Classroom for heroes Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 14 Février 2019

Chronique 2
  
Fort de succès plus ou moins récents comme The Sacred Blacksmith, The Rising of the Shield Hero ou Mushoku Tensei, le catalogue des éditions Doki-Doki a déjà souvent accueilli des oeuvres typées fantasy par le passé, et en ce début d'année 2019 l'éditeur compte bien poursuivre dans cette voie en éditant un nouveau représentant du genre.
Si le nom de Classroom for Heroes vous dit déjà quelque chose, ce ne serait pas étonnant: début 2017 les éditions Delcourt/Tonkam avaient déjà édité Empress of Flame, un court spin-off d'un seul volume qui, sans l'oeuvre principale, ne montrait quasiment aucun intérêt. Mais avant ce spin-off ou même le manga dont il est ici question, Eiyuu Kyoushitsu (son nom en japonais) est à l'origine une série de romans lancée par l'écrivain Shin Araki en 2015 aux éditions Shûeisha. A l'heure actuelle, ce light novel est toujours en cours et compte 10 volumes au Japon, tandis qu'il reste reste inédit en France.
C'est en 2015, au sein du magazine Shônen Gangan des éditions Square Enix, qu'est lancée cette adaptation manga dessinée par Koara Kishida, un mangaka dont c'est à ce jour l'unique série.

Classroom for Heroes nous plonge aux côtés de Blade, un adolescent qui, dans un monde médiéval fantastique, vient tout juste d'intégrer la fameuse académie Rosewood, une école ayant pour rôle de former les héros qui protégeront le monde de demain, et où seuls les adolescents les plus brillants sont les bienvenus. D'emblée, notre personnage principal montre un comportement pour le moins étonnant, en saluant tout le monde avec entrain, et en affirmant qu'il veut devenir leur ami, si bien qu'il passe très vite pour un original et irrite d'emblée Earnest Flaming, l'intouchable "impératrice" de l'académie, descendante d'une famille très illustre et meilleure élève de l'établissement. Earnest pense d'abord que ce jeune garçon a priori abruti a été admis par hasard, mais elle va vite se rendre compte qu'il renferme en lui une puissance invraisemblable... En effet, Blade a un petit secret: ayant hérité du pouvoir des braves dès l'âge de trois ans, il est récemment entré dans l'Histoire en terrassant le seigneur des démons, mais suite à l'affrontement il semble avoir perdu sa force exceptionnelle... Ce qui, finalement, l'arrange ! Car Blade, lui, n'a jamais demandé à avoir cette surpuissance, et tout ce qu'il souhaite désormais est donc de découvrir ce qu'est une vie on ne peut plus normale, de profiter des joies de la vie scolaire, et de se faire des amis... Mais pas facile, quand on montre d'emblée une puissance colossale !

Les lecteurs attentifs remarqueront d'emblée une petite incohérence dans le pitch, ou alors cela veut dire que le mangaka n'explique pas très clairement les choses au début : on nous dit que Blade a perdu sa force exceptionnelle suite à son combat contre le seigneur des démons, et pourtant il démontre toujours une réelle surpuissance à l'académie. Mais en dehors de ça, ce pitch permet d'installer dans l'oeuvre une petite pointe d'originalité qui lui offre une certaine saveur.

En effet, ici, du moins pour le moment, contrairement a bon nombre d'oeuvres du genre il n'est pas question d'une lutte d'un héros contre une force maléfique, puisque ce combat au sommet a déjà eu lieu avant le début de la série ! Blade a déjà vaincu le seigneur des démons, et Shin Araki a donc choisi de s'intéresser à sa nouvelle vie après ce combat. Une vie où il n'aspire qu'à un quotidien normal, mais ses projets risquent bien d'être vite un peu compromis, que ce soit par le roi dirigeant l'académie et qui veut avant tout qu'il retrouve ses capacités, ou toutes les difficultés que notre héros montre quand il lui faut rabaisser sa force au même niveau que les autres qui sont beaucoup moins puissants que lui. Il en résulte des situations régulièrement assez amusantes, ne serait-ce que parce que le romancier prend le contrepied de la grande majorité des récits du genre, vu qu'ici on n'a pas un personnage principal cherchant à devenir plus fort, mais bien un héros déjà très fort dès le départ et cherchant à "s'affaiblir" pour vivre normalement. Les auteurs exploitent plutôt bien cette idée pour distiller différents petits gags. Mais alors qu'on aurait pu craindre que la série se limite à ça, heureusement différents petits moments de flashback très brefs sont déjà là afin de présenter le passé de Blade, le combat qu'il a dû mener dès son plus jeune âge, la manière dont il a vécu sa surpuissance... Des moments douloureux qui viennent bien expliquer son comportement souvent décalé, où il ne pense qu'à vivre normalement, cherche à se faire des amis en montrant peu de tact car il n'a jamais été habitué à ce type de relations humaines... Bref, ça ne manque pas d'idée dans ce début de série, qui prend plus la voie de la tranche de vie légère que du récit de fantasy habituel.

