Back street girls Vol.1 - Actualité manga

Back street girls Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 24 May 2017

Au sein du clan Inugane, trois yakuzas sont sur le point de voir leur vie basculer... mais ils ne s'attendaient certainement pas à devenir des idols.


Kentarô Yamamoto, Ryô Tachibana et Kazuhiko Sugihara, après avoir commis une énorme erreur, sont au pied du mur : pour réparer leur faute, le boss du clan leur laisse plusieurs choix. Mais heureusement, comme il le dit lui-même, il n'est pas un monstre. Non non. Il leur laisse tout de même le choix entre se faire couper les jambes (donc mourir), vendre leurs organes (donc mourir), ou... devenir idols, le bonhomme s'étant découvert une passion pour ces starlettes. Un an plus tard, après un passage en Thaïlande pour changer de sexe et un entraînement intensif pour avoir l'air féminines, voici que les trois hommes sont devenus Airi, Mari et Chika, trois idols underground formant le trio Gokudolls. Au coeur d'Akihaba, comment géreront-ils.. elles... ils... et puis zut... leur nouvelle carrière ?


En ce printemps, le catalogue de Soleil Manga s'enrichit d'une nouvelle comédie perchée. En cours depuis 2015 au japon dans le Gekkan Young Magazine de Kôdansha, Back Street Girls compte déjà 7 volumes dans son pays d'origine, et est la toute première oeuvre d'une certaine Jasmine Gyuh.


Au-delà d'un pitch plutôt alléchant tant il a de quoi prometteur de l'humour bien "WTF", l'introduction de la série n'est pourtant pas particulièrement emballante : tout est posé très, très vite, en même pas dix pages, sans que l'on connaisse un minimum les principaux personnages (on n'apprendra même pas quelle erreur ils ont commise pour se retrouver dans cette situation), sans qu'ils soient vraiment présentés... En clair, Jasmine Gyuh a surtout hâte d'expédier sa mise en place pour passer aux "choses sérieuses" (façon de parler), ce qui est à double tranchant, car le côté assez basique de son entrée en matière n'immerge pas idéalement le lecteur.


Mais heureusement, une fois cette introduction passée, il y a de quoi se laisser facilement immerger par les mésaventures de ce trio, car on sent qu'au fil des courts chapitres (au total, 12 chapitres de 12 pages chacun), la mangaka a à coeur d'exploiter comme il se doit son sujet.


Cela passe notamment par la découverte par les trois malheureux gaillards du monde impitoyable des idols : au-delà de leurs concerts où ils sont les premiers étonnés de rencontrer un tel succès, ils vont devoir faire attention à leur manière de se comporter (ce qui n'est pas forcément évident quand on a été yakuza), découvrir leur manager Mandarine Kinoshita qui aura fort à faire pour leur enseigner ce qu'il faut, retrouver un cadet qui deviendra leur garde du corps, gérer sans péter un câble des fans parfois malsains ou un photographe vulgaire et un peu trop entreprenant... Gyuh joue plutôt honnêtement sur plusieurs éléments classiques de l'image que l'on se fait des idols, qu'il s'agisse d'éléments de coulisses ou de poncifs négatifs sur ce milieu impitoyable.


Et tout cela trouve surtout son sens comique dès que la mangaka y mêle le caractère de yakuzas de ses trois héros ! A ce titre, Jasmine Gyuh offre pas mal de bonnes petites idées : la difficulté des trois hommes de se comporter en jeunes filles mignonnes (par exemple, ils aiment toujours autant l'alcool ou les jeux), le parallèle qu'ils font parfois entre leur parcours de yakuza et celui de jeunes starlettes (notamment le parallèle entre leur manager et le jeune boss, numéro 2 du clan qui les a tant conseillés avant d'aller en prison)... Pourtant, celui qui leur vole plus d'une fois la vedette n'est autre que leur boss, qui, tout yakuza monstrueux et tyrannique soit-il, voue une telle passion pour les idols qu'il en a des visions très très clichées (une idol, ça doit se coucher à 19h et parler à ses peluches avant de s'endormir, tout le monde sait ça !). Le bonhomme va me^me jusqu'à se prendre pour un véritable manager-auteur-compositeur, concevant pour ses "filles" des chansons aux paroles... originales, à mi-chemin entre guimauve sentimentale et impitoyable monde des yakuzas à base de doigts à couper.


Mais malheureusement, avoir des idées ne suffit pas forcément un faire un excellent manga comique, et c'est là que ce premier volume pèche un peu. Malgré toute la bonne volonté de la mangaka dans l'exploitation de son univers, on a affaire à une narration très plan-plan, qui s'emballe rarement de façon prononcée, et à un style graphique plutôt pauvre avec un découpage basique et des mimiques très répétitives chez les personnages. Malgré le soin du traducteur Patrick Alfonsi qui offre quelque chose de fluide, les dialogues manquent parfois de verve, voire sont parfois plus lourds que drôles (notamment dans le dernier chapitre, avec toutes les grossièretés du photographe). Le format court des chapitres est, lui aussi, parfois un handicap, tant il ne permet pas à l'artiste d'exploiter pleinement certains gags.


Dans tout ceci, pas vraiment d'histoire : s'il existe bien un fil rouge (le parcours de ces idols), le tout repose avant tout sur l'humour.


Sur ce premier volume, Back Street Girls se laisse lire et a de quoi provoquer plusieurs sourires, mais n'est pas forcément la comédie hilarante que l'on espérait. Le titre de Jasmine Gyuh regorge de bonnes petites idées, mais celles-ci sont rarement exploitées à fond. A tester en connaissance de cause, d'autant que comme souvent avec les oeuvres comiques, tout dépendra de votre réception à ce genre d'humour.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

12 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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