Like a little star Vol.1 - Actualité manga

Like a little star Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 16 March 2021

Chronique 2 :

Mirai Tsukishima vient d'entrer en seconde, et elle a un seul mot d'ordre : Ne pas tisser de liens d'amitié. Car les relations font souffrir et s'avèrent donc obsolètes, aussi mieux vaut rester seule. Volontairement isolée, elle s'attire l'intérêt de Rin Mashiba, beau garçon qui appartient à un quatuor de vraies stars au sein de l'établissement scolaire. Mais si Rin a « flashé » sur Mirai, ce n'est pas pour son joli minois, mais parce qu'elle est seule. Elle est un potentiel membre idéal pour le club d'astronomie du lycée, fraîchement fondé par la bande de garçons, qui ne peut pourtant exister s'il compte moins de cinq recrues. Un peu malgré elle, et parce qu'il est obligatoire de rejoindre un club dans ce lycée, Mirai se retrouve intégrée au groupe, abandonnant sa solitude pour découvrir deux choses merveilleuses : L'amitié d'une part, et l'astronomie de l'autre.

Autrice à la carrière plutôt jeune, Kaori Hoshiya nous a d'abord envoûté avec le drôle et charmant Don't worry, be happy, avant qu'on découvre ses premiers travaux via le one-shot Un petit coin de bonheur, le tout chez Akata. En ce début 2021, l'éditeur récidive en proposant cette fois la deuxième série de la mangaka, un titre court en deux volumes intitulé chez nous Like a little star.

Lancée en juillet 2017 (soit à peine quelques mois après la parution du dernier tome de Don't worry, be happy) sous le titre originale Uchû no Hate no Mannaka no, la série paraît dans la revue Bessatsu Margaret (ou Betsuma pour les intimes) de l'éditeur Shûeisha. Une parution courte qui s'achève avec son huitième chapitre.

Encore une fois, c'est via le label "feel good" qu'Akata estampille la nouvelle œuvre de Kaori Hoshiya qui nous est proposée. Il faut dire que la mangaka sait y faire avec les tranche de vie sentimentale qui mettent du baume au cœur, Don't worry, be happy en étant une excellente preuve grâce à son humour impactant et ses personnages authentiques bourrés de bons sentiments. Aussi, c'est une patte très similaire que nous retrouvons dans ce premier tome de Like a little star dont le pitch propose des bases assez communes, via la relation entre une adolescente et un garçon ancrés dans des camps distincts. D'un côté, Mirai n'a jamais voulu tisser de relation et est assez fermée sur elle-même tandis que de l'autre, Rin est populaire et ouvert, chaleureux et passionné. Il n'en faut pas tellement plus pour aborder cette ambiance conviviale, tant les péripéties proposées autour des deux protagonistes et de leurs congénères transpirent la bonne humeur à chaque page. Patte typique de l'artiste, chaque quiproquo ne tombe jamais dans le pathos futile, Kaori Hoshiya préférant une résolution facile et rapide, porteuse de notions humaines et altruistes. C'est mignon sans jamais trop en faire, et aide à nouer une atmosphère tout en poussant vers l'avant une relation centrale dont l'évolution est évidente d'entrée de jeu.

Pourtant, difficile de ne pas adhérer à l'alchimie dépeinte entre Mirai et Rin. Tous eux se taquinent, mais tous deux développent un attachement mutuel envers l'autre, tout en montrent un profond respect. La thématique de l'astronomie sert ainsi à les rapprocher tout en amenant des moments d'intimité onirique, la distance des étoiles se faisant le miroir des êtres qui se rapprochent. On sera même surpris de l'émotion de quelques instants bien précis, qui serreront sans aucun mal les cœurs des plus sensibles. Ce premier tome pique au vif, mais toujours dans une optique optimiste et à grand renfort de beaux sentiments.

On pourrait simplement reprocher le peu de présence octroyée à Nagisa, Aki et Ginji, les trois compères de Rin qui sont aussi beaux mecs que lui, mais qui ne brillent que par quelques répliques ou par leurs caractères iconisés via de maigres séquences. A l'instar de leurs places dans le club d'astronomie, ils sont des faire-valoir pour nourrir la relation centrale et donner l'impression d'une bande d'amis. On se demande alors si le deuxième tome leur fera davantage honneur, et c'est tout ce qu'on espère.

Alors, Kaori Hoshiya livre une première moitié d'intrigue typique de sa patte : Derrière un schéma classique à base de club scolaire, de beaux garçons et d'une romance entre deux individus bien différents se cache un récit bienveillant, drôle et émouvant, qui n'a pas besoin d'artifice pour faire mouche. Et si les dernières planches attestent une direction qui semblait évidente dès le départ, on fait confiance en l'autrice pour amener un deuxième et dernier tome convaincant.

Côté édition, Akata livre une copie toujours honorable : Le format shôjo est donc celui d'un poche et profite d'un papier de bonne facture. La traduction est signée Yuki Kakiichi sur l'adaptation de Nathalie Bougon, le tandem donnant un texte vivant et en phase avec l'atmosphère du récit.


Chronique 1 :

Avec la série en quatre tomes Don't worry, Be happy! en 2017-2018 puis le recueil d'histoires courtes Un petit coin de bonheur en octobre 2018, les éditions Akata nous avaient permis de découvrir en France une jeune mangaka prometteuse en Kaori Hoshiya, cette dernière ayant révélé de très belles qualités narratives et visuelles ainsi que des thématiques adolescentes intéressantes et vécues de manière positive. Et étant donné que l'éditeur tâche autant que possible d'être fidèle à ses artistes, le voici qui nous amène, en ce mois de février, une nouvelle oeuvre de l'autrice, pour notre plus grand plaisir.

Bouclée en 2 volumes, Like a little star est une courte série qui a été prépubliée au Japon en 2017-2018, sous le titre Uchû no Hate no Mannaka, dans le magazine mensuel Bessatsu Margaret (ou Betsuma) de Shûeisha, magazine dans lequel Hoshiya avait déjà publié Don't worry, Be happy! et les histoires d'Un petit coin de bonheur. Il s'agit de la série que l'autrice dessina immédiatement après la fin de Don't worry, Be happy!. Et, depuis, elle n'a pas chômé puisque, toujours dans le Betsuma, elle a ensuite dessiné entre 2018 et 2020 une autre oeuvre en 4 tomes (sa dernière en date), Tama no gohoubi, que l'on espère voir un jour chez Akata également !

Like a little star, voici qui pourrait presque décrire Mirai Tsukishima: telle une étoile, cette adolescente apparaît aussi distante que froide avec son entourage, et elle compte bien continuer dans cette voie en entrant en première année au lycée. Depuis quelques années déjà, elle n'attend absolument plus rien des relations humaines, la faute à une situation familiale loin d'être idéale: un père qui l'abandonnée dès l'enfance suite à son divorce, une mère qui a fini par se remarier en laissant sa fille vivre seule dans un appartement qu'elle paie toutefois... Mirai a alors grandi avec le sentiment d'avoir été abandonnée par les deux personnes qui étaient censées l'aimer le plus au monde, sans affection et comme si elle n'existait pas, ou en tout cas comme si elle n'existait pour personne. Mais qui sait, peut-être que cette petit étoile solitaire va se mettre à briller plus fort aux yeux de quelqu'un...

Et ce quelqu'un, il s'agit de Rin Mashiba. Avec ses potes Nagisa Shiramine, Aki Furuya et Ginji Sôma, ils sont tout bonnement les quatre beaux gosses les plus populaires du lycée, et ce sont bien ces gens d'un "autre monde" qui lorgnent sur notre héroïne ! Enfin, c'est surtout parce que Rin a repéré en Mirai la personne a priori idéale pour rejoindre leur projet de club d'astronomie, où il manque toujours un membre. Et si bien d'autres filles ont déjà tenté d'intégrer le club, Rin les a toutes jetées car elles n'étaient là que pour leur statut de beaux gosses sans s'intéresser à l'astronomie, chose insupportable pour cet adolescent qui ne veut pas mêler vie sentimentale et vie de club. Et du coup, avec son côté je m'en foutiste envers tout le monde, Mirai lui apparaît comme la recrue idéale. Si la jeune fille, forcément, refuse d'abord en bloc car elle ne veut intégrer aucun club, les règles du lycée en décideront autrement, et la voici bientôt 5e membre du nouveau club d'astronomie. Et ce qu'elle ne sait pas encore, c'est que cette vie de club jusque-là inédite pur elle risque fort de changer peu à peu sa vision du monde et des relations avec les autres...

