Cagaster Vol.1 - Actualité manga

Cagaster Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 12 August 2014

Chronique 1 : (15/20)

En cet été 2014, les éditions Glénat se la jouent dénicheurs de jeunes talents en nous amenant sur un plateau Cagaster, série en six volumes qui fut publiée au Japon de façon indépendante sur son site internet par son auteure, Kachou Hashimoto. Bénéficiant d'une jolie publicité avec la venue de la mangaka à Japan Expo, la série devrait tout avoir pour faire les belles heures de Glénat... En tout cas, c'est l'impression qui ressort après la lecture d'un premier volume très efficace !

A la fin du 21ème siècle, alors que l'humanité périclitait déjà en voyant de nombreuses régions du monde manquer d'eau, un autre malheur s'est soudain abattu : l'arrivée d'une étrange maladie, transformant certains humains en insectes géants. Au départ, la situation était terrifiante, mais pas forcément trop gênante. Mais très vite, les humains devenus insectes, nommés Cagasters, ont pu se reproduire entre eux, fonder de véritables colonies dans des lieux où la civilisation humaine a totalement laissé place à de dangereuses cages à insecte... Et pour survivre, cette nouvelle espèce surpuissante se nourrit d'humain, réduisant encore ce qu'il reste de l'humanité. Suite à cette nouvelle forme de danger, les humains se sont réunis dans diverses cités, divers secteurs, là où il est encore possible de vivre, et doivent désormais prendre garde à ne pas se retrouver face aux Cagasters. C'est dans ce cadre que sont nés divers moyens d'éliminer la menace insectoïde : coalitions, déploiements militaires avec blindés... et mercenaires exterminateurs, souvent chargés des pires besognes. Kidow, 17 ans, l'allure ténébreuse est de ceux-là. Jour après jour, il vit de l'extermination des Cagasters et des humains récemment transformés, quand il ne se charge pas de missions de mercenaires. C'est lors de l'une de ces missions qu'il se retrouve avec une jeune fille sous les bras : Ilie, qui vient tout juste de perdre son père mortellement blessé par un insecte. Avant de succomber à ses blessures, celui-ci a confié une mission à l'exterminateur : ramener la fillette auprès de Tania, sa mère...

Dans un premier tome posant les bases de l'univers, Kachou Hashimoto fait rudement bien les choses. Si le contexte géographique autour des différents secteurs et des zones n'est pas forcément très clair, le reste se met très bien en place autour de la menace des Cagasters et, surtout, des différents personnages, d'emblée hauts en couleur. C'est avec plaisir que l'on découvre la vie animée qui occupe Kidow et qui commence pour Ilie. Ramenée par le bad boy ténébreux à la taverne du barman travesti Mario, la jeune fille doit se faire à son nouveau mode de vie, oublier le drame qu'elle vient de vivre pour plutôt donner tout ce qu'elle a dans le travail de serveuse qu'on vient de lui offrir. Un peu à la manière d'une Cheeta dans Laputa qui accapare le coeur de tous les pirates, la fillette, plutôt pure, candide et appliquée dans sa tâche, émeut jusqu'aux têtes les plus rustres du bar... mais n'imaginez pas qu'elle n'est que douceur féminine, car elle part très régulièrement au quart de tour dès qu'on la taquine ! Mélange de fragilité et de caractère, elle séduit sans mal son entourage et les lecteurs... bien que Kidow, lui, préfère rester éloigné de tout ça. Ténébreux, froid, assez distant, notre héros laisse vite deviner en lui des blessures profondes, autour d'un passé dramatique que l'on a hâte de découvrir, et d'une psychologie hautement conditionnée par son travail : être exterminateur signifie tuer des Cagasters, c'est à dire, régulièrement, des êtres qui furent autrefois humains, voire qui ne sont parfois même pas encore transformés, ont encore une part d'humanité, mais doivent être éliminés au plus vite avant que le pire n'arrive, parfois même sous le regard de leur famille, à l'image de vieux Murat obsédé par le drame de la perte de son fils. Dans un contexte si dur, vieux vaut mettre de côté tout sentiment, toute émotion humaine quand on est exterminateur, et c'est la voie qu'a choisi Kidow... mais peut-être que la jeune Ilie, avec laquelle il cherche à garder ses distances, le changera , seule la suite de la série nous le dira...

