Hidamari ga kikoeru Vol.1 - Actualité manga

Hidamari ga kikoeru Vol.1

Entends-tu le chant du soleil ?

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 21 September 2017

Critique 2
Kôhei souffre de problèmes d’audition, l’empêchant de participer normalement aux discussions entre camarades. Incompris par les autres élèves, il préfère rester à distance et vivre sa vie d’étudiant en solitaire. Mais un jour, il tombe nez à nez avec Taichi, un jeune homme souriant, extraverti et franc qui étudie dans la même université que lui. D’une rencontre improbable, une amitié se construit et Kôhei se sent moins seul face à ce monde hostile.
« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien ! »
Cette œuvre a été plébiscitée quand elle est sortie au Japon et a obtenu deux titres au « Chil Chil BL Award 2015 » soit « Meilleure auteure » et « Meilleur manga ».  L’auteur, Fumino Yuki, aborde dans son titre, les difficultés liées à un handicap tout en faisant preuve de délicatesse. Nous découvrons donc Kôhei, un jeune homme souffrant de problème d’audition. Son handicap l’empêche de suivre une discussion normalement, car il faut que les personnes parlent face à lui et lentement.  Or, il n’est pas né ainsi. En effet, quand il était plus jeune il entendait parfaitement bien. C’est une maladie qui a eu des conséquences sur son audition et qui malheureusement continue de la dégrader. L’auteur aborde les difficultés qu’a dû rencontrer Kôhei dès le début de sa maladie. Au départ bien intégré, la maladie dresse petit à petit une barrière avec ses camarades et il se met de plus en plus à l’écart souffrant de cette différence et n’arrivant plus à s’intégrer. Car face à un handicap, bon nombre de personnes abandonnent vite leurs efforts comme : faire attention à bien articuler ou répéter, car la personne a mal entendu. Lorsque Kôhei rencontre Taichi, il le vivra comme une véritable bouffée d’air frais. En effet, Taichi est une personne extravertie et n’hésite pas à tout faire pour intégrer Kôhei dans la vie étudiante et même jusqu’à le défendre quand on ose se moquer de son handicap. Leur relation qui débute sous un échange de bon procédé : un bento contre des prises de note devient de plus en plus forte. L’auteur ne brule pas les étapes et nous livre les prémices de sentiments amoureux entre une personne introvertie et extravertie.  C’est un réel plaisir de voir au fil des pages Kôhei s’ouvrir de plus en plus aux autres et le voir arborer un sourire quand il est avec Taichi. Les sentiments deviennent certes évidents, mais Taichi devra prendre conscience également que ce qui le lie à Kôhei n’est pas que de l’amitié.
Et qu’en est-il des graphismes ? L’auteur a un style sobre ne tombant pas dans le côté androgyne des personnages. Elle retranscrit bien au niveau des yeux et du visage les émotions : tristesse, joie, gène… Les décors sont riches et les trames bien utilisées donnant une véritable atmosphère. Quant à l’édition, elle est correcte sauf un peu de bavures d’encre sur l’édition que j’avais.
Cette œuvre sort complètement du lot de tous ces yaois qui sortent à foison. L’auteur traite d’un sujet délicat qu’est le handicap. Nous sommes touchés par les difficultés que doit affronter Kôhei, mais également émus par ses souffrances et le rejet qu’il peut subir par les autres. La relation qui nait avec Taichi apporte de la joie et surtout de l’espoir. La lecture est riche, passionnante et nous restons un peu sur notre faim.


Critique 1

Sans rêve, sans argent, tentant de vivoter dans des petits jobs plutôt qu'à assister aux cours à l'université, Taichi n'en reste pourtant pas moins un étudiant de nature joviale et sincère, faisant qu'il dit souvent ce qu'il pense, au risque de parfois en subir le contrecoup. C'est pourtant ce comportement pouvant être aussi bénéfique que délicat qu'il est amené à se rapprocher de Kôhei, un étudiant de la même université que lui, qu'il rencontre après une "chute du ciel". Rapidement, un accord se fait entre les deux garçon. Kôhei lui amènera tous les jours à manger, ce qui est plutôt tentant pour Taichi qui est sans le sou, d'autant plus que la mère de Kôhei est un cordon bleu. En échange, Taichi devra aller suivre assidûment des cours à l'université et prendre des notes pour Taichi. Et si Taichi lui demande ça, ce n'est pas par paresse : depuis une très forte fièvre quelques années auparavant, il a des problèmes d'audition, qui lui ont valu bien des problèmes et tourments, à commencer par le développement d'un caractère solitaire, fuyant les autres qui le blessent parfois sans le vouloir. Avec sa voix qui porte bien et ses paroles franches, Taichi ne sait pas encore à quel point il va bouleverser la vie de Kôhei, et peut-être lui permettre d'avancer à nouveau...