Néanmoins, une pointe de déception pourrait venir de la galerie de personnages autour de Blade: pour l'instant, on n'a que d'énorme clichés sur pattes, dont les caractères sont tous totalement vus et revus, entre la meilleure élève de l'école d'abord hautaine mais qui va vite s'attendrir (la tsundere de base, quoi), la fille hyper neutre qui se contente de suivre les ordres, la loli-dragon de service... Une galerie pour l'instant très basique, d'autant plus que pour l'instant le récit les aborde de façon très linéaire, puisque Blade est amené àf aire leur connaissance approfondie à tour de rôle en leur venant en aide. Malgré tout, chacune de ces demoiselles a droit rapidement à un petit background assez réussi bien que là aussi très classique, ce qui permet vite et bien de comprendre pourquoi elles sont comme elles sont, entre toutes les attentes pesant sur Earnest en tant que fille d'une illustre famille, son lien avec son épée, la nature particulière de Sophie, les conditions de sa naissance expliquant pourquoi elle se contente de suivre les ordres sans afficher de sentiments... Et surtout, le grand classicisme de ces personnages secondaires a au moins le mérite de renforce les originalités résidant en Blade.

Tout compte fait, c'est surtout côté visuels que le bât blesse. Ce n'est pas laid, le mangaka arrive même assez souvent à offrir de bonnes bouilles amusantes et un peu SD à certains de ses personnages (Sophie et Cuchulainn en tête), et il offre quelques décors assez soignés. Mais malheureusement, à part ça, on sent qu'il s'agit là de son tout premier manga: le découpage est on ne peut plus basique, si on leur enlève leur coiffure et leurs mensurations les personnages restent très lisses, ces derniers ne sont pas spécialement bien intégrés dans les décors... Et bien sûr, le mangaka remplit le cahier des charges concernant les petites pointes de fan-service, tantôt lourdes tantôt mieux intégrées, mais rarement encombrante et même parfois assez rigolotes. En somme, globalement ça fait plutôt le job malgré tout, mais ça reste un peu austère. Il n'y a donc plus qu'à espérer que le dessinateur accumule vite de l'expérience sur la série afin de progresser.

Le mauvais souvenir du spin-off Empress of Flame ne faisait pas forcément envie, tout comme un feuilletage rapide laissant envisager quelque chose d'assez vide et basique, mais au final il ne faut jamais se fier à ses premières impressions: malgré énormément d'éléments déjà vus et revus et abordés dans un schéma très classique, ce premier volume de Classroom for Heroes montre aussi des choses très plaisantes, à commencer par les originalités de son héros et son ambiance tranche de vie assez amusante et légère. L'oeuvre peut facilement mériter le coup d'oeil, on se demande juste comment elle saura se renouveler sur la longueur.

Concernant l'édition, Doki-Doki livre une bonne copie. On a droit à une première page en couleur, à un papier alliant épaisseur et souplesse, à une bonne qualité d'impression, à des choix de police soignés, et à une traduction assez fluide de la part de David Gondelaud.
  
  
Chronique 1
  
Classroom for Heroes, ça vous dit quelque chose ? Peut être pas encore mais ça ne serait tarder ! Une nouveauté fantastique tout droit sortie de chez Doki-Doki comportant trois papas, qui débarque pour nous emmener dans un monde où humains et êtres ayant des pouvoirs surnaturels se côtoient. Bien connu des lecteurs Japonais, Classroom for Heroes rencontre un fort succès avec tout d’abord sa forme romans écrite par Shin Araki et maintenant cette adaptation manga. Un premier spin-off, Empress of flame, est sorti aux éditions Delcourt/Tonkam. Voyons voir ce que Doki Doki nous cache avec ce premier tome sur cinq toujours en cours au Japon.

Blade, un jeune homme aux cheveux de couleurs noire et blanche, a hérité des pouvoirs des braves à l’âge de 3 ans. Après avoir terrassé le Seigneur des Démons, il est dépossédé de ses facultés et souhaite mener une vie normale. Jouer les héros, être sur les bouches de chaque personne ou se sentir obligé de vaincre les ennemis, stop, il veut tout arrêter et mener une vie ou il se repose, passe du bon temps et il compte vouloir se faire des amis. Le roi l’envoie donc dans une académie d’élite qui forme les héros de demain. Mais bien qu’il soit entourer des meilleurs élèves, ses pouvoirs à lui restent mille fois plus puissants que les autres. Une chose qui va être difficile à cacher, en plus que de petites histoires mystérieuses poursuivent deux élèves qu’il a rencontré… Va-t-il vraiment vouloir d’une vie normale ou alors décidera-t-il de répandre le bien ?

