Pardonne moi ! - Actualité manga

Pardonne moi !

Rédaction
Lecteurs
16 /20

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 23 Février 2010


Shiraishi est un écrivain un peu frêle et naïf, jeune papa complètement fou de sa fille, il apprend avec surprise son mariage plus qu’imminent avec Osanai, son propré éditeur ! Une fois le choc passé, les trois jeunes gens cohabitent ensemble mais la veille du mariage, Risaki, la fille de Shiraishi, s’enfuit en laissant un simple mot : « pardon ». On pourrait croire que c’est de là que le manga tire son nom, mais c’est d’avantage de l’attitude du père envers son gendre, qui se répand en excuse à genoux et le supplie de lui pardonner. Se pose alors un problème, puisqu’Osanai n’a pas de famille proche et il avait déjà revendu son logement pour venir habiter avec sa fiancée. Le père de celle-ci décide donc de le garder chez lui en attentant le retour d’une fille bien ingrate. C’est ainsi que le futur gendre commence la vie commune avec ce qui doit être son « beau papa », un quotidien qui ne manque pas de piquant quand l’un et l’autre apprennent à découvrir leur compagnon respectif.

L’histoire en tant que telle est mitigée dans son appréciation. D’un côté, on apprécie beaucoup la différence d’âge des deux hommes et leurs situations, ce qui change des fables lycéennes. Cela donne un aspect plus mature à la relation. Mais de l’autre, on ne constate absolument pas cette différence si ce n’est par les lunettes de Shiraishi, qui n’est pas convaincant dans son rôle de beau père tant il est frêle, et tant il n’a pas changé depuis l’enfance de Risaki. De plus, si partir du postulat que les deux hommes se connaissaient avant sans que l’un ne s’en souvienne est plutôt cohérent avec l’attitude d’Osanai, cela infantilise le tout, annulant les bons effets de la soit disant différence d’âge. Enfin, le rythme narratif est assez plat, sans que les rebondissements soient très pertinents ou préparés. Le coup monté pour arranger Risaki est un peu trop gros, surtout quand on voit vers qui son cœur balance. Ceci dit, la présence d’une femme au moins dans le récit donne au titre quelque chose d’original par rapport aux yaois habituels. C’est alors vraiment un récit de quotidien, bien que l’amour entre les deux héros se fasse un peu rapidement, au moins du côté de Shiraishi qui tombe bien vite sous le charme de quelqu’un qui ne pense qu’à lui …

Graphiquement, le manga est très lisse et donc agréable. Les expressions passent bien, les regards sont souvent travaillés, et même si les physiques sont assez classiques (bishies à volonté), on remarquera la volonté de changer un peu les styles, ce qui rend les personnages tous bien identifiables, même les secondaires qui auraient mérité d’être bien plus exploités ! La présence de femmes permet quelques notes de fantaisies sur les habillages et les coiffures, mais dans l’ensemble la mangaka prend soin de faire coller l’apparence à la personnalité, ce qui est particulièrement intéressant dans le cas de l’écrivain fragile, traditionnel et plutôt renfermé sur soi. Il est vrai que les mentons sont encore et toujours trop exagérés, ainsi que les sourcils et souvent le nez, mais le visage est le seul atout de déformation que l’on relève. Enfin, les fonds sont assez inégaux, tantôt travaillés pour donner un peu de consistance à la page, tantôt complètement oubliés … Par contre, fait notoire, l’édition nous gratifie ici, pour un manga qui avait l’air particulièrement fin pour son prix, de quelques pages plastifiées, brillantes, immaculées, sur lesquelles ont profite d’une page couleur et des premières planches de l’histoire. Geste totalement inattendu, cela relance un peu l’espoir en Taïfu, malgré le contraste d’autant plus violent entre cette qualité et ce qui suit (pages trop fines, bien qu’un peu moins jaunâtres), on ne peut que saluer cet effort. En somme, un titre sympathique qui mérite d’être feuilleté rien que pour ses agréables premières pages, avec une histoire agréable bien qu’elle manque un peu d’exploitation, sur les personnages principaux ou secondaires.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM
14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs