trouver en quelque sorte une certaine place dans ce monde, il continue lui-même de faire évoluer les autres. Comme Ai et Tarô bien sûr, mais c'est aussi grâce à lui, sans doute inconsciemment, que le neveu du patron finit par changer, ou que "Goret" montre qu'il a lui aussi évolué dans un avant-dernier chapitre très intéressant. Ce dernier passage, d'ailleurs, est également très intéressant pour ce qu'il montre de la notion de famille et de la mère de Takehiko et d'Ai, dont l'irresponsabilité totale a sans doute eu un impact sur Takehiko, chose que l'on comprend sans que ce soit dit. La conclusion, elle, est à la fois ouverte juste comme il faut, et porteuse d'espoir sur l'avenir des personnages, y compris de notre cher personnage principal. On a beau être très éloigné des normes imposées par la société, il semble bien possible de comprendre, d'être compris et de trouver sa place, tel semble être l'un des messages de la série, en plus de la notion de bonheur qui est propre à chacun.

Son récit si atypique voire perché, Minoru Furuya continue jusqu'au bout de le mettre en image avec unicité et immersion, notamment à travers ses quelques nouvelles métaphores visuelles où Takehiko se retrouve par exemple à parler avec un pneu ou des seins géants, témoignant de sa manière bien à lui de penser le monde qui l'entoure.

Au final, Saltiness est un récit à la fois déstabilisant et intelligent dans son propos, porté par des partis pris visuels très intéressants et soignés, et s'offrant ici une conclusion pleine de sens. Autant dire qu'on a déjà hâte de retrouver Minoru Furuya avec sa prochaine oeuvre prévue en France, Gereksiz.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
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