Prisonnier Riku Vol.12

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 17 November 2015

Après l’échec de leur tentative d’évasion aux cuisines, Riku et Rénoma repartent à zéro avec comme seul acquis les plans de la prison. Mais rapidement, une piste leur saute aux yeux : les dessous du pénitencier et ses canalisations larges. Au même moment, Kidôin complote pour éliminer ses ennemis, car si Ichirô Tanaka est bien enfermé, ses alliés sont à la recherche de preuves pour incriminer le malveillant préfet de police…

Etant donné l’excellente conclusion de l’arc des cuisines, l’attente fut longue pour découvrir la suite du titre social de Shinobu Seguchi. Et justement, la dimension « sociale » est une fois encore appuyée par une montée en puissance sans précédent dans cet opus.

Le fil directeur du tome est la recherche d’un nouveau moyen d’évasion pour Riku et Rénoma qui doivent mettre leurs nerfs à rude épreuve. Leur plan se construit doucement, mais sûrement, on suit celui-ci avec un certain intérêt en voyant de quelle manière l’auteur compliquera la stratégie d’évasion des héros, pour la rendre plus corsée et passionnante. La nouvelle idée du scénario est un peu plus classique en termes d’évasion de prison, mais il aurait été étonnant que les deux compères  ne pensent pas à cette perspective.

Seulement, le point fort du volume est ailleurs. On note ainsi que ce douzième volet met Kidôin en avant et opte pour un fond noir plutôt que blanc, une première dans la série et un choix on ne peut plus réfléchi puisque ce volume est sombre, très sombre. Dans les grandes lignes, le passé d’Ichirô Tanaka nous est raconté, mais aussi la manière dont le préfet est parvenu à créer le ghetto de Tokyô, deux chemins parallèles pour deux objectifs différents : l’un prônant l’entraide et la justice et le second la persécution des opprimés et du bas peuple, pour la simple quête de pouvoir. La narration est ainsi brillante et développe les deux personnages très importants pour l’intrigue, mais c’est bien la suite du récit qui nous chamboule. Le scénario revient alors sur l’époque présente et va proposer un tremplin idéal pour développer chez Ichirô une envie de s’évader lui aussi, et il ne va pas passer par quatre chemins. Le ton, grave, est d’autant plus surprenant que sur les premiers tomes Prisonnier Riku présentait des thèmes et idées presque simplets, mais ici, le mangaka développe son récit sans tabou, et il le doit afin de justifier une réelle rébellion. Car la série ne se dirige vraisemblablement pas vers une simple évasion, mais bien en direction d’un conflit contre le système perverti représenté par Kidôin.

A partir de là, le tome ne cesse de développer ses thématiques de société que l’on peut souvent mettre en parallèle avec notre propre univers. La corruption du monde par l’argent, les disparités sociales, les conflits intergénérationnels marqués par un Rénoma qui a appris à être dégoûté des adultes… A travers un contexte et des personnages, toutes ces idées s’ancrent dans une intrigue politique cohérente et pour ces raisons, Prisonnier Riku est un shônen qui va bien plus loin que la simple action. Il serait alors réducteur de décréter que l’œuvre de Shinobu Seguchi n’est qu’un titre carcéral puisque derrière l’enjeu de l’évasion se terre le combat d’une jeunesse contre un monde corrompu qui se montre sans scrupule, une optique appuyée par la présence toujours plus grande des révolutionnaires dans le récit. On ne serait donc pas étonnés si l’évasion ne représentait qu’une étape de la série et que, finalement, le « prisonnier » Riku est avant tout enchaîné à une société qu’il ne peut vaincre seul. Les prochains tomes nous donneront la réponse !

L’histoire s’enrichit et avance progressivement, notamment par le biais d’Ichirô Tanaka. Prisonnier Riku entre ici dans un nouvel arc bien plus sombre que le précédent et qui bénéficie d’une écriture bien menée, permettant de développer le scénario, les personnages et introduire les thématiques sociales chères à l’auteur. La montée en puissance de Riku est incessante et étant donné le climax du tome, difficile de ne pas contenir son impatience…


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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