Deathco Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 03 Febuary 2017

Critique 2

La nouvelle mission ne se passe pas exactement comme prévu pour les Reapers : nombre d'entre eux ont été massacrés, les gamins sont obligés de rester bien cachés face à l'effroi que leur procure leur cible, et même les Dead Queen Bee emmenées par Kaho ne peuvent rien faire. Et Deathko ? Hé bien, la demoiselle a été prise au piège, et même sa chauve-souris ne peut s'échapper. En sang, inconsciente, enfermée par les sbires de sa cible, est-ce l'heure de l'échec ? C'est mal connaître la plus punk et la plus dépressive des tueuses...

Entamée dans la dernière partie du tome 2, cette mission s'annonçait prenante, puisqu'elle plaçait pour la première fois Deathko face à de réelles difficultés, voire quelque peu en position de faiblesse. Et au final, même si le résultat est classique et prévisible, le chemin pour y parvenir est excellent, Atsushi Kaneko jouant très bien sur ce qu'il a mis en place. Tandis que l'inquiétude règne dans la sombre bâtisse piégée de la cible, les notes d'humour noir séduisent dans leur manière d'exploiter les autres reapers, angoissés, mis à mal, piégés sans pouvoir ou oser faire grand chose, humour noir, ou agacés de ne pas pouvoir tuer tranquillement. Mais Deathko n'est pas comme eux. Deathko va toujours au bout de ses missions. Et même piégée, elle ne se laissera certainement pas faire. On observe malicieusement les indices que l'auteur laisse concernant la chute : une certaine chauve-souris volant dans les couloirs alors qu'elle est censée être prisonnière, un drôle d'instrument de mort à tête de poupée qui surgit de la pénombre dans le dos d'un sbire... Deathko s'amuse et nous amuse, quelle exquise petite tueuse sanguinaire. Le travail de Kaneko sur les noirs, les ombres, les lieux d'où peut surgir le danger pour l'ennemi, est un délice. Et une nouvelle fois, le travail sur les onomatopées offre des merveilles d'immersion, à la façon d'un film où le son se ferait parfois plus important que l'image. Le tout, tandis que la cible amène une interrogation légitime : Que cherche la guilde ? Y a-t-il seulement quelque chose à comprendre ?

Après la conclusion de cette nouvelle mission, une petite crainte peut tout de même apparaître : la série va-t-elle se contenter d'enchaîner ainsi les "moissons", la quête de "trophées" ? La suite du volume arrive à point nommé, tout d'abord parce qu'elle offre un petit entre-deux très intéressant avant d'enchaîner sur une nouvelle mission pas comme les précédentes.
Deathko est incontrôlable, elle choisit toujours la voie du pire exprès pour ne pas suivre les conseils qu'on (Lee en tête) lui donne, elle n'a besoin de personne, elle provoque les autres en les fixant sans sourciller ou en mâchant toujours son chewing-gum, elle aime raconter ses petites histoires improbables et sinistres sur elle-même où elle annonce parfois sa mort... Mais bon dieu, quand il n'y a personne à tuer, Deathko déprime plus que jamais. Et tandis qu'elle est de plus en plus au bout du rouleau avant de pouvoir se lancer dans une nouvelle mission, on découvre de nouveaux recoins du manoir, on finit même par en apprendre un peu sur la chauve-souris Taram et son met favori (miam), on voit bien à quel point Lee la déteste et reste fidèle à Madame M... mais, surtout, on cerne enfin davantage ladite M que l'on voit enfin plus explicitement. On découvre le lien étrange qui la lie à Deathko, sur les bases d'un souhait un brin macabre, et cela s'annonce potentiellement passionnant pour la suite.
La nouvelle mission entamée dans la deuxième moitié du tome, elle, se présente d'une façon bien différente, car cette fois-ci Kaneko prend le parti de présenter la cible, son passé, ses motivations, et les sombres individus s'activant autour de lui. Dans un cadre un brin différent des missions précédentes, Kaneko surfe sur de bonnes vieilles recettes : un docteur en chimie, une arme chimique révolutionnaire, un mystérieux informateur, une organisation activiste, un pdg au bras trèèès long et autour duquel on flaire autant de grandes ambitions qu'un parfum de mort... La prochaine moisson de Deathko pourrait avoir des conséquences plus fortes, car l'oeuvre, presque étonnamment, se pare d'une atmosphère un peu plus catastrophique, comme si un cataclysme se préparait... En attendant, Deathko, elle, s'amuse bien en jouant déjà avec la cible et l'entourage.

