Konosuba - Sois Béni Monde Merveilleux Vol.1 - Actualité manga

Konosuba - Sois Béni Monde Merveilleux Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 17 July 2020

Kazuma Satô était un adolescent plutôt replié sur lui-même puisque, en plus d'être fan de jeux vidéo, il ne sortait plus de sa chambre... et c'est pourtant précisément lors de l'une des rares fois où il a mis le nez dehors qu'il est mort, dans un accident de voiture ! Néanmoins, le destin a décidé de lui offrir une seconde chance en plaçant devant lui Aqua, une jeune fille se présentant comme une déesse, et lui proposant d'éviter l'au-delà pour plutôt se réincarner dans un autre monde typé fantasy, et semblant pas mal ressembler aux RPG qu'il affectionne ! La mission principale confiée à cet adolescent de 16 ans ? Parvenir, un jour ou l'autre, à terrasser le roi-démon. Mais la tâche s'annonce très ardue et lointaine pour diverses raisons, à commencer par l'absurdité de ce monde et par les premières compagnes d'aventure que ce fait notre héros...

Le registre tellement à la mode de l'isekai est déjà laaaargement représenté dans nos contrées, autant en manga qu'en animation, avec à la clé de nombreuses oeuvres pouvant aller de l'excellent au totalement anecdotique. Dans cette avalanche de séries du genre, il y en a pourtant toujours certaines qui, bien qu'extrêmement populaires, sont absentes dans notre pays... et Konosuba en faisait partie, avant que les éditions Meian n'aient la très bonne idée d'acquérir sa principale adaptation manga !

Quoi ? Vous n'avez pas entendu parler de Kono Subarashii Sekai ni Shukufuku o! ? Eh bien, à l'origine, il s'agit avant tout d'une série de romans, d'abord lancée au Japon par son auteur Natsume Akatsuki en tant que websérie entre décembre 2012 et octobre 2013, puis revue et enrichie pour une sortie en version papier sous forme de light novel avec des illustrations de Kurone Mishima. Lancée dans son pays en octobre 2013, cette version papier s'est achevée tout récemment, en mai 2020, après 17 volumes... mais l'aventure Konosuba ne s'arrête pas là. En effet, au fil des années, l'oeuvre a connu un bon petit paquet d'adaptations et de spin-off, que ce soit en roman, en manga, en jeu vidéo... ou, bien sûr, en anime, avec notamment en 2016 et 2017 deux saisons animées qui ont largement contribué à populariser l'oeuvre à l'international. Sans oublier, bien sûr, de très nombreux goodies dont un bon paquet de figurines.

Etant donné que malgré sa popularité la licence était étrangement restée jusqu'à présent inédite de façon légale dans notre pays, le manga que Meian publie ici sous le nom Konosuba - Sois Béni Monde Merveilleux! est donc le tout premier contact légal du public français avec l'oeuvre. Lancé au Japon dès 2014 dans le magazine Dragon Age de Fujimi Shobo sous le même nom que le light novel, il s'agit de l'adaptation fidèle de celui-ci, mais pas que, puisque le romancier d'origine affirme dans la postface du tome 1 que ce manga proposera des scènes écrites exprès pour lui. Toujours en cours au Japon, cette adaptation manga est la dernière série en date (il ne s'est consacré à aucune autre oeuvre depuis 2014) de Masahito Watari, mangaka jusque-là inconnu en France, mais qui depuis ses débuts en 2003 a dessiné pas mal d'autres mangas dans son pays.

"Je n'aurais jamais imaginé atterrir ici, dans ce monde parallèle absurde, avec cette bande de bras cassés..."

Un ado hikikomori fan de jeux vidéo qui meurt dans un accident pour être réincarné dans un monde de fantasy en tant qu'aventurier où il devra battre le roi-démon... Quand on est habitué aux isekai (et même sans ça), difficile de le nier: le pitch de base de Konosuba est totalement basique... et c'est le but ! Car on le comprend dès les premières pages qui expédient très vite cette intro: l'intérêt est ailleurs, et réside dans l'humour de l'oeuvre. On le ressent d'ailleurs dès le début, avec Aqua débitant son gros blabla sur la réincarnation quasiment en avance rapide, conférant alors presque un côté un peu parodique à ce genre de moments typiques de bien des isekai.