L'oeuvre nous conte donc la reconstruction sociale d'une adolescente meurtrie par sa situation familiale, au travers de son implication au sein d'un club et des liens d'amitié (voire plus) qu'elle va tisser avec son nouvel entourage. En tout ceci, Like a little star s'inscrit fort bien dans le catalogue d'Akata, qui a déjà vu passer de très jolies oeuvres ayant mis en valeur des thématiques assez similaires, notamment Jumping pour le côté reconstruction/vie de club/vie associative, ou le one-shot Par-delà les étoiles de Rie Aruga qui mettait aussi en scène un club d'astronomie. Sans oublier, bien sûr, Don't worry, Be happy!, où Hoshiya évoquait déjà l'abandon parental.

Et tout ceci, la mangaka l'aborde ici avec une tonalité assez similaire à Don't worry, Be happy!, c'est-à-dire résolument positive ! Il y a pourtant des moments touchants voire un peu déchirants, comme quand Mirai laisse parler son sentiment que sa mère n'en a rien à faire d'elle. Et il s'agit d'ailleurs d'un moment qui explique très bien un de ses traits de personnalité que l'on voit dès le début: même si elle garde ses distance avec les autres, elle ne les ignore pas pour autant quand ils lui parle, car elle est la mieux placée pour savoir que l'ignorance est la pire des choses. Mais c'est en tirant parti de ces instants où Mirai doute ou montre brièvement ses douleurs que le récit se dirige rapidement vers des choses plus bénéfiques, essentiellement grâce à Rin, garçon qui peut d'abord paraître parfois involontairement rustre, blessant voire insolent dans sa manière de parler, mais dont le comportement montre en réalité beaucoup d'attention envers les autres dès que l'on creuse un tout petit peu. Par ailleurs, cette personnalité de Rin amène également différentes notes d'humour assez efficace, et il en est de même pour Mirai, surtout quand sont mis en avant son parler cash ou son étourderie !

C'est donc ainsi que Mirai va vivre les premières étapes de sa vie de club: inscription quasiment forcée, besoin de trouver des subventions de la part de l'école pour acheter du matériel (télescope en tête), organisation d'un premier événement pour attirer l'attention, premières observations du ciel, des étoiles et des planètes... tout en devant gérer en parallèle des choses comme les examens ! En réalité, tout cet aspect est la principale petite déception à la lecture, dans la mesure où ces étapes vont très vite et que la mangaka n'entre jamais dans un minimum de détails et d'informations sur l'astronomie. Heureusement, ce choix de l'astronomie n'est pas tout à fait qu'un prétexte, puisqu'il permet tout de même à Hoshiya d'offrir différentes petites métaphores assez jolies en rapport avec les astres, et qu'il symbolise bien l'ouverture au monde qui commence à se faire pour l'héroïne. L'autre petite déception vient sûrement du côté très secondaire des trois autres garçons du club, qui sont certes assez présents mais ne sont pas spécialement intéressants pour le moment, dans la mesure où ils n'ont pas droit à un réel traitement spécifique. Cela changera-t-il dans le tome 2 ? Quoi qu'il en soit, cela n'entache que très peu le plaisir de lecture et le propos, tant on suit avec intérêt les changements quis opèrent en Mirai. Des changements vis-à-vis du monde qui l'entoure, car le club lui offre de nouveaux horizons, en plus de lui montrer qu'elle n'est pas seule et qu'elle peut compter sur d'autres personnes. Mais aussi des changements sentimentaux par rapport à Rin, qui vont la mettre un peu sens dessus dessous intérieurement. Est-ce de l'amour, ou le plaisir de voir enfin quelqu'un s'intéresser à elle ? A cela, on entrevoit déjà un début de réponse ès la dernière page.

Visuellement, Hoshiya a encore bonifié son style depuis sa précédente série. Dans la droite lignée des oeuvres du magazine Betsuma et d'autrices phares comme Io Sakisaka, l'autrice offre un trait assez doux et lumineux, particulièrement porté par des regards expressifs (qu'ils soient sérieux ou plus comiques), appuyés, rond, et parfois à tomber.

Mission réussie, donc, pour cette première moitié de série agréable, et traitant sur un ton assez léger et positif l'évolution de son héroïne autant socialement que sentimentalement. Affaire à suivre dans le deuxième et dernier tome, sorti en même temps que le premier !

Cette chronique ayant été faite à partir d'une épreuve numérique non-corrigée fournie par l'éditeur, pas d'avis sur l'édition.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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