Pop Team Epic

Review de l'anime : Pop Team Epic

Publiée le Dimanche, 27 September 2020

Aaaaah, Pop Team Epic... Si ce nom vous dit quelque chose, ce ne serait pas étonnant, tant cette petite série animée a priori anodine a su s'attirer la sympathie d'un petit paquet de spectateurs pendant sa diffusion initiale, qui a eu lieu au Japon du 6 janvier au 24 mars 2018, et dans la foulée en simulcast en France sur la plateforme Crunchyroll avant de sortir en DVD & Blu-ray chez @Anime en octobre de la même année. A l'origine, l'oeuvre est un manga en cours au Japon depuis août 2014 dans le magazine Manga Life Win des éditions Takeshobo, que l'on doit à Bkub Okawa (un hyperactif de la comédie barrée depuis 2007, avec un paquet de mangas souvent courts à son actif), et qui compte actuellement 3 volumes (oui, l'auteur n'est pas un rapide, mais c'est sûrement le prix à payer pour avoir de la bonne connerie). Et à l'heure où ce manga est sur le point de débarquer en France dans la collection Daitan! des éditions Meian, l'occasion est idéale pour revenir un peu sur la série animée, histoire de bien se préparer à l'amas de n'importe quoi qui nous attend via la version papier !



Pop Team Epic nous invite à suivre les aventures de Popuko et Pipimi, deux filles aux allures d'adolescentes, dans une histoire racontant... euh... ben... Rien ? Vu qu'il n'y a pas d'histoire, en fait. La première est petite avec des couettes marron clair,et a tendance à vite s'emporter et à devenir un peu (beaucoup) bourrine et incontrôlable, tandis que la deuxième, grande brune avec un noeud papillon dans les cheveux, se veut un peu plus réfléchie mais tend à vite partir en vrille elle aussi. Ensemble, elles traversent, épisode après épisode, un océan de n'importe quoi, au gré de courtes voire très courtes (ça peut aller de quelques secondes à maximum 6-7 minutes) petites scènes n'ayant pas d'autre but que de parodier des oeuvres connues, d'y faire référence, de partir direct dans l'absence de logique, ou de proposer des bases a priori classiques pour dériver toujours plus vers l'absurde le plus total, certains passages allant même très loin dans ne forme de méta assez débilisante.



Que dire... Vous connaissez Bobobo-bo Bo-bobo ? Eh bien dites-vous qu'à côté de Pop Team Epic, cette comédie improbable de Yoshio Sawai est un modèle de logique et d'intelligence. Car dans l'oeuvre imaginée par Bkub Okawa, tout est vraiment prétexte à l'absence de logique, aux clins d'oeil à tout, aux situations qui dégénèrent... Vraiment, dans le concept en lui-même, il n'y a pas forcément grand chose à dire de plus, chaque épisode se contentant d'une succession de scènes débiles. Mais la réussite de la série animée réside sûrement en ceci que cette débilité, elle l'assume à 100% en faisant tout pour la portée dans une certaine explosion d'imagination et de "je m'en foutisme".



Imagination non seulement pour un paquet de gags neuneus voire gentiment bourrins, bien sûr, mais aussi pour l'approche que Jun Aoki et Aoi Umeki, les réalisateurs/scénaristes, ont décidé d'adopter, avec une grande variété de techniques d'animation. On passe ainsi de la 2D standard à la 3D volontairement laide, en passant par le 8-bit, la simili pâte à modeler et bien d'autres choses avec un certain ravissement (si tant est que l'on aime ça, bien sûr). Pour cela, la série produite par le studio Kamikaze Douga a même tâché de s'entourer de quelques noms étonnants qui ont volontiers participé au délire, on pense ici notamment à Makoto Yamashita, un spécialiste du 8-bit qui a donc animé les scènes dans ce genre, ou au français Thibault Tresca, un animateur s'étant chargé des séquences régulières "Japon Mignon" qu'il présente lui-même et qui semblent totalement décalées par rapport au reste, en présentant nos deux héroïnes à la découverte de la France, pour des résultats semblant presque logiques par rapport à la majeure partie de la série... mais "presque" seulement, hein (il faut voir Popuko pendant le fest noz en Bretagne). De manière générale, la série, même si elle est en permanence débile et sans queue ni tête, varie assez habilement entre différents types d'humour débile, allant de l'absurde absolu au bourrin en passant par la parodie.



Et "je m'en foutisme", parce que la série ne raconte absolument rien, est un non-sens complet et ne cherche jamais à se justifier. A ce titre, ce n'est sans doute pas pour rien que Popuko et Pipimi affichent de joyeux doigts d'honneur sur les jaquettes du manga d'origine ! Car ici, pas la peine d'attendre grand chose de censé des deux miss: plongées dans cet amas de n'importe quoi, elles s'y adaptent en partant encore plus en vrille que la situation initiale. Elles n'ont pas de personnalités propres et logiques, et sont vraiment juste des "fonctions" vouées à porter l'humour en s'adaptant au différentes situations, choses qu'elles font très bien.



Mais c'est aussi le format des épisodes qui brille par son "je m'en foutisme". Tout d'abord parce que, régulièrement, la série tacle d'autres oeuvres et se tacle elle-même, se traite elle-même de série "merdique" et "plus débile de tous les temps", envoie paître (pour rester poli) les séries plus censées qui auraient pu être diffusées à sa place, et se permet deux gros délires coté doublage. Tout d'abord, parce que chaque épisode propose des seiyûs différents ce qui fait qu'un petit nombre de comédien(nne)s de doublages ont prête leur vois aux deux héroïnes. Ensuite, parce que me^me si chaque épisode dure une grosse vingtaine de minutes, en réalité ses deux moitiés proposent la même chose mais avec un coup des voix féminines et l'autre coup des voix masculines, chacune de ces deux parties n'ayant que d'infimes changements au niveau des récits ou des textes... A vous de voir si vous êtes suffisamment dans le trip pour mater deux fois chaque épisode et y repérer les petits détails qui changent !



Notons, enfin, qu'un peu plus d'un an après le 12e et dernier épisode fin mars 2018, Crunchyroll a également accueilli en vostf 4 épisodes spéciaux début avril 2019, pour un résultat qui ne change pas la donne et qui va même encore plus loin dans les ressemblances, chacun de ces 4 épisodes ayant nombre de séquences communes, mais avec quelques variations.



Au bout du compte, Pop Team Epic est un pur OVNI, et n'est sans doute pas très loin de la vérité en se qualifiant elle-même de série la plus débile de tous les temps. Pendant sa diffusion, l'anime a a priori joui d'une énorme popularité sur twitter et autres réseaux, avec nombre de gifs et de memes (mais n'étant pas sur les réseaux sociaux, j'avoue que je suis totalement passé à côté de ça et que je me suis contenté de bien me marrer dans mon coin en matant la série en 2018 et en la revoyant il y a peu), ce qui peut s'expliquer au vu du trip nonsensique et jusqu'au-boutiste qu'elle propose. De ce fait, il s'agit vraiment d'un humour on ne peut plus particulier qui ne peut à première vue pas laisser indifférent: soit on adore, soit on déteste. Pour ma part, c'est la première solution qui l'a emporté.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
MN Actus
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