Prisonnier Riku Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 12 December 2014

Critique 1



Dans un futur proche, une météorite s’est abattue sur Tokyo. La zone dévastée est devenue un gigantesque bidonville où la misère a planté son drapeau. Riku est un jeune garçon qui vit de larcins pour survivre. Son seul soutien dans ce monde de brute est « papy », un policier expérimenté qui lui fait office de mentor. Un jour, « papy » a failli faire tomber un haut fonctionnaire corrompu, en tentant de dévoiler ses crimes. Ce dernier le fait définitivement taire. Riku a essayé de le sauver, sans y arriver. Pour le punir, le haut fonctionnaire l’accuse d’avoir tué « papy » et l’envoie dans un terrible pénitencier pour 30 ans. Là-bas, il vivra l’enfer.


Avec Prisonnier Riku, les éditions Akata se lancent dans un genre qu’elles ont alors peu exploré : le shônen de nekketsu. On y retrouve tous les codes du genre : le postulat de départ qui pousse le jeune héros à devoir se surpasser, la panoplie de personnages secondaires au caractère marqué, un univers original (à mi-chemin entre un huis clos dans une prison et un univers dystopique)… L’éditeur a déclaré vouloir proposer une alternative dans le domaine du shônen à une époque où le Jump domine par les chiffres de ventes, mais pas forcément par la qualité. Et on a bien envie de leur donner raison, car Prisonnier Riku a de quoi faire renaître l’adolescent qui sommeille dans le cœur de tous des lecteurs de manga les plus aguerris !


La première grande qualité du manga réside dans son contexte carcéral et dans la façon dont l’auteur veut traiter ce contexte. Ici, la prison est un univers hostile où tout est danger : les codétenus, les matons corrompus, la nourriture, la direction… Pour pousser le héros à se surpasser, c’est un univers idéal. On pourrait tenter de comparer Prisonnier Riku avec la sixième saison de JoJo’s Bizarre Adventure, sortie il n’y a pas si longtemps chez nous. Mais l’auteur de Jojo a vite abandonné les thématiques de la prison au profit des intrigues délirantes, ce qui fait que Prisonnier Riku est pratiquement le seul à occuper ce créneau.


C’est là que l’auteur comprend bien le potentiel de sa série, puisqu’il nous propose un héros pour l’instant assez neutre, mais très facilement malléable. Il n’est pas creux, mais il n’est pas d’une grande originalité non plus : c’est un jeune garçon qui présente une fêlure (son statut d’orphelin dans un environnement précaire), qui connaît une terrible injustice et qui n’a, au départ, absolument aucun ami, aucun soutien, aucun appui, puisqu’il l’a perdu au début du tome. Tout cela va l’obliger à se surpasser et à se créer des occasions et des relations. On assiste déjà à un beau moment de psychologie dans ce premier volume, où Riku va faire preuve à plusieurs reprises d’une grande noblesse d’âme vis-à-vis de son premier ami.


En gros, ceci est propre au genre, mais parfaitement compris par l’auteur qui offre une peinture très bien fichue de ce genre d’histoire. Notons que l’absence de pouvoirs surnaturels dans un tel manga est bienvenue, puisque les personnages devront évoluer sans véritables artifices (bien que l’auteur use d’éléments fantaisistes, comme la météorite qui provoque une apocalypse et la carrure des détenus, dont les proportions ne semblent pas vraisemblables les unes par rapport aux autres).


Le dessin est également un atout de la série. Il a une petite touche fine des années 90, début des années 2000 (alors que le manga a débuté en 2011 au Japon), sans paraître obsolète pour autant. Mais surtout, il est précis, dynamique, fouillé sans être surchargé et on se surprend à l’apprécier fortement alors qu’on n’en attendait pas tant. Akata rend bien justice à cette qualité du manga avec un excellent papier (et une très bonne édition plus globalement).


Prisonnier Riku commence donc sur les chapeaux de roue, et on peut penser que ce manga est la série-fleuve sortie en 2014. 20 volumes, toujours en cours au Japon : si la suite s’avère d’aussi bonne qualité que ce tome 1, qui donne l’impression que l’auteur sait où il va, alors nous aurons de beaux moments de lecture pour les années à venir.






