Nos c(h)oeurs évanescents Vol.1 - Actualité manga

Nos c(h)oeurs évanescents Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 18 March 2020

Après s'être fait remarquer vers la fin des années 2000 aux éditions Asuka/Kazé avec Nabari, Yuhki Kamatani a fait un retour remarqué dans nos contrées, avec le poignant Eclat(s) d'âme chez l'éditeur Akata. Ce dernier montre aujourd'hui une volonté d'être fidèle à l'artiste, en proposant un titre paru au début des années 2010 au Japon : Nos C(h)oeurs évanescents.

Publié entre 2010 et 2014 au Japon (soit juste avant Éclat(s) d'âme) sous le titre Shônen Note, le titre fut proposé dans les pages du magazine Morning Two de l'éditeur Kôdansha, pour un total de 8 volumes. On notera que l'éditeur a choisi un titre un poil différent pour notre version francophone : gardant l'intention musicale avec la notion de « choeurs », mais apportant une certaine poésie en sélectionnant le terme « évanescents ». Un choix qui a du sens, mais nous y reviendrons...

Le jeune Yutaka Aoi vient de déménager, avec sa mère. Particulièrement addicte de musique, il souhaite intégrer la chorale de son nouveau collège, et part justement en repérage après sont inscription dans son nouvel établissement. Les voix qui résonnent émeuvent l'adolescent aux larmes, et pour cause, Yutaka est hypersensible. Plus particulier que ça : il a une voix de soprano, du fait qu'il n'ait pas encore mué. C'est donc aux côtés des filles qu'il souhaite pousser la voix, un choix qui étonnera ses nouveaux camarades dans un premier temps, mais tous seront bien obligés de constater que leur nouvelle recrue a un timbre et un talent impressionnants...

Avec ce premier volume de Nos C(h)oeurs évanescents, c'est à la comédie scolaire que s'attaque Yuhki Kamatani, un genre qui dénote grandement de Nabari qui était, à l'époque, sa série précédente. Ce premier tome développe donc le quotidien du jeune Yutaka, un collégien d'une extrême pureté, qui va voir son talent porté à travers plusieurs activités, tout en nourrissant une vie adolescente aussi épanouissante qu'ordinaire.

Car sur cette entrée en matière, le mangaka montre une envie d'équilibrer la dimension chorale avec un côté purement tranche de vie. Deux notions qu'ils convient de mettre en avant, puisque Nos C(h)oeurs évanescents cherche aussi bien à flirter avec le genre du shônen initiatique, remplaçant ici un quelconque sport par la chorale, et avec la chronique collégienne qui va dépeindre une poignée de personnages, leurs caractères comme leurs difficultés à coexister, par moments.

Et c'est tout un programme que Yuhki Kamatani entretient avec un grand talent. Car en parallèle à la progression de Yutaka au sein de la chorale, on prend un réel plaisir à voir décortiquée cette bande de camarades aux tempéraments variés, allant du bon copain de classe à l'amie distante, en passant par le studieux chef de club. Un casting évidemment sublimé par la présence du héros, un condensé de pureté et de positivité qui s'accapare notre attention comme notre sympathie dès les premières pages. Forcément, c'est avec la plus grande attention que nous suivrons le parcours musical de ce soprano en herbe.

Puis, nous en parlions en amorce de cette chronique, c'est tout un côté image que nous offre le mangaka, à travers ce premier opus. Sa mise en scène se tait parfois de tous textes, afin de davantage représenter la puissance des voix des choristes à travers de sublimes planches surréalistes, mais puissantes dans la poésie qu'elles dégagent. C'est une patte que nous connaissons chez Yuhki Kamatani, tant elle fut présente dans une de ses séries suivantes, Éclat(s) d'âme. Néanmoins, dans une série comme Nos C(h)oeurs évanescents, abordant un tel sujet central, il y a une belle cohérence dans le style, donnant aux élans de voix de Yutaka une douceur encore plus appuyée.

Du côté de l'édition, Akata nous offre un bien beau volume. Format medium oblige, nous avons droit à un joli pavé, garni d'un papier d'une belle épaisseur, et de jolies pages couleur en amorce.
La traduction est signée Aurélien Estager, qui livre un texte d'une grande sincérité, tout à fait en phase avec l'esprit du titre.

Le retour de Yuhki Kamatani aux éditions Akata ne déçoit donc pas. Happant, empli de douceur aux côtés de personnages attachants, et appuyé par quelques élans métaphoriques visuels, le premier tome de Nos C(h)oeurs évanescents confirme que l'artiste réussit dans de multiples registres, et nous livre déjà un début d’œuvre dont on attendra la suite avec une certaine hâte.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News