Mary Kimpride - Actualité manga

Mary Kimpride

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 05 July 2019

Celles et ceux qui suivent les réseaux sociaux ou qui écument les salons depuis quelques années ont sûrement déjà vu passer le nom de Djiguito. Voici déjà un moment que ce jeune artiste attire l'attention pour la qualité de ses illustrations, où il reprendre dans un style un peu caricatural et chibi très réussi des figures de la pop culture, allant du manga au comics en passant par les jeux vidéo. Au-delà de ça, depuis quelques temps il s'est aussi fait remarquer pour avoir signé la partie visuelle de Dirty Cosmos, le comics du Chef Otaku. Et à présent, dans son désir de continuer à s'imprégner de la culture pop qu'il aime tant, il sort en auto-édition, pour Japan Expo 2019, son tout premier manga ! Mary Kimpride, une histoire de plus de 80 pages dont certaines en couleur et en bichromie, qui nous est proposée dans une très belle auto-édition: grand format, papier glacé... Il n'y a rien à redire de ce côté-là.

Mary Kimpride, c'est l'histoire de l'héroïne éponyme, racontée en chansons par un cactus à lunettes et à sombrero à la manière d'un vieux film américain. Quelques part dans ce qui ressemble au far west, cette jeune femme en tenue de mariée se dirige avec joie, dans sa diligence tirée par une sorte de bouc noir, vers le village où l'attend son futur époux pour la cérémonie ! Mais sur la route, elle va croiser des petits problèmes clairement pas prévus...

Bandits de pacotille (dont un poulet) qui vont finir par l'accompagner, cheval en état d'hypoglycémie qu'il va falloir essayer de sauver à grands coups de compotes de pommes... Vous l'aurez déjà compris avec tout ça, Djiguito fait clairement dans le décalé et le what the fuck pour se récit qui commence surtout comme un bon gros délire humoristique, où il dépeint des personnages assez improbable ainsi qu'un récit partant joyeusement en vrille. Djiguito adopte ici des dialogues que certaine(s)s qualifieront peut-être de vulgaires (vu qu'il y a beaucoup de gros mots) mais qui se révèlent sans prise de têtes, très funs et rythmés dans le contexte. ta dis que du côté des visuels, il se fait plaisir en créant ses propres personnages loufoques, avec la richesse de trait qu'on lui connaît et qui va jusqu'à certains décors de western bien travaillés. C'est donc facilement immersif, assez prenant et très sympa à lire... mais dans tout ça, le plus gros talent de l'auteur est peut-être à chercher dans sa dernière ligne droite, où il continue totalement dans le récit décomplexé mais en changeant l'ambiance autour du réel objectif de Mary, avec un résultat devenant un eu plus brutal et, surtout, étonnamment dramatique dans sa conclusion. Et cela laisse en nous une image assez forte de Mary, femme de caractère et badass à souhait, ayant aussi ses faiblesses, et à laquelle on s'attache assez facilement dans le parcours qui est le sien.

Notons qu'après 89 pages d'histoire, on a droit à une galeries de 32 pages d'artworks en couleurs ou en noir et blanc d'amis de Djiguito et d'autres artistes, si bien que tout au long du livre, avec en plus la postface, on sent bien l'implication de Djiguito et de son entourage dans son bébé.

Dans le domaine des mangas amateurs en auto-édition, Mary Kimpride propose donc pas mal de bonnes choses, surtout si de base on aime déjà le style de Djiguito. Avec ses personnages un peu WTF, son ambiance de western décomplexé et barré, son récit qui peut surprendre et son travail visuel travaillé, le premier manga de Djiguito a plus d'un tour dans son sac pour nous divertir !
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






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