Mais c'est évidemment quand l'aventure (si on peut appeler ça comme ça) démarre bel et bien que cet humour frappe vraiment, ne serait-ce que pour l'allure des premières compagnes que se fait Kazuma. En plus de la déesse archi-prêtresse Aqua qui ne sert tout bonnement à rien, il se retrouve vite avec deux autres miss sur les bras: une femme-chevalier croisée aux lubies maso en la personne de Darkness, et bien sûr la demoiselle la plus populaire de l'oeuvre, Megumin, magicienne-lolita qui, bien que puissante en théorie, ne sert elle non plus pas à grand chose, dans la mesure où sa magie explosive est bourrine à souhait en étant beaucoup trop puissante... Ces filles viennent très vite s'intégrer à l'équipe, et amusent déjà pas mal, quand bien même les situations restent plutôt classiques pour l'instant. Mais il y a déjà largement de quoi sourire en voyant le côté bon à rien d'Aqua, les différents petits délires un peu pervers de Darkness (mais côté perversité, notre héros n'est pas en reste par moments, sans que ce soit méchant), ou encore les élans bourrins de Megumin ainsi que certains de ses comportements décalés (il faut la voir balancer des piques à l'ennemi, tout en se cachant derrière le dos de Kazuma).

Bref, ce n'est pas avec des bras cassés pareils que Kazuma pourra aller vaincre le roi démon... Mais de toute façon, il n'en a peut-être pas envie. Et puis avant de penser à ça, il va surtout falloir tâcher de trouver de quoi survivre, de joindre les deux bouts, de subvenir aux besoin les plus élémentaires... ce qui ne sera pas toujours facile ! Entre premières quêtes parfois ridicules et recherche de nourriture, les premiers moments de Kazuma dans ce monde n'ont rien de ceux d'un glorieux aventurier, et sont autant d'instant permettant d'entrevoir un monde qui s'annonce joyeusement absurde à plus d'un égard, ne serait-ce que pour ses choux et laitues qui essaient de se carapater quand on veut les bouffer. Si cela continue comme ça sur la longueur, Konosuba devrait pouvoir se bonifier dans son humour, en offrant des gags plus inventifs, puisque ici la plupart restent somme toute classique afin de poser les premières bases concernant les caractères des personnages et l'univers.

Visuellement, Masahito Watari propose une copie classique, mais assez efficace. Pas de folles trouvailles de découpage ou de mise en scène ici, le mangaka ne prenant pas trop de risque afin de plaire facilement au plus grand nombre, même si l'on regrettera quand même que certains moments comiques ne soient pas pourvus d'une ambiance un peu plus barrée. On va dire que pour le moment, Watari reste un peu sage. Côté dessin pur, le mangaka reprend avec soin les designs originaux du light novel jusque dans les tenues bien reconnaissables (notamment celle de Megumin), mais offre des silhouettes un peu plus rondes et moins fines que dans les romans ou l'anime. C'est soigné, mais ça aura besoin de gagner un peu plus en finesse et en expressivité sur la longueur. Quant aux décors, ils sont assez présents quand il le faut, sans être particulièrement immersifs pour le moment.

En somme, la version manga de Konosuba commence très honnêtement, en laissant le mangaka trouver ses marques, tout en promettant un récit comique voire parodique très prometteur. Ce volume d'introduction est plutôt classique dans ses gags, mais assurément le potentiel est là pour nous offrir quelque chose d'aussi fun (ou presque) que le support anime. Côté édition, la jaquette bénéficie d'un joli petit vernis sélectif sur le logo-titre, et à l'intérieur on a droit à 4 premières pages en couleurs, à une qualité de papier et d'impression honnête, et à une traduction de Camille Duret qui fait le job.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.25 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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