Critique 2


Un jour, une comète s’abattit sur Tokyo, dévastant la ville. La capitale fut reconstruite, mais désormais scindée en deux camps : les riches et les opprimés. Du côté du ghetto vit Riku, enfant orphelin livré à lui-même… Ou presque. Riku est en effet soutenu par un policier vétéran qu’il considère comme son propre grand-père, un modèle pour le jeune homme tant le garant de la paix cherche a dénoncé les injustices. Mais un jour, un bandit impliqué dans différents trafique vient réclamer des comptes et assassine le « grand-père » de Riku sous les yeux du préadolescent qui, de rage, tente d’abattre son ennemi. Le gangster promet de se venger, et voilà Riku condamné à sa place, devant désormais purger une peine de prison pour un crime qu’il n’a pas commis… Déboussolé, l’enfant va vite reprendre du poil de la bête en apprenant l’identité de l’agresseur de son grand-père, et va ainsi chercher à s’évader pour dénoncer l’injustice.


Akata, jeune éditeur désormais indépendant, cherche à garnir son catalogue de titre différent pour appuyer un marché français du manga saturé. Mais il leur fallait un shônen percutant tout en restant cohérent avec cette politique. Le choix d’Akata s’est naturellement porté sur Prisonnier Riku, un titre d’action qui a presque atteint la vingtaine de volumes au Pays du Soleil Levant, et que l’éditeur compte éditer de manière mensuelle… De grands risques, mais est-ce que la série en vaut la peine ? Assurément… oui !


Le premier constat de ce premier opus, c’est que la mise en place ne perd pas de temps. En un seul tome, tout le contexte de la série est mis en place, les personnages principaux sont plantés, et l’aventure peut commencer. Comme l’atteste la couverture, le manga a un rythme très nerveux tant chaque chapitre apporte son lot d’évènements, et l’intrigue évolue finalement assez vite. Que ce soit clair : malgré son nombre élevé de volumes, Riku n’est pas voué à être un titre qui prend son temps. Les évènements seront très certainement nombreux, et ce volume nous le prouve avec brio.


Prisonnier Riku prend place dans un pénitencier accueillant un nombre incalculable de voyous et présente même d’ores et déjà une hiérarchie dans cette prison, prouvant que le mot « compassion » n’a pas sa place dans cet univers carcéral. Pourtant, ce premier tome ne s’enfonce jamais dans une ambiance lourde et un pessimisme exagéré. Pour ceux qui, comme votre serviteur, ont immédiatement pensé à Rainbow à la lecture du synopsis du manga, la comparaison n’a pas lieu d’être. Riku est un jeune homme déterminé à rétablir la justice et il représente la bonté à l’état pur. Ainsi, tout ce premier tome brille d’un certain optimisme. Oui, les héros sont emprisonnés et le cadre carcéral et Riku aura fort à faire pour imposer son idéal de vie, mais la détermination ne le quitte à aucun moment.


Un titre nerveux prônant l’optimisme devait obligatoirement passer par une galerie de personnages solide. A ce titre, Riku propose pour l’instant des protagonistes assez convenus. Le héros est ainsi le justicier par excellence qui va chercher à dominer par ses idéaux, Suguru représente le copain un peu couard, mais assez brave, et Sasaki le loubard costaud et froid au possible. Mais ce que l’on constate c’est que rapidement, certains personnages évoluent au contact de Riku, et tous seront à évaluer sur le long terme. Et ceux qui regretteraient, pour l’instant, un manque d’idée pour créer ces personnages, leur charme est dû à cette ambiance loubarde très marquée par un style 80’s. Et c’est en partie pour cela que Riku séduit.


Graphiquement, ce premier tome est assez travaillé. Le style de Shinobu Seguchi est un poil rétro, mais assez fouillé, et surtout très détaillé. Son trait est tout sauf lisse, rendant la lecture plaisante visuellement. Là où le mangaka sort du lot, c’est dans sa mise en scène implacable, surprenante et percutante. A plusieurs reprises, sa narration prend aux tripes et renforce le côté nerveux de ce premier tome. Ainsi, on est curieux de connaître l’évolution visuelle du manga.


Ainsi, ce premier tome de Prisonnier Riku est une excellente surprise. Alors que l’on pouvait craindre un titre manquant de surprise, ce premier tome nous propose une introduction endiablée avec un univers carcéral bien marqué, sans jamais tomber dans la surenchère de pessimisme. Les idéaux de Riku sont, au final, communicatifs, et c’est avec une immense joie qu’on se plongera dans le second volume. Et quelle chance, le voilà disponible en même temps que le premier opus !




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Note de la rédaction
Note des lecteurs






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