Ces jours d’allégresse Vol.1 - Actualité manga

Ces jours d’allégresse Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 23 May 2019

Après le western de Billy the Kid 21 et le surnaturel inquiétant de Baron, les éditions Black Box continuent de nous faire découvrir en France la diversité de l'auteur Noboru Rokuda en sortant en ce mois de mai Ces jours d'allégresse, de son nom original Yorokobi no Hibi, une série en 2 volumes que le mangaka a dessinée en 1997, donc entre Baron et Billy the Kid 21. Cette fois-ci, Rokuda nous plonge dans un récit où, sur fond de problèmes sociaux, un père indigne quarantenaire devra se battre pour retrouver la trace de sa fille qu'il a trop délaissée...

"Toi et moi, nous sommes père et fille par correspondance."

Tout commence par quelques lettres, celles d'une fille envoyée à son père. A cinq ans, à dix ans, à la fin du collège... Les années défilent, pendant que cette fille continue d'adresse à ce père absent trois lettres par semaine, en ayant des réponses beaucoup plus éparses. En lisant ces quelques lettres, on comprend d'emblée qu'Aya, puisque c'est son nom, a souffert de l'absence quasiment permanente de son père, que ce dernier a divorcé, et qu'elle lui en veut. A présent, elle est au lycée. Son père Kôtarô Himuro, reporter-photographe, rentre enfin, pour seulement quelques jours, de son long voyage en Afrique, où il restait depuis 8 années après avoir fui le Japon qui ne lui correspondait pas. C'est à l'occasion de ce retour que l'adolescente décide alors de disparaître sans donner de nouvelles, ni à ce père indigne, ni à sa mère Eriko avec qui elle était pourtant apparemment proche. Seules pistes: un ongle, et des photographies qui semblent avoir été envoyées par Aya elle-même et où elle apparaît totalement métamorphosée, avec cheveux teints, piercings, tatouage, allure frivole et rebelle... Eriko en est persuadée: tout ça n'est qu'une blague, sa fille chérie ne peut avoir sombré ainsi, elle l'aurait remarqué. Mais les indices semblant laissés par la jeune fille sont de plus en plus troublants, voire inquiétants... Qu'attend-elle exactement de son père ? Est-ce seulement elle qui lui envoie d'étranges messages ? Jusqu'où ira Himuro pour essayer de retrouver sa fille ?

Ces jours d'allégresse se présente comme un récit à la fois assez humain et dur.
Humain, car à travers Aya, ses parents, et d'autres personnages que Kôtarô croise, Noboru Rokuda aborde certaines thématiques assez douloureuses et délicates autour des relations parents/enfants. On le ressent bien à travers ce père qui comprend enfin ses erreurs, cette fille qui lui en veut profondément de n'avoir jamais été là pour elle, de n'avoir jamais été présent pour la protéger alors qu'il lui en avait fait la promesse, si bien qu'elle a mal tourné... Les relations familiales compliqués ne s'arrêtent pas à ce duo: on les voit aussi via Tadokoro, salaryman ne sachant pas bien agir face à son fils qui grandit, ou encore à travers Hiro, racaille dont les liens familiaux semblent chaotiques.
Dur, car l'auteur profite souvent du contexte de son histoire pour dépeindre aussi, même brièvement ou uniquement en surface, pas mal de problèmes de société parfois violents: "chasses au vieux" effectuées par des jeunes loubards, attouchements dans les transports en commun, adolescentes se faisant de l'argent facile via des méthodes proche de la prostitution...

"J'aurais tant voulu te parler... de cette sensation qui me hantait lorsque je vivais encore au Japon..."

Le principal reproche que l'on pourra faire est que tout ceci s'entremêle de façon parfois trop succincte, mais une chose est sûre: Rokuda maîtrise le déroulement de son histoire, offre une narration très claire que son style graphique old school et expressif accompagne très bien, et sait apporter quelques rebondissements supplémentaires assez prometteurs, notamment autour du passé de boxeur de Kôtarô, et des agissements sordides d'un tueur en série. Sur ce dernier point, le climax de fin de tome est plutôt prévisible mais fait son petit effet et donne envie de lire le deuxième et dernier volume dans la foulée !

On attendra donc de lire ce deuxième opus pour vraiment juger l'oeuvre, mais en attendant Ces jours d'allégresse s'offre une première moitié certes parfois un peu rapide, mais immersive, prenante et surfant un peu sur de durs sujets de société toujours actuels malgré les 22 ans qu'a désormais la série.

Du côté de l'édition, Black Box fournit son grand format habituel sans jaquette et avec rabats, ainsi qu'un papier bien blanc, souple et sans transparence. Concernant l'impression, on regrettera de temps à autre quelques problèmes de moirage, mais à part ça c'est convaincant, avec une encre bien absorbée par le papier et qui ne bave aucunement. Au travail de traduction/adaptation, Alexandre Goy et Corentin Le Corre fournissent un travail limpide et sans couacs hormis 2/3 coquilles assez discrètes qui sont passées entre les mailles de la relecture.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.75 20
Note de la rédaction






MN Actus
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