Alma Vol.1 - Actualité manga

Alma Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 07 April 2021

Dans un futur dystopique, le froid et la neige recouvrent le globe. Le genre humain s'est presque éteint, à quelques exceptions prêtes. Survivant de son espèce, le jeune Ray aime parcourir le pays à la recherche de ses congénères, un goût de l'aventure qui ne plait guère à son amie Trice, toujours là pour veiller sur lui. Accompagné par Lambda, son fidèle cochon d'inde, Ray ne désespère pas à atteindre son but. Pourtant, un terrible événement va le pousser à revoir sa vision du monde, mais aussi à pousser son périple au-delà. D'autres humains sont encore en vie et c'est par son voyage qu'il découvrira les raisons de leur quasi-extinction, et les dangers qui les guette.

Alma fait partie des retours en force de l'éditeur Panini, rené de ses cendres depuis le relancement de Demon Slayer. Plus important encore, l’œuvre est le premier titre original à être proposé depuis, au milieu de rééditions et réimpressions.

Le manga est celui de Shinji Mito, un mangaka à la carrière jeune qui débuta professionnellement avec Dareka no Sekai, un court titre en deux tomes lancé en 2017 chez l'éditeur Kôdansha. Le titre qui nous intéresse, Alma, a vu le jour en 2019 dans le Young Jump de la maison Shûeisha. Le manga, bien que récent, a déjà tiré sa révérence puisque son quatrième et dernier volume a été publié au Japon en septembre 2020.

Le premier tome d'Alma part d'un postulat assez simple et qui n'est pas rare dans le manga. Prenez un monde dévasté où l'humanité semble avoir disparu (à quelques exceptions près, on s'y attend forcément) et greffez lui une ambiance glaciale pour rendre le voyage du protagoniste Ray pas si dépaysant qu'il en a l'air. On le comprend très vite, Shinji Mito cherche à explorer un registre, celui du voyage sur une Terre post-apocalyptique. Le moyen est bon pour désorienter le lecteur et lui proposer une ambiance oscillant entre l'intimiste et la mélancolie. Le concept est déjà vu maintes fois, mais l'ensemble fonctionne de mieux en mieux au fil du récit, notamment parce que le mangaka semble emprunter à un artiste et pas des moindres : Tsutomi Nihei.

Car ce début d'Alma, c'est aussi un concentré d'intentions pas si éloignées de Blame. Loin de se suffire au voyage d'un héros en terre désertée et figée par le froid, les éléments mécaniques et autres entités robotisées prennent une place centrale, au point de soulever bien des mystères. La narration de Shinji Mito ne se fait aussi aussi nébuleuse que Nihei et garde une dimension plus scolaire, mais cela suffit au mangaka pour aborder un univers qui titille notre curiosité, et lancer une intrigue dont on souhaite déjà en connaître les secrets. Rien de forcément savant, mais un cocktail qui fonctionne sans mal.

Et si on veut rester dans cette optique « niheienne », l'action joue aussi un rôle en terme de divertissement, mais aussi pour marquer l'opposition entre les humains et les Gijin, ces entités mécaniques a priori responsable du déclin de la planète. De ce côté, le récit proposé est réussi, notamment parce que l'auteur a un sens du découpage qui s'associe très bien à la précision de son trait.

Mais au-delà de tous ces ingrédients, c'est sans doute le voyage qui capte le plus notre attention dans ce tome premier. La quête d'un Ray solitaire a ce quelque chose qui nous pique au vif, tandis que sa candide relation avec le petit animal qu'est Lambda apporte de la légèreté dans un monde frappé par le froid. Cette dimension du périple est sans doute l'élément qui nous porte le plus, aussi il y a de quoi être curieux vis à vis des trois futurs derniers tomes. Si Alma conserve cette dimension et sait écrire une histoire qui se tient, il n'en faudra pas plus pour aboutir à un agréable récit entre post-apocalyptique et cyberpunk.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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