Que dire d'autre ? Sans doute encore un petit mot sur les visuels et le travail de composition de Kaneko. Les designs sont toujours variés et délicieux, que ce soit pour les personnages (avec certains physique peu ragoûtants), la moto, le manoir, ou les jouets mortels. Et certaines vues presque iconiques fascinent : voir au loin, de dos, Deathko face à la lune, perchée sur la pointe d'une tour du manoir, surmontée de son parapluie, lui-même surmonté de la chauve-souris, elle-même surmontée d'un petit nuage pluvieux, ça fait son effet.

Voila donc, une nouvelle fois, un tome réussi pour la série de Kaneko. Deathko tue, Deathko s'amuse, Deathko déprime, Deathko nous régale, pendant que se profilent doucement des enjeux peut-être plus grands.


Critique 1

Les Reaper se mettent en route afin de récupérer la tête du nouveau trophée, mais celui-ci, particulièrement prévoyant, les met en déroute et même Deathco est capturée par son adversaire… Mais est-ce que cela suffit pour triompher de ce petit ange de la mort ? Ou la demoiselle a encore un tour dans son sac ?

Le début du tome n’a pas de quoi dérouter le lecteur puisqu’Atsushi Kaneko démarre en trombe en concluant son arc de manière efficace, sombrant dans cette ambiance aussi folle que morbide montrant une Deathko mise à mal, inédit pour la série. Cette folie sanguinolente fait donc toujours mouche, sans compter que ce second degré propre à la série est toujours de mise lorsqu’il s’agit de ridiculiser les autres Reaper tandis que notre héroïne (ou antihéroïne) redouble d’ingéniosité pour se sortir des pires situations possible.

Mais est-ce suffisant pour nous combler de plaisir ? Car à ce rythme, la série était partie pour faire du surplace tant elle avait encore beaucoup à exploiter… C’est alors que de nombreuses pistes, disséminées dans ce volume, sont là pour élargir les horizons du récit et insister sur l’un de ses plus grands mystères, à savoir le lien qui lie Deathko à l’étrange Madame M. L’information semble peut-être même assez basique, mais entre en adéquation totale avec cet univers étrange, sans compter que la nature de la dame est rendue explicite et créer un certain décalage bienvenu avec le personnage. On se rassure alors de voir que la série insiste sur ce contexte tant on souhaite en savoir davantage sur l’univers de Deathco.

Puis, une grande partie du volume se consacre à un nouvel arc narratif qui paraît banal sur sa forme en premier lieu. Un nouveau trophée, une Deathko qui entre rapidement en scène pour le récupérer… Tout aurait pu se révéler très banal à condition qu’Atsushi Kaneko n’ait pas de la suite dans les idées. Ce dernier chamboule quelque peu son opus en insistant beaucoup plus sur le récit qui entoure le « trophée » plus qu’à la chasse du protagoniste, tout ceci dans le but d’instaurer un climat inédit dans l’œuvre et créer une impression de danger et de catastrophe qu’on n’aurait jamais attribuée à la présente série. Après lecture, il n’est pas anormal de douter de la direction de l’œuvre, mais cela renforce finalement notre curiosité, tout en mêlant à l’atmosphère joyeusement morbide une ambiance catastrophique pouvant aboutir à un rendu efficace. Tout se jouera alors sur le prochain volume… est-ce que le mangaka nous prépare un quatrième tome plus grandiloquent ?

Toujours aussi glauque et farfelue, Deathco continue de se montrer efficace, enchaînant les massacres de cette surdouée du meurtre à des développements de l’univers bienvenu et l’instauration d’un arc bien différent des précédents. Les concepts et les ambiances de l’œuvre d’Atsushi Kaneko continuent donc de faire mouche, et reste même très curieux des éléments qui sont proposés dans le volume suivant. En tout cas, Deathco reste une lecture assez unique pour le moment, on adhère toujours.

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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