En tout cas, qu'on se le dise, c'est bel et bien un univers sans pitié que dépeint la mangaka. Exterminations d'humains en même temps que les Cagasters, inégalités sociales avec des cités pauvres et des bidonvilles où survivent des orphelins livrés à eux-mêmes, grandes étendues arides où toute vie est devenue impossible, danger pouvant venir autant des insectes que d'humains mal intentionnés et profitant de la chute de la civilisation... On nage en plein univers post-apocalyptique, avec tout ce que ça implique. Pour autant, pas question pour l'auteure de tomber dans un récit trop sombre, celui-ci étant constamment animé par des notes d'humour surtout amenées par le caractère d'Ilie, et par la vivacité qui se dégage des personnages déjà assez nombreux. Des éléments comme le bar de Mario dégagent ême une certaine chaleur humaine dans ce contexte pourtant loin d'être joyeux.

Le tout est bien servi par un rendu visuel très plaisant. Travaillant sans assistant, Kachou Hashimoto n'offre pas forcément un rendu ultra détaillé sur les petits éléments de fond, mais son trait en lui-même s'avère limpide, expressif, porté par quelques gueules, et bien servi par un sens du rythme et un découpage exemplaires. Bref, c'est sans grosse prétention, mais soigné et immersif.

Au final, Cagaster s'annonce comme une bonne petite série, et une bonne trouvaille pour les éditions Glénat. Libérée des habituelles contraintes éditoriales, Kachou Hashimoto mène sa barque comme elle en a envie, peut parfaitement aller où elle veut, a tout le loisir de poser comme il se doit son univers, et on attend désormais que les choses sérieuses se lancent, autour de la recherche Tania qui reste pour l'instant au point mort, mais aussi autour des premières menaces d'envergure qui apparaissent.


Chronique 2 : (17/20)

Si souvent l'été est une période creuse en terme de sorties mangas, il arrive qu'on ait droit à de belles surprises début Juillet, Japan Expo oblige. Et cette fois la surprise viendra de Glénat qui a réussi à dégoter une petite pépite, un shônen qui sans réellement sortir des sentiers battus, semble posséder une réelle personnalité et un univers extrêmement séduisant. Et cela on le doit sans nul doute à son auteure, Kachou Hashimoto, jeune mangaka qui publia son titre au Japon de manière indépendante, sans passer par les grosses machines éditoriales. Une liberté lui donnant une marge de manœuvre relative (qui a malheureusement des contre parties) qui se ressent à la lecture de ce premier tome !
Plongeons dans l'univers post apocalyptique de Cagaster !

L'humanité est au bord du gouffre ! Une étrange maladie s'est abattue sur la planète : le Cagaster. Ce mal incurable transforme les victimes qui en souffrent en insectes géants, baptisés également Cagasters en référence à la maladie qui leur donne vie. Dans un premier temps ce fléau a pu être contenu, mais les hommes se sont rendus compte que les créatures nés de cette maladie pouvaient se reproduire entre elles facilitant ainsi leur prolifération.
L'humanité s'est enfin décidé à réagir au niveau mondial, mais trop tard, les deux tiers de l'humanité ont été exterminés !
Dans ce nouveau monde de nouvelles règles s'imposent, l’organisation des survivants se fait en fonction des insectes qui dominent désormais la planète. Les survivants se sont regroupés dans de petites cités où la technologie est bien loin de ce qu'on a pu connaître, abandonnant des zones entières, les villes le plus souvent, aux insectes : les cages.
Pour lutter contre ce fléau, l'humanité s'organise comme elle peu. Désormais l'armée ne s'occupe plus que des insectes, mais cela ne suffit pas. C'est dans ce contexte que les exterminateurs voient le jour, des mercenaires dont la tache est d'éliminer les insectes ou de protéger certaines personnes, notamment lors de convois entre les cités humaines.
Kidow est de ceux là. Bien que n'ayant que dix sept ans il a largement démontré qu'il faisait parti des meilleurs exterminateurs.
Un jour lors d'une mission il tombe sur un père et sa fille. L'homme est sur le point de mourir mais dans son dernier souffle il demande à Kidow de ramener sa fille Ilie à sa mère. Deux personnalités que tout opposent vont devoir s'apprivoiser et apprendre à vivre ensemble.

