Dear Myself

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 05 January 2009


« Dear Myself, tu es … Moi »


On connaît déjà Eiki Eiki avec les futures sorties d’Asuka, et bien sûr Color, manga incontournable de la collection Boy’s Love de l’édition. Dear Myself ne nous surprend donc pas par son graphisme connu et les sentiments bien familiers des personnages … D’ailleurs, peut être que cette série ne nous surprend pas assez … La perte de mémoire est un thème déjà maintes et maintes fois abordée, et ce même au sein de la collection yaoi / shonen aï, de l’édition. C’est avec un peu d’appréhension, donc, que l’on ouvre ce one shot qui, on l’espère, nous surprendra.

Si l’amnésie est tant appréciée par les mangakas, notamment dans les shojo ou dérivés, c’est sans aucun doute parce que cela permet de recréer les sentiments d’un des deux protagonistes du couple. Ainsi, l’hésitation, le doute, l’inquiétude, les premiers sentiments sont au rendez vous, ainsi que la souffrance de celui qui attend de voir revenir celui / celle qu’il aime. C’est un peu ce qu’il se passe ici. Hirofumi, le personnage principal, se rend compte un beau jour qu’il a tout oublié des deux dernières années. Il se prend encore pour un collégien. Pourtant il a grandi, et entre temps il est tombé amoureux d’un garçon. Seulement, les sentiments se sont envolés avec sa mémoire, c’est du moins ce dont il est convaincu. Il lui faudra redécouvrir les larmes de celui qu’il a soit disant aimé, guidé par le journal qu’il a laissé au cas où il oublierait ses sentiments, pour les retrouver, plus forts encore. Ce qui est touchant, c’est de le voir refaire le même chemin que précédemment pour avouer son amour pour Daigo, le garçon au regard triste. C’est donc une histoire qui aurait pu être intéressante si elle n’avait pas ce goût de déjà vu, cette impression familière qui s’impose au fil des pages …

Ce qui sauve un peu la trame classique de l’histoire, c’est la focalisation de l’auteur sur l’hôpital, la découverte d’avoir perdu la mémoire (ou retrouvé, selon, puisqu’Hirofumi retrouve la mémoire d’avant son accident, donc de la date précédant les deux dernières années) et les problèmes que cela peut poser … Les premières pages sont donc intéressantes, car réalistes, intérêt qui se perd peu à peu par la suite. Sinon, on s’attend à voir le petit blond fragile, et le protecteur en un Daigo grand et apparemment solide, mais Eiki Eiki nous surprend en inversant les préjugés des rôles, ce qui ne fait pas de mal de temps à autres … La relation Hirofumi / Daigo est touchante, mais, si on apprend à connaître et à apprécier le premier, Daigo reste un mystère malgré le voile levé sur son passé … Ce personnage demeure difficile à appréhender, et on se demande si leur relation basée uniquement sur le regard triste du jeune homme brun est bien sérieuse … Malgré l’évolution de la pensée d’Hiro à propos de Daigo, la conclusion de leur histoire est donc un peu rapide, à mon avis. (Avis revu après relecture, d’ailleurs, étant donné que j’avais attribué une bien meilleure note à ce manga à mon arrivée sur le site en tant que simple lectrice).

Le graphisme est, comme on peut s’y attendre, fidèle au style de la mangaka. Pas de grande satisfaction à ce niveau, donc, puisque les visages, même si les expressions y sont quelques fois (pas toujours !) bien retranscrites, restent peu travaillés, et parfois un peu légers, notamment au niveau des cheveux … Les arrières plans sont souvent inexistants, à part quelques effets de couleurs lors de scènes entre les deux amoureux, et les contrastes peu valorisants. On s’attendait à un peu mieux à ce niveau, et les dessins peu engageants se révèlent parfois la cause du manque de passion dans le volume … Cependant, il faut savoir que Dear Myself est le premier manga de l’auteur, ce qui peut expliquer l’aspect brouillon de certains passages. Autre petit reproche : A part quelques sous entendus alléchants, aucune scène n’est vraiment représentée. Même si Color n’était pas explicite, les fans du genre pouvaient soupirer d’extase avec quelques vues aguicheuses. Mais rien à faire, Dear Myself reste très politiquement correct, peut être un peu trop au goût des lectrices …

En résumé, Dear Myself est un manga qui ne sera jamais classé comme incontournable, tout en restant dans les valeurs sûres de la collection Boy’s Love, mais qui ne ravira sans doute que les fans. Néanmoins, le début du manga, la détresse de Daigo et la toute fin (l’épilogue) restent amusants à lire, par leur humour et le malaise d’Hirofumi vis-à-vis de sa situation …


NiDNiM


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

15 20
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