Nekogahara Vol.2 - Manga

Nekogahara Vol.2

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 01 Décembre 2022

Les ennemis se multiplient sur le chemin de Norachiyo. Jamais
tranquille, le matou renégat voit apparaître face à lui Mukuro, une «
ninchat » chargée de forcer le vagabond à les rejoindre. Mais, toujours
aussi entêté, Norachiyo s'y refuse et entame le combat contre la jeune
femme, sans savoir que Shôto Amemura est aussi à ses trousses, afin de
venger ses défunts compagnons...



Le premier volume de Nekogahara traduisait toute la philosophie atypique
de Hiroyuki Takei, dans ce début d'aventure en Japon féodal où les
chats deviennent les samouraïs. On attendait néanmoins de voir où le
mangaka souhaitait se diriger, une interrogation à laquelle il répond...
partiellement.



Ainsi, l'entièreté du tome se compose de confrontations entre Norachiyo
et ses différents adversaires, mais aussi d'énormément de mise en place.
De nouveau, l'auteur introduit des éléments qui trouveront une
résonance ultérieurement, que ce soit à travers les objectifs de Mukuro,
cette kunoichi liée au bonze Horudo, ou aux bandits qui rejoignent le
camp du shôgun Shakegawa.



Difficile de savoir ce que la suite du manga nous réserve de ce côté. Ce
qui n'empêche pas d'apprécier les deux grands duels que mène le
chatmouraï dans ce deuxième opus, des affrontements teintés de second
degré et de révélations. Car le récit ne stagne pas totalement et amène
son lot d'informations concernant la détermination du protagoniste, un
matou revanchard toujours ancré dans le profil de l'antihéros. On ne
sait toujours ni l'apprécier ni le haïr, au point d'être tenté de
prendre le parti de ses opposants qui sont les vraies surprises de ce
volume.



Mais là où Takei fait fort, c'est bien sur le plan visuel. Le mangaka,
comme s'il pouvait librement s'exprimer après énormément de contraintes
sur Shaman King, s'en donne à cœur joie sur sa narration qui prendrait
presque l'allure d'un conte à certains instants, et sur son art
semblable à des estampes. Jouant parfois la surprise d'une page à
l'autre, le mangaka renouvelle son style sans crier gare, prenant le
lecteur au dépourvu par ses trouvailles visuelles qui ne laissent pas de
marbre. Clairement, jamais le mangaka n'aura été aussi bon dans sa
manière de conter cette histoire qui, par des laissés pour compte, cache
une grande mélancolie.



Nekogahara continue donc son petit chemin de titre sortant des sentiers
battus. L'intrigue progresse doucement, à un rythme qui a de quoi
dépayser autant que l'humour bas de pantalon par lequel Hiroyuki Takei
joue avec les bas instincts animaliers. Reste qu'on retrouve bien
l'auteur, celui qui n'en fait qu'à sa tête, qui nous ravit de son art
porté au summum. Pour les adeptes du style de l'auteur, il y a très
clairement de quoi se régaler. Pour certains, cela sera suffisant pour
apprécier la série qui atteindra déjà sa moitié, avec le prochain opus.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato
15 20
Note de la rédaction