Docteur Toilette Vol.1 - Actualité manga

Docteur Toilette Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 21 June 2019

Le Shônen Jump a beau être le plus célèbre des magazines de prépublication manga avec de très nombreux hits qui ont, au fil des décennies, forgé sa réputation (Dragon Ball, JoJo, Ken, City Hunter, One Piece, Naruto... pour n'en citer que quelques-uns), on ne peut malheureusement que constater qu'il est beaucoup plus rare de voir arriver dans notre langue les oeuvres qui ont marqué le magazine à ses débuts, à la fin des années 1960 et début des années 1970. Il arrive que certains éditeurs s'y risquent, à l'image de Black Box qui a sorti L'école impudique/Harenchi Gakuen, le tout premier grand succès historiques du magazine, avec lequel l'illustre Gô Nagai avait choqué et défrayé la chronique. Et à présent, c'est au tour des éditions Cornélius, jamais avares en bonnes surprises inattendues, de nous amener un autre manga culte du Jump des débuts. Et à l'instar de Black Box avec L'école impudique, Cornélius tape lui aussi dans un type de comédie potache et sans tabou qui semble vraiment faire partie d'un temps révolu pour le Shônen Jump.

De son nom original Toilet Hakase, Docteur Toilette est l'oeuvre la plus emblématique de Kazuyoshi Torii. De 1970 à 1977, cette oeuvre a, pendant 30 volumes, enchanté les écoliers nippons de l'époque avec son humour régressif et jusqu'au boutiste, agissant peut-être comme une catharsis dans une société japonaise alors en pleine évolution des moeurs. Des années plus tard, la série a connu des rééditions sous forme anthologiques, d'abord en 2 tomes chez l'éditeur Home-sha, puis en 3 volumes chez Ohta Shuppan. A priori, l'édition française semble se baser sur cette dernière édition.

Le concept de Docteur Toilette est assez simple: ce docteur tout à fait particulier voue une passion pour le caca, qu'il étudie et expérimente de toutes les manières possibles, pour un résultat souvent... euh... appétissant ? Expulsion de caca dans la rue, goûter à la crotte, concours de merde au Nouvel An, musique à base de pets... Le caca, c'est toute la vie du Docteur Toilette. Et pas uniquement de lui, car plus d'une fois il est entouré de personnages qui n'hésitent pas à lui voler la vedette, quitte à ce que notre héros n'apparaisse pas pendant des chapitres complets. De Miss Caca, jolie jeune fille ayant pour "petite particularité" d'adorer manger les excréments de toute sorte, à un homme bien embêté d'avoir l'anus au mauvais endroit, il y en a pour tous les goûts, et tout est surtout prétexte pour que Torii enchaîne à un rythme frénétique et sans la moindre retenue (comme un sphincter trop dilaté) les gags scato en tous genres, allant du purement dégoûtant à l'absurdité la plus totale, en passant par le grotesque absolu. Alors, oui, bien souvent, et surtout avec notre regard d'aujourd'hui, ça ne vole pas forcément haut, et c'est régressif à 200%. Mais même aujourd'hui, grâce à son dessin très cartoon typique de l'époque (Nagai dans L'école impudique était un peu pareil, et avec lui et Torii il y avait évidemment des maîtres du dessin" cartoon" comme Fujio Akatsuka) mais assez intemporel, l'humour reste diablement expressif, et l'auteur parvient à faire preuve de beaucoup d'inventivité, servant un rythme de gags assez effréné.

Mieux vaut sans doute lire tout ça à petites doses (et donc, ne pas faire comme moi qui ai avalé tout le tome en une soirée sitôt le bouquin acheté) pour mieux en profiter. Et que l'on soit ou non réceptif à l'humour, il faut dans tous les cas reconnaître que ce premier tome de Docteur Toilette est une sacrée curiosité, un OVNI "excrérimental" bourré d'inventivité et nous faisant découvrir encore un peu plus une facette pas assez connue chez nous du Jump des débuts et d'un certain type de mangas de l'époque.

Au niveau de l'édition, les éditions Cornélius nous offrent un format similaire à Hato et autres shônen d'Osamu Tezuka sortis chez elles. Le papier est bien épais, l'impression est excellente, et à la traduction on sent que ça s'est globalement éclaté avec de très nombreux jeux de mots scato, jusque dans la dernière page de crédits ! On n'a pas forcément l'habitude de voir le traducteur Patrick Honnoré sur des mangas de ce type, et dans l'ensemble il s'en sort très bien avec pas mal d'imagination, même si certaines tournures restent trop ampoulées pour un tel manga à l'ambiance si régressive et grotesque. Enfin, chacun se fera son avis sur l'habitude de l'éditeur d'avoir les onomatopées sous-titrées en dehors des cases, en revanche certaines traductions de celles-ci laissent un peu à désirer ("brouhaha brouhaha"...).
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
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