Deathco Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 10 Febuary 2017

"Le fluide". Une substance hautement néfaste, conçue par un savant un zeste fou sous l'égide d'un PDG corrompu et aux ambitions démesurées. Ce PDG, symbole de hautes sphères peu glorieuses, Deathko lui a déjà mis sa misère, et elle compte bien le faire encore un peu. Mais le savant, lui, n'en a que faire, et pourrait bien en profiter pour s'éclipser... ou essayer de s'éclipser, car Deathko n'est pas du genre à laisser son trophée filer, même si celui-ci se tire en avion.

Entamée dans le précédent tome, la nouvelle moisson de Deathko occupe encore ici une petite soixantaine de pages, pour une dernière ligne droite qui reste plutôt sur les acquis dans son déroulement. Mais qu'importe : Kaneko y excelle toujours dans son art de la mise en scène, avec une Deathko toujours aussi redoutable et (mortellement) irrésistible grâce à ses joujoux et à ses apparitions travaillées. Et puis il faut bien avouer que les deux pourris de cette affaire, on aime beaucoup les voir morfler face à notre "ange noir" qui s'amuse avec sadisme.
Cela dit, cette mission a aussi un autre intérêt. Si Kaneko l'a si bien préparée dans le tome précédent en présentant le parcours du savant, ce n'est pas pour rien, car ce passé se rappelle à lui en voyant Deathko venir chercher sa vie. Cette tueuse en noir, ne l'aurait-il pas déjà vue il y a longtemps ? S'il fait évidemment fausse route, cela permet d'enclencher les prémisses de révélations sur ce que fut autrefois celle qui a recueilli Deathko...

Car Madame M est au coeur de la suite du tome, au point de presque voler la vedette à notre reaper prodige préféré. Et elle n'est pas seule. Car pendant que se dévoile une partie d'elle, c'est aussi le plus terrible fantôme de son passé qui resurgit.
Ce "fantôme" a un nom sans équivoque : Deevil, et Kaneko soigne à merveille son entrée en scène, en commençant par des rumeurs, autour d'un hot dog, sur lui et sur son lien avec M. Un lien marqué par une rivalité forte entre deux noms restés gravés dans l'histoire des repars au point de faire frémir leurs congénères...

Peut alors arriver un flashback passionnant, en ceci que l'on découvre en premier lieu une M radicalement différente de ce qu'elle est devenue : belle, agile, redoutable, et marquée par une double-vie que ne renieraient pas certains personnages super-héroïques, entre monstre sanguinaire masqué abattant ses proies, et femme amoureuse de son mari. Courant deux bonheurs à la fois, son avidité pourrait finir par lui coûter cher...
Dans le même temps, découvrir Deevil est un régal. Il faut dire que le bonhomme impose un certain charisme d'emblée avec ses petites allures de démon, sa balafre dans le dos, sa barbiche et sa langue fendue comme celle d'un sournois serpent. Et il en est tout autant avec ses façons de procéder pour réduire à l'impuissance les crapules.

La mission est donc réussie : en plus d'approfondir la matrone s'occupant de Deathko qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, Kaneko fait très bien entrer en scène la pire figure de son passé, et la confrontation promise pour le prochain tome s'annonce  sous les meilleurs auspices. On sent déjà l'odeur du sang, c'est dire... Pour le reste, Kaneko régale toujours, que ce soit avec les loisirs un peu (beaucoup) macabres de Deathko, les délicieux tics de langage de certains personnages (une nouvelle fois, chapeau à la traduction pour le travail effectué là-dessus), et tout le travail visuel impeccable avec ses contrastes, ses jeux sur le noir, ses vues qui posent l'ambiance (les buildings, l'arbre mort avec le manoir en fond), ses quelques délires capillaires ou ses designs de véhicules travaillés... Encore un excellent tome, j'vous dis !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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