The Legend of Zelda - Link's Awakening

Le test du jeu video:

Publié le Mardi, 31 March 2020

Après l'excellentissime The Legend of Zelda : Breath of the Wild qui marqua aussi bien la fin de la Wii U que le lancement de la Switch, à la fin d'hiver 2017, Nintendo était attendu au tournant quant à l'avenir de sa célèbre licence, toujours aussi acclamée. Et le futur s'est annoncé aussi curieux que brillant : Tandis qu'une suite à Breath of the Wild est annoncée, un Nintendo Direct de février 2019 lève le voile sur le prochain chapitre principal à paraître sur la Switch, à savoir un remake de Link's Awakening, un des opus initialement sortis sur GameBoy.

Car avant de parler de ce remake, petit retour sur les jeux principaux. Oui, les, car Link's Awakening est initialement le quatrième épisode de la saga, qui paraît sur GameBoy en juin 1993, puis dans une version colorisée intitulée Link's Awakening DX sur GameBoy Color, fin 1998. Depuis, cette mise à jour colorisée a été rendue disponible sur la Nintendo 3DS, en 2011. Il est donc toujours possible de faire l'un des jeux originaux avant de s'attaquer à son remake, voire après afin de profiter des différences entre les deux versions.

Le remake de The Legend of Zelda : Link's Awakening sort dans le monde le 20 septembre 2019, y compris dans une très jolie édition collector. Si Nintendo reste évidemment l'éditeur du titre, le développement est confié à Grezzo, ce qui pourrait justifier la direction artistique un poil particulière du jeu, sur laquelle nous reviendrons...

  

L'histoire : le rêve de Link

Naviguant en mer, Link échoue sur l'île de Cocolint suite à une importante tempête. Une jeune fille, Marine, vient à son secours et le ramène sans son paisible village. Mais pas le temps d'attendre : Link doit partir en expédition dans ce nouvel environnement afin de trouver les instruments qui permettront au poisson-rêve, mystérieuse entité régissant cette île, d'être réveillé.

L'intrigue de ce Zelda ne prend donc pas longtemps à être mise en place. C'est une routine au sein de la saga, mais celle-ci sert surtout de prétexte, pour le joueur, d'une grande expédition dans laquelle se mêlent exploration d'une contrée inconnue, et collecte de différents artefacts à travers des donjons truffés d'énigmes, et de plus en plus coriaces au fil de l'aventure. La recette, on la connait : des objets et armes clés seront à récupérer pour progresser tout le long de l'aventure, afin de mener à bien cette grande quête sur l'île de Cocolint.

  

La formule inchangée

Les habitués de la saga Zelda ne seront donc pas dépaysés, la formule si chère à la licence (quoique partiellement mise aux goûts du jour avec Breath of the Wild) se voit intacte, et ce parce que l'opus reprend évidemment le jeu original de 1993. A l'heure où Nintendo cherche à faire évoluer les aventures de Link, ce remake de Link's Awakening sonne comme un cri d'amour empli de nostalgie. Dans cet ordre d'idée, l'esthétique de cet opus résonne avec celles des jeux des années 90 et du début des années 2000, notamment les volets sur GameBoy Color, puisque le moteur des Link's Awakening originaux sera ensuite repris sur les excellents Oracle of Seasons et Oracle of Ages.

Pour ceux qui ont connu ces jeux, le Link's Awakening de la Switch est un véritable moment d'évasion, de nostalgie, et donc de plaisir. Prime avant tout le charme de l'expérience d'époque, cette vue du dessus typique des jeux de la licences (et de moult RPG d'époque, évidemment), et l'exploration progressive d'une région aux zones variées et rendues ici particulièrement vivante. Du joyeux village de départ jusqu’aux monts presque labyrinthiques, en passant par un désert, une fôret mystique et un village peuplé d'animaux, le voyage que procure le jeu a une véritable saveur, peut-être même plus que l'exploration des donjons. Et si l'épopée est réussie, c'est aussi grâce à la direction artistique innovante de cet opus.

