The Outsider - Actualité manga

The Outsider

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 26 January 2009

Nous voilà avec un recueil de nouvelles des plus étranges : Gou Tanabe son auteur nous propose un mélange d’adaptations de classiques de la littérature de grands auteurs et d’œuvres originales. Tout ceci donne un croisement des cultures des plus étonnants. Même le dessin n’est pas véritablement identifiable et ne correspond en rien aux standards Japonais, c’est en quelque sorte le parfait mariage entre le style franco-belge et le manga, ce qui donne plus de force à ces adaptations.
Mais entrons dans le détail…

The outsider : première nouvelle du recueil, elle lui donne son titre, et c’est elle qui est représentée sur la couverture.
Adaptée d’une courte nouvelle de Lovecraft, écrivain génial dont les histoires malsaines l’ont rendu schizophrène, elle est la plus courte du recueil, mais aussi la plus intrigante. On y suit un homme qui s’échappe d’un caveau et qui part à la recherche de ses souvenirs… On y retrouve le coté malsain et fantastique de Lovecraft, mais on peut légitimement se demander pourquoi avoir choisi d’adapter celle-ci en particulier, qui est l’une de ses plus courtes et par conséquent la moins développée…peut être justement parce que cela rendait l’adaptation plus aisée. Quoi qu’il en soit, nous pénétrons dans l’ambiance de la meilleure des façons, avec une plongée dans l’obscurité et la solitude (thèmes récurrents chez Lovecraft), mais cette entrée en matière est trompeuse…recueil d’histoires d’horreur ? Pas du tout !

La maison à Mezzanine : coupant littéralement avec la précédente, cette histoire est adaptée d’une célèbre nouvelle de Tchekhov. Un jeune peintre Russe tombe amoureux d’une jeune fille de son entourage, mais il est en conflit avec la sœur de cette dernière…
On passe de l’horreur aux sentiments amoureux, mais on retrouve cette solitude pesante, se sentiment de ne pas savoir pourquoi on est là, le héros est tout aussi perdu que dans la nouvelle précédente.
La narration, déjà très brouillonne est alourdie par un sous thème douteux, renvoyant aux communisme du bloc de l’est post seconde guerre mondiale…ce discours n’a pour effet que de nous éloigner du thème principal, et par conséquent fait que l’on s’en désintéresse. Sans aucun doute l’histoire la moins intéressante. L’exemple typique de nouvelle littéraire qui n’a aucun véritable intérêt à être mise en images.

Vingt six gars et une fille : On reste en Russie avec cette adaptation d’une nouvelle de Gorki. Vingt six ouvriers travaillent dans un petit atelier étroit et leur seul rayon de soleil de la journée étant la visite d’un jeune fille qui vient l’espace d’un court instant égayer leur morne journée…tous la portent aux nues !
Ce coup ci l’auteur nous propose une nouvelle étrange, où la non plus il ne se passe grand chose et avec une nouvelle fois un final qui nous ramène au début…Rien ne change ou presque ! Et bien qu’ils soient vingt six, les ouvriers partagent cette même solitude qui revient sans cesse…et comme précédemment au final la solitude s’accompagne de la désillusion.
Cette fois l’adaptation paraît plus aisée, la narration est bien mieux maîtrisée pour une histoire véritablement intéressante.

Ju-Ga : Cette fois il s’agit d’histoires originales de l’auteur de ce recueil, cinq chapitres, soit la moitié du tome où l’on suit un moine possédant d’étranges pouvoirs : avec son art du dessin ensorcelé, il emprisonne les démons qui s’emparent du cœur des gens…Au cours de ces cinq histoires on plonge dans les tréfonds de l’âme humaine, et les démons ne sont qu’une métaphore de la culpabilité, du malaise qui s’empare des individus que croise le moine…leurs actes et ce qu’ils voient dans les dessins du moine n’étant que la matérialisation de leur inconscient qui a pris le pas sur leurs actes conscients…mais après tout, la folie et la schizophrénie ne serait-elles pas de véritables démons ?
On change totalement de registre avec ces histoires qui pour le coup sont véritablement originales (dans les deux sens du terme), tout comme on change de décor, après avoir suivi des nouvelles se déroulant en Europe, on plonge dans le Japon médiéval et son folklore.
Pour autant la solitude et la rancœur restent étouffante, mais cette fois ce n’est pas le personnage principal qui en souffre mais ceux qu’il croise, et c’est en lisant en eux et en les confrontant à la réalité qu’il les aide (c’est un psychologue en fait).
Sans aucun doute ce qu’il y a de plus intéressant à retenir de ce recueil !

Au final on se retrouve avec des histoires vraiment inégales, allant de l’inintéressant, voir ennuyeux au vraiment passionnant, ce qui fait que par conséquent, on sort mitigé de cette lecture. La narration de l’auteur est, elle aussi, inégale, tantôt lourde, tantôt intelligente.

Par contre on se doit de souligner le remarquable travail de Glénat qui nous offre un volume d’une grande qualité, du format au papier en passant par l’adaptation, c’est du très bon travail, sans oublier la superbe couverture qui justifie à elle seule le prix du volume.

Un manga qui ne plaira pas à tous, du fait de sa difficulté d’appréhension, mais qui nous change de ce que l’on a l’habitude de lire. Et quelque part cela fait du bien.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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