Prisonnier Riku Vol.38 - Actualité manga

Prisonnier Riku Vol.38

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 27 September 2021

Riku et les siens se sont enfin échappés de l'Île de l'Enfer. Leur destination ? Le Palais de la Diète, cible de Kidôin afin d'exécuter son coup d'état, et prendre les rennes du pays. Les évadés se heurtent pourtant à un mur : Les adultes de la Diète refusent de croire de tels propos et ne veulent pas évacuer les lieux.

Un peu moins de sept années se sont écoulées depuis notre rencontre avec Riku, cette graine d'homme solide comme un roc, dont la volonté inébranlable a su nous marquer nous, lecteurs, mais aussi une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. C'est pourtant l'heure des adieux avec cette fin attendue, concluant le parcours du bonhomme et de sa bande, prêts à tout pour donner à leur pays un avenir meilleur.
En un seul tome, c'est le plan de Kidôin qui doit être mis en échec. L'opus se dote alors d'un rythme effrené puisque seul le chapitre final fait office d'épilogue, le reste étant consacré à « l'affrontement » contre le despote tyrannique et sans scrupule.

Alors, c'est en décortiquant bien des idées que Shinogu Seguchi mène cette confrontation à sa fin, sans forcément prendre de raccourci et en établissant une conclusion ferme. L'auteur ne se veut pas surprenant dans son déroulé : La fin est logique et attendue, mais surprendre ne faisait pas parti des intentions du maître. A la place, il dépeint une lutte presque désespérée entre la jeunesse et le monde adulte, l'idéalisme des rêveur contre la froideur des être trop rationnels. Même si on se doute bien que l'optimisme finira par régner à la fin, l'ambiance se veut particulièrement désespérée sur une bonne partie du tome. Alors que la chute se poursuit pour Riku, une question nous taraude en permanence : Quel sursaut connaîtra le récit pour se conclure avec euphorie ?

Et finalement, c'est par quelques pions distillés ci et là mais aussi un élan de positivité dans les relations jeunes/adultes que les enjeux se dénouent. Un tableau qui se décante pour laisser place à l'événement attendu de longue date : LA confrontation. Et si on devait noter une surprise dans ce tome final, c'est bien cette séquence. Le « combat » entre Riku n'est pas tant contre Kidôin mais contre lui-même. Pour ce garçon habité par les plus nobles intentions depuis le début, le traitement proposé par l'auteur peut sembler surprenant. Aussi Riku est poussé vers l'égoïsme et doit se détacher de son éternel altruisme pour avoir la vengeance qu'il mérite. L'idée est forte mais légitime. Aussi le héros évolue par le soutien de ses compagnons, donnant lieu à une case particulièrement jouissive.

Et dans tout ça, quid de Kidôin ? La réaction de ce dernier face à l'échec est une autre forme de surprise du tome, et peut-être même une frustration. On se rêvait de le voir bouillir de rage face au fiasco de son plan, mais c'est un choix différent que le mangaka propose. On pourrait dire que Kidôin se meurt face à cet échec. Sans son plan, il n'est plus rien, une coquille vide qui n'a plus d'existence propre. Les choix graphiques de Shinobu Seguchi illustrent une nouvelle fois ces intentions. Kidôin paraît d'abord effrayant, puis fou à lier, afin d'être vidé de toute substance. En somme, c'est une très belle démonstration de la chute évidente de l'antagoniste de la série, et un sort qu'on lui souhaitait depuis bien longtemps.

L'intense face à face fait alors place à un chapitre épilogue teinté d'optimisme, offrant à la série et aux personnages la conclusion qu'ils méritaient. Un chapitre, c'est peut-être peu tant on aurait aimé voir le casting caresser leur radieux futur pendant quelques pages supplémentaires. Mais l'ultime épisode suffit à nous montrer le devenir de chacun, comment tous ont pu retrouver leur liberté. La planche finale est suffisamment explicite : Le bonheur de Riku s'est concrétisé, et son amitié avec Renoma brille de mille feux. Après un volume aussi fort et malin, on ne pouvait pas espérer mieux.

Prisonnier Riku s'achève sur ces derniers moments forts, et on ne pourra que remercier le talentueux Shinobu Seguchi pour un tel voyage. Pourtant, une petite prolongation nous sera prochainement offerte avec le court spin-off en deux tomes Boss Renoma, qui reviendra sur la jeunesse du si charismatique personnage.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Note de la rédaction






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