Allégeance sous les cerisiers - Actualité manga

Allégeance sous les cerisiers

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 17 October 2019

Il arrive, de temps à autre, que la collection Hana des éditions Boy's Love nous fasse la bonne surprise de tenter en langue française des titres à la forte empreinte historique, on se souvient récemment du très bon Momo & Manji. Le mois dernier, l'éditeur a récidivé en proposant de découvrir Allégeance sous les cerisiers. De son nom original Okatoga no chigiri, ce récit en 4 chapitres et environ 170 pages a été publié courant 2014 dans le magazine aQtto! des éditions Julian (c'est la première fois qu'une oeuvre de ce magazine est publiée dans notre pays), et il s'agit de la première parution en France de la mangaka Fukiya Furo, une mangaka assez éclectique: elle a débuté sa carrière en 2007 avec un shônen d'humour/ecchi nommé Galaxy Angel, a publié dans l'écurie Jump de Shûeisha le one-shot Panty Trap, et poursuit surtout en parallèle une carrière dans le boy's love, essentiellement historique.

Nous voici ici plongés en plein Japon féodal, et plus précisément au 12e siècle. Le pitch est concrètement assez simple: la mangaka propose d'y suivre toute une partie de la vie de Minamoto no Yoshitsune, un samouraï ayant eu un rôle essentiel dans l'Histoire du Japon, notamment car il est considéré comme le tout premier shôgun du pays, dès lors qu'il a pu instaurer le shogunat de Kamakura. De sa jeunesse sous le nom d'Ariou auprès du vétéran Shunkan, jusqu'aux prémisses de l'ère Kamakura, Fukiya Furo couvre ainsi plusieurs années où elle souligne plusieurs étapes essentielles, avec toujours en toile de fond le long conflit contre les Taira. On retiendra notamment les apprentissages de Yoshitune auprès de moines sous le nom d'Ushiwakamaru, ou encore la part la plus importante du tome: sa rencontre et sa relation avec le shôhei (moine-guerrier) Benkei, autre figure historique importante qui mit sa force au service de Yoshitsune.

La part historique du récit est véritable, mais bien sûr la mangaka se plaît surtout à exploiter tout ceci dans les grandes lignes afin d'y distiller plutôt des éléments issus de son imagination. Ainsi s'applique-t-elle avant tout à prêter une relation loin d'être uniquement amicale entre Yoshitsune et Benkei, ou se plait-elle également à distiller des moments inventés par ses soins ou tout simplement une part plus branchée folklore/mythologie, à l'image de l'apparition importante d'un tengu dont, par ailleurs, le design est superbe.

Et il n'y a pas que ce tengu qui est superbe: visuellement, la dessinatrice offre un très joli trait, fin, riche dans les décors et les costumes pour lesquels on suppose un certain travail de documentation... Il faut aussi saluer sa grande application dans les trames et les encrages, qui sont vraiment là pour apporter plus de profondeur, de consistance et de richesse à l'ensemble. C'est, la plupart du temps, vraiment beau.

Finalement, le principal défaut du récit est qu'il va souvent vite et que, si l'on n'a pas les connaissances nécessaires à la base, il peut par moments être facile de se sentir largué. A ce titre, on aurait donc éventuellement aimé plus d'astérisque pour expliquer des éléments importants (il y en a bien quelques-unes, mais elles se limitent souvent aux dates), ou alors quelques pages bonus de contextualisation, d'explications ou d'approfondissements. Mais quoi qu'il en soit, l'oeuvre, dès qu'on est bien plongé dedans, et passionnante à suivre, et elle est proposée dans une édition tout à fait convaincante, avec un papier sans transparence et assez souple, une impression correcte, une première page en couleurs et une traduction assez claire de Spanozi.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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