Enfants de la baleine (les) Vol.15 - Actualité manga

Enfants de la baleine (les) Vol.15

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 January 2021

Dans l'espoir de libérer Ohni et Lycos, Chakuro, Suoh et le caporal Shuan ont quitté la Baleine de glaise en tout petit comité pour aller à la rencontre d'Orca. Là, ils ont pu retrouver Lycos saine et sauve, mais le plus dur reste à faire concernant Ohni, car Orca a des projets bien précis pour lui. Des projets l'ayant poussé à enfin tout dévoiler de ses desseins et des raisons pour lesquelles il veut tant s'emparer de Phaleina...

La raison pour laquelle Lycos fut initialement trouvée abandonnée sur l'île au tout début de la série. Les raisons faisant des habitants de la Baleine de glaise les jouets d'un destin qui leur échappe. Le comportement de l'Empire et d'Orca. Sous les yeux de Chakuro et des siens, tout se relie enfin, montrant plutôt bien que la mangaka Abi Umeda avait sans nul doute bien préparé les grandes lignes de son scénario depuis le départ. Orca souhaite donc tout bonnement bâtir un monde heureux pour le genre humain, un monde où il n'y aurait absolument aucun sentiment "négatif" comme le tristesse, et c'est dans ce but qu'il veut réécrire les "noûs", les "hommes", les lois structurant le monde... quitte à sacrifier (même temporairement) le bonheur de nombreuses personnes qui, elles, n'ont peut-être pas forcément envie que les choses se passent ainsi. Dans cette optique, il a besoin de sacrifier toutes les vies de Phaleina, mais aussi d'exploiter même contre son gré le statut si particulier d'Ohni, dont les origines se dévoilent enfin pleinement. Dès le début du tome, on a donc toute une phase très importante... mais celle-ci a surtout pour mérite d'aboutir sur une brève mais assez puissante oppositions de valeurs, de points de vue entre Orca et nos héros. D'un côté, les objectifs d'Orca restent bourrés d'ambivalence: il a un idéal qu'il veut atteindre, semble vouloir un monde dominé par le bonheur humain, mais semble prêt à bien des sacrifices terribles pour y arriver... Et puis, vouloir un monde où les différences entre les êtres seraient quasiment toutes gommées, où des émotions comme la tristesse et la douleur ne seraient plus, où un peu tout serait finalement lissé, serait-ce vraiment une bonne chose. Tandis que la mangaka nous pousse à nouveau à la réflexion sur les émotions humaines, il y a d'autres figures qui, elles, affirment déjà leur vision, en têtes desquelles Lycos, cette petite soeur qu'Orca souhaite justement voir heureuse. Ou simplement, dans un autre style, Itia, qui en arrive à un acte assez symbolique de ce qu'elle ressent.

Ces actes, par la suite, ont une importance capitale puisque, à l'heure où l'on pourrait avoir envie de (trop) vite juger Orca, ils permettent d'enfin entrevoir ce qu'il garde au fond de lui depuis longtemps, ce qu'il essaie d'enfermer en lui pour avancer vers le but qu'il s'est fixé. Car bien des douleurs sont également marqué le parcours de cet homme. Ne serait-ce que la disparition des membres de sa garde personnelle qu'il chérissait. Mais eut-être plus encore des drames d'il y a plus longtemps... Itia le dit elle-même, Orca n'était pas comme ça avant, et l'heure est alors venue d'enfin découvrir ce qui a fait de lui ce qu'il est.

Ainsi, ce sont environ les trois quarts du tome qui vont s'appliquer à exposer tout le passé de celui qui, depuis déjà longtemps, se posait comme un antagoniste de la série. On découvre en l'Orca du passé quelqu'un d'assez différent, mais en qui certaines choses n'ont pas changer, en tête desquelles la volonté sincère de pouvoir faire le bonheur de sa petite soeur, qui a toujours compté plus que tout pour lui, mais à qui il n'a jamais pu vraiment le montrer, la faute à un destin et à un Empire qui en ont décidé tout autrement sans vraiment lui laisser le choix, et lui imposant un rôle d'arme dans la guerre. Des moments de bonheur, Orca en eut pourtant dans ce passé, en pouvant se raccrocher aux habitants accueillant et pacifiques d'une île, lors d'une "fuite" quasiment hors du temps, où une fillette put même lui rappeler son amour fraternel pour Lycos. Et tandis que la mangaka n'oublie as non plus des détails comme le rôle de Kannavi à ses côtés ou l'origine de sa cicatrice sur le visage, au bout du compte c'est une chute et un désespoir terribles qui sont tombés sur Orca, en se voyant imposer par l'Empire la pire des choses. On évitera d'en dire trop là-dessus, mais soulignons simplement l'effroi procuré par le dernier chapitre, qui est sûrement parmi les lectures les plus éprouvantes et dures de ces derniers mois, en grande partie parce qu'Abi Umeda a une manière bien à elle de narrer la chose: directement au travers d'Orca, des souvenirs qu'il a de ce drame dont il a été l'acteur forcé, de la manière dont il a dû exercer ça en étant dépourvu de "coeur", d'émotions, tandis que ses souvenirs (de chaque personne, une par une) se sont gravés en lui de façon indélébile... Pourtant, en voulant faire aux habitants de Phaleina ce qu'il a lui-même enduré autrefois, n'est-il pas en train de répéter de terribles drames et erreurs ? Une chose est sûre: au bout de ce flashback tragique et aux émotions puissantes, il est plus difficile que jamais d'avoir un avis tranché sur Orca, et c'est sans doute l'un des buts d'une mangaka qui expose nombre de nuances chez ses personnages principaux face aux situations, au passé, aux drames qui les conditionnent.

Difficile, alors, de ressortir indemne de la lecture du 15e volume des Enfants de la Baleine. Tout en apportant de nombreuses informations importantes, Abi Umeda pousse toujours aussi bien à la réflexion sur les émotions humaines, et livre une travail sur Orca particulièrement fort... le tout avec, toujours, sa patte visuelle et sa narration si sensibles et artistiques.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News