Asadora Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 31 January 2020

On ne présente plus Naoki Urasawa, l'auteur de mangas plus qu'appréciés comme Monster, Pluto et 20th Century Boys, dont la patte se reconnaît entre mille, et duquel on a récemment pu profiter du diptyque Mujirushi : Le signe des rêves. Dire que chaque œuvre du mangaka est fortement attendue serait un euphémisme, aussi l'annonce d'une nouvelle série en octobre 2018 avait de quoi réchauffer les cœurs.


Intitulé Asadora, ce nouveau titre est toujours en cours de parution dans le magazine Big Comic Spirits de l'éditeur Shôgakukan, le même qui a accueilli 20th Century Boys en son temps. Kana, l'un des éditeurs français emblématiques d'Urasawa, a l'honneur d'accueillir ce nouveau récit dans son catalogue, pour une parution dès la fin janvier 2019. Et à l'heure de celle-ci, deux opus sont parus au Japon, le troisième y étant prévu pour la fin du mois de février.


En 2020, Tokyo est sous les flammes. La population fuit, en panique, une monstrueuse silhouette qui se dessine derrière le feu...


Des décennies avant, en 1959 à Nagoya, un violent typhon menace le Japon, tandis qu'une demoiselle court chercher un médecin pour sa mère, sur le point d'accoucher. Fille issue d'une grande fratrie, Asa est souvent dans l'ombre de ses frères et sœurs, et sa famille ne remarque jamais sa présence. Pourtant, elle est pleine d'entrain quand il s'agit de rendre ce service, pour permettre à sa mère un accouchement en bonne et due forme. Mais tandis que la tempête se fait plus violente, Asa est kidnappée par un homme, un ancien « chevalier du ciel » aux rêves déchus. Il n'a pas mauvais fond, mais n'a pas bien agi. Une rencontre qui, au cœur du typhon, va se révéler cruciale pour les deux individus qui vont mutuellement s'entraider...


Asadora démarre de manière choc, pour tous ceux qui auraient pu expérimenter l'excellent 20th Century Boys du même auteur : une silhouette monstrueuse et menaçante au cœur de Tokyo, avant de retourner dans le passé... La démarche ne trompe pas, et une forte attente est immédiatement fixée, avec tout de même l'espère que la série ne reprendra pas exactement la même structure, dans son ensemble.


Mais le reste du volume se détache totalement de ce prologue fascinant, tout en couleur. La véritable aventure semble alors commencer, et ce sera celle d'Asa, adolescente de 12 ans vaillante, dont un typhon va faire changer le cours de son existence.


Avec ce premier opus, il est encore difficile de voir où Naoki Urasawa veut nous mener. Ce tome est celui d'une rencontre, puis d'une véritable mission sauvetage qui semble présenter l'Humanité comme notion phare de ce début de série. Car tout suinte le cœur dans ces premiers chapitres, qu'il s'agisse de la rencontre que fera Asa, où les actions qui en découleront. Naoki Urasawa apporte alors de la générosité dans la réutilisation d'une idée, celle d'une catastrophe dantesque qui frapperait le Japon, un jour.


Et clairement, Asa porte sans mal ce premier volume. La fillette est battante, débordante d'énergie et particulièrement positive. Elle ne se laisse que rarement dépasser par son émotion, et toute son énergie se révèle communicative, donnant l'envie de la suivre dans la moindre de ses actions. L'homme qui l'accompagne (et nous n'en dirons pas plus pour ne pas trop évoquer le scénario de cet opus premier), se révèle fort d'une manière différente, mais aussi touchant. Par lui, Naoki Urasawa aborde l'après-guerre, et les cicatrices qu'un tel conflit peut laisser sur un individu. Là aussi, il y a de quoi être curieux à l'idée de savoir ce que fera le mangaka de tous ces éléments.


Finalement, il y a même de quoi être surpris, arrivé à la fin de ce premier volet. L'intrigue tranche nettement de l'amorce constituée par les premières pages, si bien qu'on se demande ce que l'auteur a en tête, et comment il rattachera les wagons. Pourtant, les dernières cases viennent secouer, d'une certaine manière, nous prenant même au dépourvu. Difficile alors de ne pas réclamer la suite, tant les enjeux prennent tout à coup une allure nouvelle.


Naoki Urasawa séduit une nouvelle fois par ce début de série, aussi bien par son style toujours très marquant, que cette amorce de récit qui fixe de grandes ambitions, tout en narrant un début a priori très éloigné de sa finalité. Asadora sera un manga à juger dans son ensemble, ce qui est régulièrement le cas chez Urasawa. En attendant, ce début de série réussit son pari, à savoir donner l'envie de découvrir l'intrigue dans son ensemble, tant on veut savoir où le mangaka souhaite nous mener.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News