Nous entrons donc dans un titre relativement sombre, où la vie se fait rare, un monde détruit où survie rime parfois avec égoïsme et cruauté.
L'univers que nous offre l'auteure est tout de suite attractif, et même si on a déjà vu à de multiples reprises des mondes post apocalyptiques, ici l'auteure arrive à donner une identité propre à son titre. La première référence à laquelle on pense est Psyren, justement pour ce monde dévasté empli de créatures meurtrières autrefois humaines, mais la comparaison s’arrête là.
Et alors que l'auteure présente déjà correctement son univers, au lieu de s’attarder autant qu'on aurait pu le croire sur les Cagasters, elle prend le parti de s'attarder réellement sur ses personnages, le binôme de fortune en tête, à savoir Kidow et Ilie. Alors que le premier malgré son jeune âge est déjà dur et fermé aux autres, pour mieux se protéger, la seconde de son coté, malgré un caractère fort, découvre peu à peu la difficulté de ce terrible monde, elle qui était préservée jusqu'à maintenant par des parents protecteurs.
Kidow se présente comme un héros fort que rien ne peut atteindre. On en a vu des dizaines comme lui dans d'autres titres, mais c'est sa jeunesse qui fascine d'autant plus ici. Il est immédiatement perçu comme un jeune garçon qui a été obligé de se blinder pour mieux se protéger d'un monde n'épargnant personne. Et pour mieux se protéger il est devenu un tueur sans scrupules lorsque la situation l'exige. Par exemple, un vieil homme lui en veut d'avoir tué son fils avant que ce dernier ne se transforme, et même s'il était contaminé, il était encore humain lorsque notre héros l'a tué. Une froideur et une cruauté imposées par ce monde en proie à la perdition. Cela peut paraître peu de chose, mais uniquement en quelques scènes l'auteure expose un univers qui impose à ses personnages de perdre leur innocence d'enfants pour devenir rapidement des adultes… L'enfance na pas sa place ici.
Et Ilie vit justement cette terrible transition. A peine a-t-elle le temps de faire le deuil de son père qu'elle se retrouve obligée de survivre comme elle peut. Aidée certes, mais malgré tout autonome dans un monde qui ne laisse que peu de places aux faibles.
On retrouve cette thématique de l'enfance sacrifiée avec une bande d'orphelins obligés également de survivre par eux mêmes en s'organisant en bande. Un monde dur et injuste donc.

Pour autant, la cité dans laquelle se trouvent nos héros ne se limite pas à cela. En effet on y trouve également de nombreuses personnes gentilles prenant sous leurs ailes la pauvre Ilie, en particulier le tenancier du bar de la ville, un travesti haut en couleurs. Ainsi l'auteure ne dresse pas qu'un portrait extrêmement noir de ce monde futuriste, l'espoir y demeure, l'entraide également, et c'est d'autant plus intéressant que cela contraste justement avec l'image qui nous est généralement présentée des mondes post-apocalyptique où la seule règle est la loi du plus fort. Ici les rares survivants humains tentent de se serrer les coudes autant qu'ils peuvent.
Et les cotés positifs ne s’arrêtent pas là, en effet, malgré les drames qui frappent les personnages Ilie en tête, l'auteure insuffle une bonne dose d'humour à son titre, qui n'est pas que sombre. Un savant mélange bien dosé, ce qui n'est pas chose aisé.

On a ainsi un titre riche aux multiples qualités, présentant un univers fort et séduisant. Et cerise sur le gâteau, alors qu'on pensait que les insectes seraient la principale menace, l'auteure en ajoute une autre encore plus mystérieuse car illogique. Un jolie coup de bluff.

Graphiquement, sans être un sommet du genre, le trait est agréable, plutôt simple mais efficace. Il se veut dynamique et vivant. Rappelons que l'auteure n'a pas d'assistant, un des inconvénients justement de ne pas se faire publier par un éditeur classique.

Nous avons donc là un premier tome plus que séduisant, il est totalement attractif, on accroche immédiatement et on regrette déjà que la série ne dépasse pas les six tomes.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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