Bakemonogatari Vol.3 - Actualité manga

Bakemonogatari Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 13 September 2019

Mayoi Hachikuji, petite fille d'une dizaine d'année, erre à l'infini dans le quartier, cherchant désespérément à rentrer chez elle, ou plutôt chez sa mère divorcée. Détectant une anomalie chez elle, Koyomi a entrepris de la guider jusqu'à sa destination, mais rien n'y fait, et la fillette, qui se définit elle-même comme un "escargot perdu", et perdue, encore et toujours... Comment se sortir du labyrinthe de l'escargot ? Alors que Koyomi a envoyé Hitagi Senjôgahara demander de l'aide à Meme Oshino, celle-ci, au bout du compte, risque fort de revenir avec des informations encore plus troublantes... et tragiques.

"Tu comprends ce qu'on peut ressentir, quand on est obligé de repousser tous les gens qu'on rencontre ?!"

Entamé dans le volume précédent, l'arc "MAYOIsnail", centré sur la fillette éternellement perdue, se poursuit et s'achève dans la plus franche réussite, Oh! Great étant désormais complètement imprégné de l'atmosphère et du style si uniques du light novel de NisiOisiN mais aussi de l'anime du studio Shaft.

Visuellement, tout d'abord. Ayant pris le temps de poser sa patte, le mangaka a désormais tout le loisir de montrer de nombreuses envolées graphiques. Tout en restant fidèle aux designs originaux qu'il parvient souvent à sublimer sous son trait fin et maîtrisé, il se permet des trouvailles dans les métaphores, les représentations imaginaires et les angles de vues ambitieux, que l'anime n'aurait certainement pas renié afin d'entretenir un réel rythme, alors même que dans cette oeuvre tout passe avant tout par les dialogues.

Des dialogues qui, donc, sont bien souvent au top. Chacun se fera son avis sur les réflexions et mises en scène un brin fan-service, qui sont parfois légèrement trop appuyées, néanmoins l'humour et l'excentricité qui en découlent sont souvent un régal, et tout ceci anime bien des phases de conversations essentielles, où se mêlent réparties cinglantes et bien fichues, approfondissement des relations entre les personnages, et travail sur les personnages eux-mêmes.

Ainsi, si Mayoi reste le personnage central de cette partie aux côtés de Koyomi, les auteurs n'en oublient pas pour autant Hanekawa et Senjôgahara, toutes deux ayant leur place de choix dans l'intrigue. Hanekawa au début essentiellement, puis via la vision que Koyomi en a, celle d'une fille droite et juste en toute circonstance. Quant à Senjôgahara, son caractère ne cesse d'être intéressant, son comportement et ses discussions avec Koyomi trouvent souvent leur sens même plus tard (comme le petit débat moe/tore), elle dévoile toujours une personnalité malicieuse, ou son côté hautain et mordant cache bien d'autres choses. En guise de point culminant, on peut souligner le "I love you" parfaitement mis en scène sur 6 doubles-pages. Et sa manière de considérer Koyomi en dit également beaucoup sur le caractère réel de l'adolescent, qui malgré le côté solitaire qu'il affiche semble ne pas pouvoir s'empêcher d'aller aider les êtres pris dans des "anomalies". Peut-être ce comportement est-il un héritage de sa mésaventure en tant que vampire...

Reste que le personnage central de cette partie est donc la petite Mayoi, et qu'elle est parfaitement campée. Tantôt malicieuse, mordante ou piquante, tantôt cassante, tantôt mignonne tout plein et touchante, la fillette se révélera être en réalité au coeur d'un problème chimérique encore plus complexe, surprenant et dramatique que prévu. A ce titre, le scénario est habilement mené, en laissant ici et là des petits indices intrigants qui finissent tous par prendre leur sens, notamment concernant le comportement de Hanekawa et de Senjôgahara vis-à-vis de la fillette, ou le manque d'envie des personnages de rentrer chez eux. Dans ses phases de discussions animée avec Koyomi, l'enfant montrera beaucoup de choses et enclenchera beaucoup de réflexions: l'importance des noms en tant que révélateurs de la vraie nature des choses (un point-clé de l'oeuvre), la crainte de l'isolement, la détresse familiale une nouvelle fois (Hitagi avait sa mère enrôlée dans une secte, Mayoi a vu ses parents divorcer)... Et, surtout, à travers le chemin d'une fillette ayant peur d'être détestée et rejetée par sa propre mère, on entrevoit tout un fond sur l'importance de faire des efforts pour entretenir les sentiments qui nous animent, sans quoi ils sont destinés à s'éroder. Des choses qui auront forcément aussi un impact sur Koyomi...

"Et son temps suspendu a alors été remplacé par un temps nouveau."

Ainsi ce troisième volume de Bakemonogatari se suit-il avec beaucoup d'intérêt, au gré de ses interactions délicieuses, de ses approfondissements, de ses réflexions, de ses différents moments forts et surprenants, le tout porté par un trait maîtrisé et une ambiance toujours aussi unique. Entre les mains d'Oh! Great, et jusqu'à son final assez poignant sans en faire trop, l'arc centré sur la petite Mayoi Hachikuji est globalement une réussite, et l'on ne peut qu'espérer que le mangaka saura aborder les arcs suivants avec les mêmes qualités.

Notons qu'une nouvelle fois, on a droit sur ce tome à une jaquette réversible, le verso dévoilant une illustration exclusive de Hanekawa dessinée par Oh! Great.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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