Egalement connue sous le nom de Yuki Akaneda, Yuki Fumino est une mangaka qui a démarré sa carrière en 2013, et dont Hidamari ga kikoeru est le tout premier livre relié. Prépubliée de décembre 2013 à août 2014 dans le magazine Canna de la maison d'édition Printemps Shuppan, cette oeuvre de 5 chapitres et 170 pages a permis à l'autrice de s'illustrer au Chil chil BL Award 2015 : 5ème place des meilleures nouvelles auteures, 8ème place dans la catégorie du manga le plus original cette même année, et 8ème place dans la catégorie de la meilleure couverture. Forte de son succès, elle a eu droit en 2015-2016 à une suite, Hidamari ga kikoeru - koufukuron, qui sortira aussi en France chez Boy's Love bientôt sous le nom Hidamari ga kikoeru - à la poursuite du bonheur.

A la lecture du tome, on comprend rapidement pourquoi le titre s'est taillé une belle réputation. D'emblée, la jaquette, magnifique avec ses nuances de vert et ses jeux de lumière, annonce un récit doux, et c'est bien ce qui nous attend. Assez posée, la narration de Fumino permet de cerner rapidement les caractères opposés des personnages, d'un côté l'énergique et franc Taichi, de l'autre le solitaire et introverti Kôhei. Pourtant, tous deux deux ont leurs blessures, de l'ordre de la famille pour Taichi, et de l'ordre du handicap pour Kôhei. Mais c'est différemment qu'ils ont réagi à leurs tourments.
Concrètement, le passé de Taichi n'est qu'évoqué brièvement et par sa propre bouche, ce qui témoigne bien de son évolution depuis et de son désir d'avancer malgré tout.
Le cas de Kôhei est plus délicat et passe par plusieurs choses. En premier lieu une introspection sur lui, sur ses pensées, sur son ressenti depuis quelques années, avec une parfaite mise en valeur de son sentiment d'être incompris par les gens qui l'entourent et qui ne cherchent pas vraiment à le comprendre, ainsi l'oeuvre s'intéresse beaucoup à la question du de l'influence que peut avoir le regard des autres. Ensuite, les réaction qu'a Taichi le concernant : entre les médisances d'un garçon lui reprochant d'être trop distant, ou l'intérêt d'une fille qui est attirée par lui mais qui pourrait avoir des propos très blessants sans le vouloir, Taichi défend naturellement un Kôhei que personne ne semble chercher à vraiment comprendre... mais il n'hésitera pas non plus à secouer Kôhei avec ses paroles franches, et en lui affirmant que lui aussi devrait peut-être faire des efforts pour communiquer un peu plus au lieu de fuir et de se renfermer.

La relation qui s'installe entre eux deux est très douce et bénéfique, et la mangaka cherche vraiment à travailler tout le ressenti et le mal-être qui occupent Kôhei depuis que son problème est survenu. Il en résulte des scènes tantôt énergiques et joyeuses, tantôt plus tristes. D'autant qu'au fil de la lecture, un autre problème arrive, Kôhei entendant de moins en moins bien... Que pourra faire Taichi ?

Dans tout cela, notons qu'il n'y a absolument aucune scène amoureuse tout au long du volume, tout au plus un petit bisous (à tel point que la mangaka avoue s'être pris une remarque de son éditeur), ce qui a le mérite de rendre la lecture très accessible. Et alors que le principal reproche aurait pu concerner la fin rapide et très ouverte, on se rassure en voyant arriver sous peu la suite en France.

Au final, Hidamari ga kikoeru est un récit juste et particulièrement touchant, qui aborde avec réussite un sujet délicat. Servi dans une édition satisfaisante (papier souple et épais, impression honnête, première page en couleur, traduction claire d'Aline Kukor...), l'album se hisse parmi les meilleures publications des éditions Boy's Love à ce jour.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Einah

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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