Hokuto No Ken - Extreme Edition Vol.1 - Manga

Hokuto No Ken - Extreme Edition Vol.1

Rédaction
Lecteurs
1 /20

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 01 Décembre 2022

Survivant aux éditions J’ai lu, Asuka et Kaze, Ken revient des enfers pour être publié en France une quatrième fois. Il découvre un monde post-apocalyptique nommé Crunchyroll, incendié depuis ses débuts sur les réseaux sociaux, principalement en ce qui concerne le changement radical de la charte graphique des titres depuis le rachat de Kaze. C’est dans cette ambiance polémique qu’est publié Hokuto no Ken, une édition qui cristallise une nouvelle fois les critiques. En effet le manga est publié dans un petit format classique, avec une pagination moindre que l’édition deluxe précédente et coûte pour autant plus cher. Chaque tome étant proposé à 15 euros. Une incompréhension nait alors chez les lecteurs qui ne manquent pas de le faire savoir sur les réseaux sociaux, mais aussi chez les libraires et journalistes spécialisés.

Maintenant que les polémiques sont énoncées, revenons sur le manga car nous avons tout de même affaire à une série culte issue du magazine Weekly Shônen Jump et débutée en 1983. Elle est dessinée par Tetsuo Hara qui revient en force en France grâce aux éditions Mangetsu qui publient Sôten no Ken, Keiji et prochainement Ikusa no Ko. Et au scénario on retrouve Buronson qui est lui aussi de retour chez nous puisqu’il scénarise Sanctuary sous le nom de Sho Fumimura, dont la nouvelle édition est publiée chez Glénat. C’est donc dans ce contexte favorable où les gloires d’antan sont remises en lumière que les éditions Crunchyroll proposent la quatrième version française du manga Hokuto no Ken.

Le manga prend place dans un monde post-apocalyptique. La Terre ayant été ravagée par des flames atomiques durant les années 90. Dans décors désertiques et en ruines, la société telle qu’on la connait n’existe plus. Ici l’argent n’a pas de valeur, seule la loi du plus fort compte. Des gangs se forment et terrorisent la population pour s’approprier de l’eau, de la nourriture, des femmes... C’est dans cet océan de violence qu’ère un homme : Kenshirô. Maître du Hokuto, dieu de la mort, il navigue de village en village sans jamais se poser. Sur son passage, il se fait justicier et règle les différents problèmes grâce à son art martial détruisant les corps de l’intérieur. À la recherche des dernières onces d’humanité dans les yeux de ses congénères, il vient en aide aux orphelins comme aux vieillards. Un Bruce Lee au pays de Mad Max qui retrouve dans sa quête d’errance une vielle connaissance s’étant construit une ville. Ce duel est au centre de ce premier tome finement écrit en dépit de ce qu’indique son degré de violence. On assiste à une montée en puissance de la confrontation entre Kenshirô et son rival, en passant par des combats contre des sbires qui les mènent indubitablement à se rencontrer. Et lorsque les retrouvailles arrivent, elles sont majestueusement tragiques. Marquantes à la fois par la dramaturgie et la grandeur d’âme, elles lancent merveilleusement le manga.

Si le scénario est d’une maitrise rarement égalée, que dire des dessins de Tetsuo Hara. On ressent toute la force et la brutalité de la série dans son trait d’un noir profond. Cela se voit dans les personnages, de Kenshirô aux gueules cassées qu’il affronte mais aussi justement dans les combats. Ils sont dépeints avec beaucoup de précision mais surtout avec une jouissive violence de tous les excès. Il ne fait pas bon vivre dans le monde de Hokuto no Ken, et c’est parfaitement représenté par les décors sales et désertiques. On découvre des ruines d’anciennes villes ou même de statues bouddhistes conférant une aura puissante à l’environnement dans lequel évolue Kenshirô. En outre, le manga brille par sa mise en scène où l’on retrouve des plans iconiques d’une beauté ténébreuse et des scènes profondément marquantes.

Du côté de l’édition, le manga est proposé en petit format, pour un livre qui avoisine les 300 pages. Le problème étant surtout le prix, il devrait coûter 5 ou 6 euros de moins, ce qui est tout de même colossal. Reste que le livre est de bonne qualité, que ce soit au niveau de la texture de la couverture, du papier ou même de l’impression. On retrouve Tristan Brunet à la traduction, faisant le choix de garder un style old school fait de “keuwâ”. Une décision légèrement contrastée par le même type de personnages utilisant également une syntaxe parfaite, ce qui est un peu étrange. Mais on s’y fait vite, c’est du chipotage car globalement la traduction est excellente. Il en est de même pour le lettrage du studio Mala qui propose du très bon travail, notamment dans le sous-titrage des onomatopées. Il est parfaitement réalisé tant il est fidèle à la version d’origine. De plus, on retrouve des nombreuses pages en couleurs et une postface de Nobuhiko Horie, éditeur ayant travaillé sur la série et proche de Tetsuo Hara.

Si le prix peut logiquement rebuter, il fait nul doute que Hokuto no Ken est un incontournable du manga. Il fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle aussi bien dans son scénario que dans ses dessins. On assiste à un modèle de narration qui se construit autour d’un personnage emblématique. La série de Buronson et Tetsuo Hara marque également par son propos sombre sur l’humanité, tout en en ajoutant une touche d’espoir bienvenue. Mais ce que l’on retient principalement de ce premier tome, bien plus que la puissance des coups, c’est celle du tragique. D’une beauté absolue faisant même couler des larmes sur les joues du plus fort des hommes.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
jojo81
17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs