Ranma 1/2 - Edition Originale Vol.7

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 Février 2019

Revenu soudainement de Hawaï où il était en vacances plus que prolongées, le proviseur du lycée Furinkan et père de Tatewaki est bien décidé à imposer aux élèves ses lubies ! Son délire actuel: crâne rasé pour tous les garçons et coupe au bol pour toutes les filles. Et si ça ne peut pas se faire, aucun souci: le bonhomme a bien d'autres idées en tête, comme imposer aux retardataires la corvée de nettoyage des toilettes. Quitte à s'arranger lui-même pour que les élèves arrivent en retard. En particulier Ranma, qu'il a pris en grippe. Avec ce nouvel arrivant du tome précédent, Rumiko Takahashi a encore su imposer un personnage farfelu, décalé, idiot, et amenant son lot de situations burlesques. Un proviseur qui veut empêcher ses élèves d'arriver à l'heure, c'est le monde à l'envers ! Et comme si Ranma n'avait pas déjà assez d'adversaires masculins entre Ryôga, Tatewaki, Mousse ou Gosunkugi, en voici encore un de plus. Mais cette fois-ci, il se s'agit pas d'un adolescent se battant pour ses sentiments, mais d'un adulte simplement touché dans sa fierté. N'oublions pas qu'en plus de ça le proviseur est un père particulièrement irresponsable envers Tatewaki et Kodachi, et on obtient, comme plusieurs autres dans la série avant lui, une figure adulte pas si adulte que ça, assez pathétique, et surtout hilarant !

Les problèmes avec le proviseur temporairement passés, la suite de ce volume se divise essentiellement en trois partie de longueurs très variables.

La première d'entre elles, le temps de quelques chapitres, voit Ryôga se retrouver sans le savoir avec un savon magique récupéré par Shampoo et ayant le pouvoir d'annuler la malédiction grâce à son imperméabilité. Autant dire qu'entre Ryôga lui-même, Shampoo ou Ranma, nombre de maudits sont décidés à récupérer le précieux objet. Entre deux scènes de bain charmantes, l'heure est donc à une nouvelle confrontation amusante, où Rumiko Takahashi ne perd rien de son sens du rythme, avec une nouvelle avalanche de gags, entre le savon qui passe de mains en mains, les transformations, Ryôga qui se fait gentiment manipuler, l'autrice qui joue malicieusement sur les jalousies de chacun... Du bon Ranma 1/2, en somme.

La troisième partie, elle, achève le tome et ne dure que deux chapitres, le temps pour la mangaka de mettre en scène un chat-fantôme se cherchant une épouse, jetant son dévolu sur Shampoo (et prenant donc Ranma garçon pour son rival) puis sur Ranma fille (et étant donné la phobie des chats qu'a Ranma, ça vaut le détour). Ca passe vite, mais c'est rigolo, notamment pour certaines situations où Ranma se fait un plaisir de renvoyer à la figure (littéralement) de son père son irresponsabilité.

Toutefois, c'est bien la partie centrale du tome qui capte le plus l'attention, et pas seulement parce que avec ses presque 200 pages il s'agit à ce jour de la plus longue partie de la série. Quand Happosai décide de faire des siennes et de se venger de Ranma en lui appliquant un moxa maléfique, voici notre héros devenue totalement faible, dépourvu de force. Ses coups ne font plus aucun effet, il n'arrive même plus à porter son sac lui-même... Et le pire dans tout ça, c'est qu'il n'existe aucun remède. Aucun, sauf celui inscrit sur un parchemin volé autrefois par Happosai ! Mais comment vaincre le petit vieux et récupérer le parchemin quand on n'a plus aucune force ? Cologne a peut-être la solution: un entraînement en montagne, pour enseigner à son gendre une arcane secrète... Autant le dire, tout cet arc est très bon, car il concentre pas mal des qualités de la série, à commencer par le regroupement de la plupart des personnages importants de la série. Evidemment, tous les plus vils et idiots rivaux habituels de Ranma (Tatewaki, le proviseur, Mousse) sont au rendez-vous pour se vanter de vaincre un Ranma devenu tout faiblard, et parmi ces rivaux Ryôga dénotera réellement en montrant d'autres valeurs, incapable qu'il est de s'attaquer à un faible, désireux pourtant d'aider son éternel rival à retrouver sa force, mais se faisant au final encore gentiment manipuler. Amusant et attachant à la fois, Ryôga reste décidément l'un des personnages très réussis de l'oeuvre. On saluera aussi la présence d'Ukyo, le rôle de Cologne, l'habituelle incompétence de Genma, l'efficacité de Happosai en tant que grand adversaire de cet arc... sans oublier Akane, profondément inquiète pour notre héros ! Grâce à tous ses personnages, Rumiko Takahashi a tout le loisir de varier les situations en jonglant entre arts martiaux, humour et même sentiments. Ainsi, tandis que la fameuse technique martiale du "tigre couché" est un gag supplémentaire montrant encore le côté pitoyable de Genma, on note toute une réflexion dans la conception de l'arcane du "dragon flamboyant", reposant sur toute une logique que l'autrice exagère avec une grande efficacité, et qu'elle exploite avec ingéniosité pour proposer un entraînement pouvant être tour à tour intense et improbable. Enfin, difficile de ne pas retenir dans tout ceci les petites pointes sentimentales très bien dosées, essentiellement entre Ranma et Akane bien sûr. Que ce soit certains sous-entendus dans les quiproquos, l'inquiétude d'Akane pour Ranma, la façon dont elle met son intégrité physique en danger pour récupérer le parchemin vers la fin, et la détermination qu'affiche Ranma pour la protéger, on se plaît toujours autant à observer l'affection qui est bel et bien née entre ces deux-là, même s'ils se refusent toujours autant à se l'avouer, et même si toutes ces situations se finissent toujours dans l'humour.

Résultat: un volume très plaisant, rythmé, drôle, inspiré, qui regroupe à lui seul une grande partie des qualités de cette série qui, jusque-là, ne s'essouffle toujours pas. Le principal bémol est alors à chercher du côté de l'édition. Pas pour la traduction de Fédoua Lamodière qui reste toujours aussi fluide et vivante, mais plutôt pour le papier dont la qualité baisse d'un petit cran. Il est certes un peu plus léger, mais également un peu plus fin, un peu moins blanc, un peu moins agréable, conférant alors au volume un aspect légèrement moins joli que ses prédécesseurs. Qui plus est, il s'agit peut-être d'un cas isolé ayant quand même touché 100% des volumes de mon libraire, mais la jaquette a été mal pliée, si bien que des traces de mauvais plis, comme des rainures, apparaissent sur la première de couverture. Plutôt dommage quand ces plis viennent gâcher les jolis vernis sélectifs... Les pages bonus, elles, se poursuivent un focus et la suite de l'interview de Rumiko Takahashi, s'intéressant cette fois-ci à la principale héroïne de l'oeuvre: Akane !
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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