Asadora Vol.3 - Actualité manga

Asadora Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 02 October 2020

Après une nouvelle petite introduction monstrueuse en couleurs, retour à l'année 1964. Quelques années sont passées depuis le tragique et effrayant typhon de la baie d'Ise, et notre héroïne a bien grandi en devenant une adolescente toujours aussi bourrée de caractère. Côté lycée, elle est bien entourée par ses deux amies Yoneko et Miyako qui ont toutes deux leur rêve de devenir vedettes. Côté famille, elle vit désormais, avec ses trois frères/soeur rescapés Hazuki, Shinroku et Kôshichi, chez Kinuyo, qui est un peu devenue une mère de substitution et qui s'applique du mieux qu'elle peut à les éduquer et protéger. Et côté "activités extra-scolaires", la jeune fille n'a, depuis le typhon, jamais cessé de piloter sous la houlette de Kasuga, au point d'être à présent une as de l'aviation en devenir. Malgré les drames passés, ce typhon et cette apparition monstrueuse qui l'on forcément marquée à vie, la jeune fille refuse encore et toujours de croire que le reste de sa famille est mort puisqu'on n'a jamais retrouvé leur trace: sans doute sont-ils encore vivants, quelque part, et pour en être sûre il faudrait dénicher ce fameux monstre aux apparitions aussi imposantes que rares. Hélas, du fait de la constitution, ni le gouvernement ni les forces d'auto-défense ne peuvent entreprendre quoi que ce soit pour essayer de dénicher la créature. Alors quand, à quelques jours des débuts des Jeux Olympiques de Tokyo en octobre, Kasuga reçoit une demande tout à fait spéciale de la part d'un certain colonel Jissôji, peut-être est-ce l'arrivée d'une opportunité pour Asa...

Tout juste entamée dans la dernière partie du tome 2, la période adolescente de notre héroïne s'offre assez vite ici un nouvel enjeu de taille, avec la possibilité d'être appelée à tout moment pour une véritable "chasse au monstre" en avion si tant est que celui-ci aurait l'idée de se remontrer... Mais ceci n'est que préparé dans ce troisième volume, Naoki Urasawa prenant bien son temps pour ne rien précipiter et, surtout, pour continuer avant tout de croquer de l'efficace tranche de vie à une période cruciale pour le pays.

Cette période cruciale, elle réside avant tout dans l'imminence des Jeux Olympiques de Tokyo, qui commenceront dans quelques jours. Ici, l'auteur nous fait vite et bien ressentir à quel point cet événement international de paix a pu être important pour un pays ayant perdu la guerre seulement 19 ans auparavant et étant encore en train de se relever. Il convient don qu'absolument aucun incident ne survienne pendant cette grande fête du sport, et cela passe notamment par veiller discrètement à une éventuelle apparition du monstre... Mais au-delà de ça, l'auteur est également toujours aussi doué pour évoquer nombre d'autres petites choses historiques ou populaires, à l'image du lancement du Shinkansen, du rôle de la patrouille des "Blue Impulse" pendant la cérémonie d'ouverture des jeux, de la loi contre la prostitution votée quelques années auparavant, ou tout simplement de l'évocation de l'athlète Kôkichi Tsuburaya (future médaille de bronze du marathon qui finira tragiquement 4 ans plus tard) et de la poursuite de la percée des Beatles auprès des jeunes (par contre, la chanson se nomme "And I Love Her" et non "And I Love You").

Reste que l'essentiel se trouve encore ailleurs. Loin de se centrer uniquement sur notre chère Asa (quand bien me^me elle est l'héroïne et reste donc la plus en vue), Urasawa continue de croquer ici tout un portrait de vies, passant par nombre de personnages, que ceux-ci soient déjà installés ou nouveau. On pense à la progression de l'apprenti marathonien Shôta qui pense toujours autant à son amie d'enfance, aux deux copines Yone et Miyako qui risquent bientôt d'être confrontées à un cruel dilemme dans leur rêve, au dessin du petit Kôshichi, aux brimades que la fratrie d'Asa doit affronter avec caractère, à la place de l'excellente Kinuyo dans le rôle d'une "maman" fiable, attentionnée mais également sévère, intransigeante et opposée à ce qu'Asa prenne des risques... sans oublier le rôle grandissant du chercheur Keiichi Nakaido ayant pris la relève de Yodogawa, ou encore ce cher Kasuga qui est amené à faire des choix cruciaux, que ce soit vis-à-vis du monstre ou d'Asa elle-même.

La richesse des récits d'Urasawa réside aussi dans toute une palette de personnages bien campés, truculents, que l'on prend plaisir à voir évoluer eux aussi, et ce volume en est un bon exemple. Mais bien sûr, tout ceci n'est pas vain, et risque fort de gagner en intensité dans le prochain tome au vu de la toute dernière page ! En attendant de voir ça, Asadora! reste une lecture aussi imprévisible qu'addictive.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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