Nous avons ici, un début agité avec la venue du jeune garçon qui s’intéresse à tous les élèves. Il tient absolument à se faire des amis et va dire son prénom à chaque personne rencontrée soit dans le couloir, dans les salles de cours, sur le terrain d’entraînement… Bref, dès qu’il a l’occasion de parler à quelqu’un il le fait. Ne connaissant pas encore l’esprit de l’académie, il s’adresse très familièrement à Earnest, la meilleure élève qui est d’une part très prétentieuse et à qui personne n’ose se frotter, et d’autre part qui est une descendante de la famille Flaming. Une famille qui de génération en génération se transmet la protection de la famille royale. Pour couronner le tout, Earnest est en possession d’une mystérieuse épée qui a le don d’attirer la curiosité de Blade...

Qu'on se le dise, ce premier opus ne nous laissera pas le temps de souffler ! Après une introduction rapide mettant parfaitement bien en place les différentes composantes de l'univers de la série, on entre directement dans le vif du sujet et l'on se retrouve aspiré tout comme Blade dans une succession d'évènements sur lesquels il n'a que très peu de renseignements pour l’instant mais face auxquels il devra malgré tout lutter de toutes ses forces s'il veut que ses camarades se sentent bien. Il faut reconnaître que voir une histoire démarrer avec autant d'intensité, ça fait drôlement plaisir ! D'autant plus que derrière cela on ne se retrouve pas face à une coquille vide mais que résonne un lien qui s’appelle l’amitié. Malgré le fait que Blade veuille stopper sa vie avec ses pouvoirs, ils lui sont bien utiles quand il s’agit d’aider ses amis. Une nouvelle valeur est enfin entrée en lui et il copte bien garder ça et même agrandir son panel d’amitié.
Chose faite avec l’arrivée de Cûchulainn, un dragon qui a la faculté de se transformer en humain et qui a l’apparence d’une petite fille de 10 ans. Une fillette qui le prend comme son père et qui lui colle aux basques. Le voilà père, ami, protecteur, conseiller… Une aventure qui ne cesse d’évoluer pour son bien personnel et de son entourage !

Si le thème du fantastique est habituellement très plaisant, il est impératif que la chose soit bien maîtrisée et que l'on ne soit pas bombardé d'informations servant à justifier tel ou tel fait et venant complètement entraver le bon déroulement du récit. Ici, il n'en est rien. Les différents actionnaires de cette œuvre agissent selon leur envie de nous révéler les secrets, mais le trio ne se sent pas pour autant obligé de nous expliquer comment ça est-il arrivé, comment Blade était avant... Est-ce un mal de rester dans un flou relatif à ce niveau là ? Pas le moins du monde. Préférant se concentrer sur les prochaines révélations à venir. Car des révélations, il y en aura déjà à la pelle. Tout comme les questions que Blade se pose face à Sophie, une fille qui cache en elle des pouvoirs presque semblables aux siens.

D’ailleurs, puisque l’on parle des différents protagonistes, il faut faire bien attention à enregistrer le prénom avec la tête de la personne car sinon, nous sommes vite perdus avec tous les personnages mis en scène. Une diversité de caractères, de pouvoirs et d’apparences différents qui donne de la fraîcheur à l’œuvre ! Les personnages féminins sont davantage mis à l’avant à l’insu du genre masculin, chose qui est propre aux manga de ce style. Des formes féminines accentuées avec des scènes osées ; dans cette histoire, un style faisant penser à Mushoku Tensei résonne à faible dose, néanmoins l’idée de visualiser cette autre œuvre est présente.

Évidemment, on pourra reprocher à la série un certain manque de crédibilité en voyant Blade résoudre relativement facilement tous les péripéties auxquelles il fait face, ainsi que certaines scènes légèrement surréalistes. Mais il serait vraiment regrettable de s'arrêter sur ces détails car la série est définitivement bourrée de qualités totalement indéniables.

Sur le plan graphique, Koara Kishida et Haruyuki Morisawa respectivement dessinateur et charater designer, ne se laissent pas aller ! Les décors sont impressionnants, les dégradés de tons sont toujours présents et les personnages ont chacun leurs propres détails. Les finissions sont correctes et les expressions de visage parfois abusées vont en parfaite équation avec le style. Un rendu visuel qui suit sont cours de pages en pages.
Doki Doki nous propose une couverture sympathique qui visuellement donne l’envie de s’intéresser de plus près à l’histoire et qui est agréable au toucher. Une première page en couleur et une qualité d’impression complètent le tout. C’est un sans faute !

Nous l'aurons probablement compris, Classroom of Heroes commence très fort. Il est truffé de qualité et repose sur un long travail d’un trio, il est inébranlablement à la hauteur de nos espérances. Si la suite est du même genre, on aura là une petite perle dans cet univers qui pourtant semble vu et revu mais qui dans ce cas là, nous entraîne totalement !
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koalam

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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