Mon Shiba, ce drôle de chien - Actualité manga

Mon Shiba, ce drôle de chien

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 01 July 2020

Qu'ils soient assez réalistes ou plus farfelus, les mangas de chats sont légions depuis déjà plusieurs années, et les éditions Doki-Doki sont elles-même friandes du genre avec des titres comme Sa majesté le Chat, Street Fighting Cat, ou plus récemment Félin pour l'autre! et Nyankees. Mais dès que l'on cherche des mangas de chiens, l'offre en France devient un petit peu plus rare. On peut bien citer Le chiens gardien d'étoiles, Le Paradis des Chiens, Chocotan, Un shiba en plus, ou encore Ken'en - Comme chien et singe pour rester chez Doki-Doki, mais globalement les amoureux de toutous sont parfois lésés. C'est donc toujours avec un certain intérêt que l'on accueille un nouveau titre canin dans nos contrées, d'autant plus que, cette fois-ci, la nouveauté proposée par Doki-Doki ne manque pas de charme, le temps de ses 140 pages.

Sorti au Japon en juin 2017 sous le titre Gokigen Wanko no Hira Kyûjitsu après une prépublication dans le magazine en ligne Matogrosso d'East Press (d'où proviennent aussi les mangas Centaures et Solitude d'un autre genre), Mon shiba, ce drôle de chien est un one-shot publié en sens de lecture occidental, et dont les pages sont entièrement en couleurs ou en bichromie. On y suit l'arrivée imprévue, au sein d'une famille, de Momo, une chienne shiba. L'héroïne est encore petite quand sa cousine Kemeko, un beau jour, adopte ce petit chiot femelle sans le dire à qui que ce soit, avant d'être découverte et que le grand-père n'accepte cette boule de poils. Les premières années sont sous le signe de l'apprentissage, de l'affection mutuelle et du "grandir ensemble" entre la chienne et Kemeko, jusqu'au jour où cette dernière, qui a beaucoup changé au fil des années au contact de Momo, ne finisse par quitter la maison familiale à la fin du collège en laissant l'animal derrière elle. D'abord livrée à elle-même pour ses promenades quotidiennes dans le village, Momo va pourtant finir par trouver une nouvelle maîtresse en notre héroïne, avec tout ce que cela peut impliquer...

Aiko Kuninoi est une amoureuse des chiens, et ça se sent. A l'origine illustratrice pour divers sites web et médias papier, et ayant notamment conçu des stickers qu'elle présente sur les applications LINE et Messenger, elle met très souvent les chiens et plus particulièrement les shiba à l'honneur dans ses travaux, et c'est d'ailleurs grâce à des illustrations de shiba qu'elle a pu se lancer dans le manga à partir de 2013. Sa production manga tourne essentiellement autour des toutous, et Mon shiba, ce drôle de chien y a sans doute une place assez spéciale dans la mesure où l'on sent bien que l'artiste puise beaucoup dans sa propre expérience personnelle, sa postface confirmant d'ailleurs que pendant toute sa jeunesse elle a eu une shiba nommée Momo.

Tranche de vie ne suivant pas forcément un déroulement strictement chronologique, l'ouvrage se divise plutôt en parties plus ou moins thématiques: scènes du quotidien, arrivée initiale de Momo dans la famille, escapades solitaires durant les années juste après le départ de Kemeko... avec, bien sûr, de nombreux "à-côté", telles que les élans taquins du frère de l'héroïne envers la chienne. Ca se lit tout seul avec une certaine simplicité de ton, et ce qui en ressort avant tout est bien le lien que l'héroïne a pu bâtir au fil du temps avec la chienne. On découvre une Momo souvent pleine de vie, commettant évidemment des bêtises pas méchantes parfois, amusant pas mal la galerie quand elle se retrouve dans diverses petites situations (aboyer sur le toit de la niche puis ne plus savoir redescendre, ne pas réagir chez le vétérinaire...), ayant aussi quelque chose de touchant quand elle attend sa maîtresse, témoignant de certains besoins des chiens (comme se promener)... et, surtout, se montrant bien souvent comme une véritable source d'amour mutuel et de réconfort pour l'héroïne, plus encore quand la sagesse canine répond à la bêtise et à la prétention humaines comme dans le dernier chapitre.

Visuellement, le trait épais et tout simple de l'autrice fait tout naturellement ressortir les expressions, y compris celles de la chienne, tantôt crédibles tantôt légèrement exagérées de façon joyeuse. Momo est capable de tirer de sacrées bonnes bouilles, jouant notamment sur ses petits yeux ronds et noirs, pour un résultat attachant que les couleurs viennent enrichir et adoucir. Malgré certains passages qui auraient pu être crève-coeur (comme le départ de Kemeko ou certains sujets durs sur la bêtise humaine dans le dernière chapitre), la mangaka conserve d'un bout à l'autre un côté positif permanent, soulignant exclusivement tout le bonheur et l'amour que peut apporter un chien.

Sorte d'équivalent au one-shot Sa majesté le Chat sorti chez l'éditeur il y a quelques années, Mon shiba, ce drôle de chien est une tranche de vie qui aura de quoi plaire à tout amoureux des toutous. Il ne s'agit pas forcément d'un ouvrage qui va nous apprendre beaucoup de choses sur nos amis à 4 pattes (encore que, on appréciera beaucoup les questions/réponses et les dix commandements canins" que l'autrice propose entre les chapitres), mais plutôt d'un récit de vie sans doute en grande partie autobiographique et qui sait joliment mettre en valeur le bonheur que peut apporter un toutou au quotidien.

L'édition française s'inscrit dans la droite lignée de Sa Majesté le Chat (pour rester chez Doki-Doki) ou de Chi - Une vie de chat (pour citer un autre manga animalier très connu): on a un format seinen sans jaquette mais avec rabats, doté d'une bonne qualité de papier et d'impression. Les choix de police sont soignés y compris pour les onomatopées, et la traduction de Pénélope Roullon-Ishihara est claire.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News