Love Fragrance Vol.1 - Actualité manga

Love Fragrance Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 23 Febuary 2021

Asako est une jeune femme qui travaille dans une société de cosmétiques et de soins corporels. Depuis toute petite, elle est hantée par son complexe : Elle a tendance a transpirer énormément, chose qu'elle essaie de masquer autant que possible.
Réservée de nature, elle est remarquée par l'une des véritables têtes de son entreprise : Kôtarô, l'un des concepteurs des produits de la firme. Homme au flair incroyable, il repère Asako par... son odeur, qu'il juge alléchante. Il devient même addict à ce que dégage la jeune femme, au point d'espérer la sentir en permanence. De cette situation insolite va naître une relation toujours plus intime entre les deux concernés.

Les éditions Kana ont à cœur d'entretenir son label Life qui, disons-le, sonne comme une vraie réussite. D'abord parce que les titres proposés sont variés, mais honorent totalement cette promesse de maturité, via des histoires humaines et complexes qui résonnent efficacement chez un lectorat adulte. Début février, une nouvelle comédie sentimentale intègre la collection, et peut-être l'une de celles sur lesquelles l'éditeur mise le plus : Love Fragrance. Toute première œuvre de Kintetsu Yamada, le récit fut prépublié entre 2018 et ce début d'année 2021 au Japon, sous le titre Ase to Sekken. 11 tomes composeront la série, ce qui promet une histoire sentimentale qui a le temps de se développer et de narrer moult déboires.

Love Fragrance surprend d'abord par son début d'intrigue, tout bonnement singulier. En amorce, les deux personnages centraux que sont Asako et Kôtarô se plaisent pour des caractéristiques pour le moins originales, l'homme étant attiré par l'odeur de la jeune femme. Insolite et étrange, chose dont Kintetsu Yamada a conscience et développe avec un certain humour. Pas seulement sur la phase d'introduction visant à créer le couple, d'ailleurs : Dans chacune de ses péripéties, ce premier volume aime narrer des déboires et quiproquos concernant les maladresses du couple et l'addiction de Kôtarô à l'odeur d'Asako. Une proposition qui, néanmoins, peut produire un effet et son contraire selon les lecteurs : L'idée peut fonctionner par son décalage, tout comme elle pourra rebuter.

Mais s'il y a bien quelques chose de peu positif que l'écriture met en exergue, c'est bien un Kôtarô bien trop avenant, au point que son comportement puisse créer un certain malaise lorsque de certains instants. Insistant, l'individu est prêt à tout pour sentir Asako. Fort heureusement, mise à part une situation glaçante au tout début, le consentement est toujours de mise, au point que cette quête de l'odeur devienne un véritable jeu narratif, au même titre que l'évolution du couple qui possède deux dimensions. Et c'est ce que le mangaka réussit sûrement le plus dans cet opus introductif : Les balbutiements d'une idylle qui oscille entre l'amour mature et les premiers émois. Aussi, le cadre de l'entreprise de cosmétiques tranche nettement avec le scénario proposé, celui de la première relation d'Asako, impliquant son lot d'hésitations et d'égarement. A ce titre, Kôtarô n'est pas mieux, ce dernier se montrant même assez manche dans sa fascination pour les odeurs et pour son travail. C'est un côté plus ambigu du volume appréciable, qui rompt la petite bizarrerie du concept principal du titre, et qui promet un beau potentiel. A condition de l'artiste sache traiter toute cette idée, et ne pas tomber dans des écueils trop classiques de la comédie sentimentale.

Enfin, la touche visuelle de Love Fragrance a de quoi plaire, tant le trait de Kintetsu Yamada a quelque chose de sincère et de dynamique. Son coup de crayon est fin, et l'auteur a à cœur d'insister sur les émotions des personnages, de manière à retranscrire les ambiances particulières des situations. Parfois candide et d'autres fois plus matures (tout comme son titre), son style fait facilement mouche. On salura aussi un piège bien évité : Une patte grivoise finalement très légère, même si les instants montrant les rapports charnels pourront aussi déplaire à cause de l'obsession odorante de Kôtarô, toujours retranscrite lors de ces instants.

Love Fragrance, c'est un petit ovni dans le monde du manga de comédie sentimentale. Un début d'histoire au concept presque gonflé, pour un résultat qui divisera certainement à cause de sa figure masculine centrale qui, si elle n'a pas mauvais fond, tend à se montrer trop insistante pour faire l'unanimité. Reste que ce début de récit propose quelques élans d'écriture plus fins, aussi on peut rester curieux de voir son évolution sur le long terme. Mais en terme de fable sociale, dramatique et sentimentale de la collection Lige, on lui préfèrera Cigarette & Cherry, parmi les romcom plus traditionnelles.

Côté édition, le boulot des éditions Kana est conforme à ce qu'on a l'habitude de lire chez l'éditeur : Un format fin agréable et un papier de facture correcte façonnent l'ouvrage. La traduction a été signée Rodolph Gicquel qui signe un travail subtile, puisque jongler avec les facettes du récit n'a sans doute rien de simple.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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