Adam et Eve Vol.2 - Actualité manga

Adam et Eve Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 08 November 2017

Smell, à l'odorat surdéveloppé. Minato, qui excelle dans le toucher. Shinagawa, détenteur d'un sixième sens. Sur les sept yakuzas qui avaient fait alliance, ils ne sont plus que trois à être encore vivants, les quatre autres ayant été tués par les deux mystérieux êtres invisibles se promenant dans la pièce. Parmi ces deux entités énigmatiques que Smell tente d'analyser, ce dernier en est bientôt persuadé : la femme est exceptionnelle, et semble en rut. Il n'en faut pas plus à Minato, l'as du toucher, pour s'intéresser de plus près à elle en espérant la coincer...


Toute la première partie de de deuxième et déjà dernier volume d'Adam et Eve se poursuit dans la même veine que le tome précédent, le scénario de Hideo Yamamoto continuant alors de jouer sur un créneau fait de surnaturel, d'érotisme déplace et un peu macho via Minato, et de mise à mort délicieusement ridicule qui laisse à nouveau deviner toute la puissance de ces êtres décidément difficiles à cerner. D'un côté, Minato, en doigtant la femme, acquiert la conviction que ces êtres invisibles sont bel et bien humains. D'un autre côté, leur nature et leur force laissent penser qu'ils n'ont rien d'humain. Les choses finissent par prendre un tour plus intéressant à partir du moment où Smell, plus réfléchi, plus avisé, plus à même de s'élever au-dessus de ses compagnons, s'implique plus directement dans le conflit, à sa manière : loin de vouloir se montrer agressif, il semble respecter ce qu'il a en face de lui, semble vouloir comprendre ce que c'est... et accéder, à travers eux, à de nouvelles sensations inconnues. Il veut connaître leurs âmes, pour transcender ses propres sens, et le récit nous emmène alors aux frontières de la perception. Après cette étape plus originale, il ne reste plus à Hideo Yamamoto qu'à déballer ses révélations, dans une dernière partie de volume où on reconnaît totalement l'auteur, celui-ci retrouvant des thèmes abstraits comme ceux qu'il avait développés dans Homunculus. Il sera notamment de physique quantique, d'êtres supérieurs, d'exploitation totale du cerveau humain, et de transcendance de nos perceptions...


Le tout ne manque pas d'intérêt, mais peine cruellement à passionner. La raison ? Le schéma assez linéaire et lourd que le récit a développé. Après un premier volume un peu redondant, où l'on se contentait de voir les yakuzas se faire massacrer pendant que Smell analysait les choses pour se rapprocher de sa vérité, la première partie de ce tome 2 poursuit sur la même recette, avant que tout le fin mot de l'histoire ne soit déballé un peu en bloc dans la dernière partie. Finalement, ça se révèle assez lisse dans le traitement, lourd dans la narration, et donc peu immersif et pas vraiment passionnant dans les idées développées, qui sont pourtant intéressantes. Et le traitement inutilement violent réservé à certains personnages dans les dernières pages pourra laisser dubitatif.


Reste qu'Ikegami, côté dessins, arrive plutôt bien à assurer le spectacle dans la mise en scène des morts, dans certaines planches audacieuses et dans sa bonne exploitation du cadre. Malgré certaines inégalités au niveau des visages, il livre une copie efficace.


Adam et Eve aurait pu être un manga assez ambitieux et très intéressant dans ses idées, si tout ne semblait pas si basique, lourd et un peu rushé dans le développement, et si certains élans macho ne passaient pas si mal. Reste alors une série B qui a de quoi plaire malgré tout par certains aspects.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

11 20
Note de la rédaction






MN Actus
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