A Town where you live Vol.4 - Actualité manga

A Town where you live Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 12 Septembre 2011

Parti accompagner Yuzuki à Tokyo, Haruto a croisé la route de Rin, la soeur cadette de la jeune fille, qui avoue haïr cordialement sa frangine. Haruto comprend alors que la situation familiale de Yuzuki n'est pas au beau fixe, et qu'elle cache bien des tourments derrière sa mine sans cesse enjouée... Notre héros prend alors une décision: il part à la rencontre de Yuzuki, seule au beau milieu de la ville, pour lui demander de ne plus jamais mettre les pieds chez ses parents !

Alors qu'on ne retenait pas grand chose du troisième volume, bourré de clichés et de situations dont on avait du mal à saisir l'intérêt, les seuls éléments qui pouvaient se montrer un tant soit peu dignes d'intérêt étaient la situation familiale problématique de Yuzuki et l'apparition de l'énigmatique Rin et de son caractère en deux temps. Quelle est l'origine du malaise familial de Yuzuki ? Pourquoi Rin la déteste-t-elle autant ? Autant d'interrogations qui auraient pu entretenir un semblant d'intérêt, mais que Kouji Seo va se faire un plaisir de réduire à néant.

La révélation attendue sur le malaise familial, elle arrive très vite dans ce tome, et l'on reste plutôt atterré par ce que l'on apprend. Depuis quand une telle chose, pourtant très courante, peut-elle créer d'énormes problèmes aussi poussés ? La réponse aurait bien pu arriver par l'intermédiaire de Rin et de la raison pour laquelle elle déteste Yuzuki, mais malheureusement, de ce côté-là aussi on reste plus attristé qu'autre chose par la débilité de la raison, qui parvient même à être encore plus insipide que le reste. Tout ça pour ça ?

Comme si ça ne suffisait pas, Kouji Seo conserve son "don" pour rendre ses personnages têtes à claques et complètement incohérents. Hormis le fait que Yuzuki change d'avis comme de chemise, retournant finalement chez sa famille sans qu'on sache exactement pourquoi, on reste assez atterré par la réaction inutilement violente de Haruto face à Itsuki, le grand frère, et par ses dialogues clichés de gars croyant tout connaître des filles. Mais là où l'on atteint le pompon, c'est en assistant à la subite réconciliation de Yuzuki et Rin. Alors qu'elles se connaissent depuis une année et que Rin semblait haïr en profondeur Yuzuki (même si, rappelons-le, c'est pour une raison totalement insipide), voici que les deux jeunes filles décident d'un seul coup de communiquer quelques heures avec le plus grand naturel et de se réconcilier... Euh ?

Ainsi, en quelques dizaines de pages, le mangaka parvient à foutre en l'air les seuls points d'intérêt qui se dégageaient du troisième tome, et à l'instar de son prédécesseur, le début de ce quatrième volume fait l'effet d'un gros pétard mouillé. Pourtant, l'auteur cherche encore à entretenir un vague suspense via le personnage de Rin, dont on devine qu'elle n'a pas encore dit son dernier mot, mais les révélations totalement insipides sur son compte, accompagnées de mimiques tout à fait ridicules ("je veux faire joujou avec toi" accompagné du classique petit passage de langue sur le bout des doigts, quelle horreur) finissent de ternir l'image de la jeune fille, au sujet de laquelle on n'a plus qu'une seule envie: lui mettre une bonne paire de claques. Un peu comme à quasiment tous les autres personnages, en somme.
Mais soyons gentils et tentons malgré tout de dégager un point positif de l'ensemble: après ces rebondissements, la relation entre Haruto et Yuzuki paraît vaguement plus soudée qu'avant... Vaguement.

Lorsque nos héros reviennent dans leur village, Nanami le dit d'ailleurs elle-même: Yuzuki semble être devenue plus mâture depuis son retour. Du côté des lecteurs, on cherche en quoi, car la jeune fille nous apparaît exactement comme avant: joviale, maladroite et cruche. Mais passons.

Le retour au village s'accompagne de l'arrivée d'événements qui auraient pu s'avérer plaisant s'ils avaient été bien exploités, à l'image du barbecue ou de la fête, qui auraient pu s'imprégner d'une ambiance de campagne apaisante comme on s'attendait à en avoir au tout début de la série, mais Kouji Seo vient bien vite gâcher cela en tournant encore et toujours son récit autour des considérations puériles de nos héros. Ici, entre quelques scènes de culotte dues à la toujours aussi peu pudique et peu charismatique (alors qu'elle aurait pu l'être) Aoi et un séjour à la plage permettant quelques exhibitions basiques et réflexions pré-pubères anti-classe de Haruto ("Qu'est-ce qu'elle est bien foutue !"... ah... d'accord...), l'auteur choisit de rallonger la sauce autour des doutes amoureux de notre héros et de Nanami, via des réflexions accumulant tous les clichés du genre et rendant les deux adolescents assez insupportables, d'autant plus lorsqu'on les voit encore et toujours retourner leur veste. Ainsi, il ne faut pas plus que l'apparition de Rin au village et quelques paroles volontairement mal placées pour que Nanami décide d'annuler ses beaux projets avec Haruto lors de la fête, sans explication valable, si ce n'est qu'elle est coincée alors que le pas le plus dur a déjà été franchi par Haruto. Par ailleurs, l'arrivée de Rin crée en nous un sentiment inverse à celui que Kouji Seo voulait sans doute provoquer, puisque les agissements étranges de la jeune fille, bien décidée à mettre la pagaille entre Haruto et Nanami, irritent plus qu'autre chose tant ils sont amenés de manière bancale, et que l'on se demande pourquoi elle fait ça. Une volonté de faciliter un rapprochement entre Haruto et Yuzuki ? Une simple envie de pourrir la vie de notre héros ? Ou alors autre chose encore ? Après tout, peut-être que cette vague interrogation permettra à certains de conserver leur intérêt pour la série...

Mais c'est bel et bien la déception qui pointe de plus en plus le bout de son nez au fil des volumes. Dans ce quatrième tome, Kouji Seo passe totalement à côté de ce qu'il souhaitait apporter, en enchaînant les pétards mouillés et les situations insipides, et en annihilant toute trace de caractère affirmé chez ses personnages, qui changent sans cesse d'avis ou n'en ont tout simplement pas, tout en les rendant terriblement horripilants et têtes à claques. Ainsi, en seulement quatre volumes, la série est déjà parvenue à s'enfoncer dans les profondeurs abyssales de la nullité, et si le petit événement de fin de ce tome pourrait annoncer une évolution, on voit mal comment l'ensemble pourrait se redresser au point de devenir réellement bon.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

7 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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