One Piece - Databook Vol.4 - Actualité manga

One Piece - Databook Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 24 December 2012

Après les guide books Red, Blue, et Yellow, place à One Piece Green, consacré aux 60 premiers tomes de la série, et à bien d'autres choses. Remarque préliminaire : l'ouvrage est imposant. Un véritable pavé, qui fait presque 2 fois la taille de l'opus Yellow ! Mais alors, qu'est-ce que cet opus Green, intitulé pour l'occasion « Secret Pieces », a de beau à nous proposer ?

Premier constat : One Piece Green souffre d'un défaut déjà présent dans Yellow : le contenu ultrariche donne une maquette très chargée qui nuit à la lisibilité. Allergique aux petites écritures et à l'aspect brouillon s'abstenir ! Passé ce défaut global, attachons-nous au contenu, très inégal il faut bien l'avouer.

Primo, il est très vite évident que ce One Piece Green peinera à satisfaire les lecteurs n'ayant jamais lu l'oeuvre d'Oda, qui voudraient commencer la série avec le tome 60 (le Nouveau Monde) et qui espéraient avoir avec ce Green un parfait résumé des épisodes précédents. Les événements des 60 premiers tomes sont bel et bien décrits, mais l'ensemble est tellement désordonné que même le lecteur connaissant bien la série aura du mal à s'y repérer ! Pourtant, malgré l'aspect chargé déjà dénoncé précédemment, on ne peut pas dire que proposer un résumé clair était infaisable. Le résumé des 60 tomes est qui plus est gâché par l'incrustation des 12 mini-aventures non présentes dans Red, Blue et Yellow. L'opportunité de réunir toutes les cases de ces mini-aventures (pour rappel : une case à chaque début de chapitre narrant les aventures de personnages déjà rencontrés, pendant qu'on suit dans l'aventure principale d'autres événements) est assez discutable. Pire, chaque case, contrairement à l'originale, est ici commentée par une petite phrase, alors même que l'intérêt des mini-aventures est qu'elles sont muettes et retranscrivent l'action à travers le seul dessin !

Mais alors, ce One Piece Green ne serait-il fait que de déceptions ? Heureusement pas. La grande force de cet opus réside dans les 20 pages présentant les secrets de fabrication de l'oeuvre. Et quels secrets ! Ces 20 pages à elles seules justifient l'achat, tant elles se dévorent. Car il s'agit bien là de vrais secrets autour de la conception de One Piece, remontant parfois à 2 ans avant la publication du premier tome (fin des années 1990 donc !). Elles donnent l'occasion de pouvoir admirer les carnets d'Oda, faits de gribouillages, de griffonnages ou d'éléments capitaux pour la suite de son oeuvre. On est donc surpris par de nombreuses choses. On découvre les idées originelles sur le design des membres de l'équipage du Chapeau de paille, et on se rend par exemple compte que, 2 ans avant le premier tome, 4 membres avaient déjà leur design final (Luffy, Nami, Zorro et Sandy), alors que d'autres étaient encore franchement bizarres (mention spéciale à tous les design de Chopper) voire n'existaient même pas (Robin). Allez, on profite de cette chronique pour vous livrer quelques secrets, mais sachez que l'essentiel reste dans ces 20 pages géniales : on apprend ainsi que Sandy aurait dû s'appeler... Naruto (puisque Naruto signifie en japonais « tourbillon », ce qui fait référence au sourcil entortillé du cuistot de One Piece), que l'arc Thriller Bark était prévu de longue date. Mais le meilleur reste de regarder tous les design des persos connus qui ont finalement été abandonnés. Ceci montre une nouvelle fois tout le talent et toute l'imagination d'Oda, capable d'imaginer des centaines de persos au look très différent. Ajoutons à cela des révélations et explications sur le noms des lieux et persos, et un sommaire permettant de retrouver en un clin d'oeil des éléments de réponse aux questions que le lecteur se pose le plus fréquemment (quelle différence entre humains et hommes-poissons ?, et cætera), et vous obtenez la partie la plus intéressante du livre.

Un petit délire humoristique en fin d'ouvrage (« Le petit théâtre du Chapeau de paille »), avec des persos tirés de One Piece en Super Deformed, déçoit quelque peu, car naïf et sans envergure.

Notons également l'absence de lexique des fruits du démon ou de lexique des attaques : il faudra se rabattre sur Yellow pour cela. Cela n'est pas gênant, car Yellow était déjà extrêmement complet, il n'était pas nécessaire d'en rajouter dans ce Green.

Enfin, un petit mot à l'attention de Glénat. Si on remercie l'éditeur d'avoir conservé un prix abordable au vu de la taille imposante de l'ouvrage (et aucun problème de colle et de feuilles qui se détachent n'est à signaler), un gros point d'interrogation mêlé à un coup de gueule doit être émis s'agissant de l'adaptation : le traducteur a choisi de conserver les noms japonais des lieux et personnages. On se retrouve donc avec des Zoro (avec un seul « r »), Sanji, Usopp et des dizaines d'autres, certes connus des lecteurs français... Mais depuis plus de 60 tomes, Glénat n'a cessé de nous signifier que la cohérence devait être de mise, que le choix d'avoir proposé des noms plus accessibles pour le lectorat français était pleinement assumé et devait être maintenu. Que signifie le revirement opéré dans ce One Piece Green ? Là, on peut se dire en étant indulgent que ça passe, vu que cela concerne un guide book, mais espérons que le tome 64 ne soit pas atteint par ce manque total de cohérence et de logique, cela ferait vraiment tache dans une collection et remettrait en cause le travail effectué sur plus de 60 tomes.

Au final, One Piece Green paraît très inégal, oscillant entre l'indispensable (de vrais secrets de fabrication sur plus de 20 pages) et le sans intérêt (les regroupements des mini-aventures) ou le maladroit (le résumé peu clair des 60 premiers tomes). Dommage également que certains éléments n'aient pas été plus mis en valeur. On pense notamment aux dessins mettant en scène les personnages de One Piece aux côtés d'animaux exotiques, qui sont toujours des réussites graphiques et humoristiques, et qui sont ici regroupés en version mini, alors qu'un format plus grand conviendrait bien mieux pour en profiter.

Le rendez-vous est pris pour le prochain guide book à paraître en France, qui, si on suit la parution japonaise, sera normalement le One Piece « Deep Blue », consacré au Nouveau Monde.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
RogueAerith

15 20
Note de la rédaction
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