  

Une DA particulière, mais propice à l'émerveillement

La direction artistique de ce nouveau Link's Awakening semble se situer dans la même lignée que A Link Between Worlds, suite de A Link to the Past initialement sorti sur Nintendo 3DS fin 2013. Si un choix artistique de la sorte relève de l'appréciation de chacun, difficile d'ignorer ce côté presque pâte à modeler, qui semble témoigner une certaine innocence du jeu. Car il faudra faire appel à une grande part de notre candeur pour apprécier l'univers aux mille et une couleurs que propose le soft, ce qui va de pair avec sa colorimétrie très flashy, honorant une nouvelle fois les épisodes sur GameBoy Color. C'est une sensation de naïveté constante que nous offre ce nouveau Link's Awakening dans son aspect graphique, une contrée surréaliste de part ses choix visuels qui viennent totalement contraster avec ceux de Breath of the Wild. Deux salles, deux ambiances comme on pourrait dire, ce qui vient confirmer une certaine évolution dans l'enrobage Zelda au fil des années.

Pour quiconque ait gardé une petite âme d'enfant, l'aventure se révèle plaisante à bien des moments. La direction artistique sert l'univers, un monde représenté par un bestiaire que les fans reconnaitront sans mal, des personnages aussi innocents qu'attachants, et quelques contrées si enthousiasmantes qu'on aime y revenir à bien des moments, par exemple le fameux village des animaux et son thème musical composé de choeurs de joyeux toutous et autres félins euphoriques.

Mais n'oublions pas les donjons, qui constituent une grande part du jeu. A leur sujet, la difficulté est bien dosée, allant d'une certaine simplicité au début jusqu'à un niveau plus retord sur la fin, assurant le casse-tête sur les dernières heures de l'aventure. Mais, surtout, l'esthétique du jeu leur donne un charme nouveau, tandis que l'écra large de la Switch apporte une percéption différente par rapport aux opus que nous avons connus sur les premières consoles portables de Nintendo. Les environnements toujours variés de ces donjons demeurent en phase avec la DA de ce remake, Grezzo ayant mis du cœur à rendre ces vastes cavernes plaisantes à l'oeil, ce qui n'est pas un mal pour pallier à la frustration des derniers d'entre-eux qui nécessiteront à chacun de se faire bouillir les méninges.

  

Un jeu aux thèmes plus forts qu'il n'y paraît

L'aventure est plaisante, et peut se targuer d'avoir une fin des plus touchantes et mélancoliques, magré un scénario qui se veut simpliste (de manière assumée). Car si l'épopée fait appel à notre candeur, la conclusion fait marcher notre réflexion d'adulte pour qu'on puisse en saisir les nuances. Le « twist » de Link's Awakening n'est pas un spoil en soi, tant on le devine très rapidement tandis que le scénario l'explicite sans perdre trop de temps. Le réveil de Link impliquera des sacrifices qui amènent une fin assez dure pour un titre innocent du genre, et qui renvoit à l'éphémérité de bien des choses dans ce monde.

Car le rêve est éphémère, et demeure essentiellement au sein de notre mémoire. Une métaphore des plus jolies sur laquelle s'appuie toute la mélancolie de la conclusion du jeu, qui nous pousse même à voir plus loin. Car comme dans toute œuvre qui entreprend une écriture imagée, la sensibilité de chacun est de mise. Certains pourront même y voir une sorte d'allégorie du deuil, objective mais touchante. Si The Legend of Zelda : Link's Awakening ne se veut pas être un jeu que le bon sens collectif jugera de « complexe », il garde une certaine profondeur dans ses idées, tout en sachant que la poésie du soft se met elle aussi en adéquation totale avec la direction artistique de ce remake, qui n'a décidément rien d'un hasard.

  

Reveille-toi, Link !

Alors, ce nouveau Link's Awakening profite du matériau de base pour proposer une aventure des plus enthousiasmantes, entre nostalgie de la formule d'époque, candeur de l'exploration d'un monde innocent, et modernisation des Zelda d'autrefois grâce aux capacités graphiques de la Switch. Les fans de la licence n'ont aucune raison de bouder cette nouvelle version du quatrième épisode, tandis que les amateurs de jeux d'aventure à l'emballage old-school auront de quoi passer de jolies heures d'exploration, d'épopée et de rencontre. Un excellent jeu d'une part, et un jolie moment de poésie vidéoludique d'autre part.

Maintenant que Link s'est réveillé, il y a de quoi se questionner sur le futur de Zelda, sur Switch. Le moteur du jeu permettrait sans mal des remake de Oracle of Seasons et Oracle of Ages, une continuité qui sonne logique et permettrait de se rassasier en attendant l'énigmatique suite de Breath of the Wild... A moins que Nintendo buche sur un autre nouvel opus ? A moins que des portages des versions HD de Wind Waker et Twilight Princess soient à l'ordre du jour... Dans tous les cas, l'ère Nintendo Switch de la saga s'annonce remarquable !
  

Chroniqueur: Takato


Note de la rédaction








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