Attaque des Titans (l') (Saison 4) - Saison Finale - Actualité anime
Attaque des Titans (l') (Saison 4) - Saison Finale - Anime

Attaque des Titans (l') (Saison 4) - Saison Finale

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19/20

Critique de l'anime : Attaque des Titans (l') (Saison 4) - Saison Finale

Publiée le Vendredi, 08 Avril 2022

Chronique - Partie 1 :

Le 1er juillet 2019 s'achevait la troisième saison de l'adaptation animée du manga L'Attaque des Titans de Hajime Isayama. A cette époque, le manga est toujours en cours et la fin pas encore datée, même si celle-ci se profilait étant donné la montée en puissance de l'histoire. Cela n'empêcha pas le dernier épisode de la saison 3 d'annoncer la quatrième saison comme étant la finale, preuve que l’œuvre d'origine s'approchait de sa conclusion.

Lancée le 7 décembre 2020 sous le titre Shingeki no Kyôjin : The Final Season, cette dernière partie de l'adaptation animée aura énormément fait parler. Après certaines rumeurs, l'annonce d'un changement de studio et d'équipe a bel et bien lieu. Wit Studio délaisse le projet, alors repris par Mappa, tandis que le réalisateur Yuichiro Hayashi succède à Tetsuro Araki et Masashi Koizuka à la direction de l'anime. Ayant simplement œuvré sur les scripts de la série jusqu'à présent Hiroshi Seko reprend la structure scénaristique. Tomohiro Kishi récupère le character-design, jusqu'ici réalisé par Kyoji Asano. La création musicale change drastiquement elle aussi. Si Hiroyuki Sawano reste crédité car certaines de ses compositions précédentes sont réutilisées, c'est surtout Kohta Yamamoto qui orchestre les nouvelles mélodies. Un choix logique et qui vient d'une pure volonté de succession, puisque ce dernier a énormément travaillé aux côtés de Sawano, sur Seven Deadly Sins par exemple. De là à le considérer comme son disciple, il n'y a peut-être qu'un pas.

La saison fut d'abord annoncée pour une durée de 16 épisodes, information vérifiable par les coffrets deux Blu-ray dévoilés en amont et ne proposant que huit épisodes chacun. Mais l'anime ne pouvait laisser l'intrigue inachevée, et une suite semblait évidente aux yeux de tous. Après des rumeurs de film d'animation, c'est finalement une deuxième partie de saison qui est officialisée le 28 mars 2021, suite à la diffusion télévisée du 16e épisode.


Sans grande surprise, la série est proposée chez nous sur Wakanim, et on peut s'attendre à une future sortie des DVD et Blu-ray chez All the Anime. Et à ce sujet, il convient de noter que la diffusion ne s'est pas faite sans heurt. On peut facilement prétendre que l'anime faisait partie des plus attendus de l'année (s'il n'était le plus attendu), si bien que les serveurs de la plateforme ont difficilement pu encaisser l’afflux de spectateurs lors de la sortie du premier épisode. Un défaut par la suite corrigé, même si les premières demi-heures après diffusion d'un épisode restaient parfois sensibles.
En parmi les déconvenues qui ont marqué la diffusion, soulignons le séisme qui frappa le Japon le 14 mars, en pleine diffusion du quatorzième épisode de la saison. Cela entraina un décalage à l'international, un mal pour un bien puisque les épisodes 14 et 15 nous furent proposés en simultanée, le 21 mars. Le plus heureux dans l'histoire reste évidemment le peu de dégâts provoqués par le séisme. Plus de peur que de mal, donc.

Prémices de la bataille finale

La troisième saison nous laissait sur des révélations fortes autour de l'origine des titans, de la menace qui ciblait les personnages que nous suivions jusqu'à présent, et de ce qui se trouvait de l'autre côté de la mer. Eren a accompli son plus grand rêve, à savoir l'extermination de ces monstres et la découverte de l'au-delà des murs. Pour autant, a-t-il gagné sa liberté ?

Plusieurs années plus tard, de jeunes recrues eldiennes combattent au nom de Mahr, en tant que soldats d'honneur. Considérée comme l'engeance des démons, la population est parquée et doit se soumettre afin d'expier ses fautes passées. Dans ce contexte, des soldats eldiens guerroient au sein de l'armée mahr, tandis que se décide la succession du titan cuirassé de Reiner. Gabi Braun et Falco Gleis sont les deux candidats les plus prometteurs, bien que la jeune fille garde une longueur d'avance grâce à sa fougue et son audace qui permettent à son camp de remporter une victoire décisive contre l'ennemi.


Pour ces eldiens qui vivent par-delà de l'océan, il n'est donc pas question de paix. Car Mahr est perpétuellement en guerre, et l'avancée technologique des pays ennemis rend l'utilisation des titans ordinaires de plus en plus caduque. Sieg, Reiner et les autres détenteurs de titans préparent ainsi une nouvelle offensive contre les insulaires de l'Île du Paradis. Les enjeux ? Le titan originel, clé qui leur permettrait de reprendre l'ascendant dans cette guerre éternelle, mais aussi Eren Jäger qui s'impose comme un menace sévère.

Une production complexe

Lorsque la saison 4 de L'Attaque des Titans est officialisée, les spectateurs n'ont pas encore conscience des difficultés derrière la production. Le résultat de cette saison 4, marquée d'une patte différente, a déplu à bon nombre de fans. Des spectateurs bruyants qui ne représentent pas forcément la majorité, mais dont le mécontentement pousse à certains questionnements. En effet, en plus d'une esthétique différente via un character-design nouveau, l'utilisation importante de la CGI ou de techniques comme la rotoscopie ont apporté un rendu auquel nous ne sommes pas habitués sur l'adaptation de l’œuvre de Hajime Isayama. Exit les grands élans épiques made in WIT Studio, place à la froideur de la guerre, et à un esprit terre à terre marqué par des enjeux forts opposant cette fois l'humain à l'humain.

Alors, c'est surtout visuellement que cette saison finale a divisé. L'utilisation excessive des effets numériques a logiquement piqué les curiosités, et les réponses potentielles quant à ces changements sont arrivées au compte-goutte, essentiellement via des témoignages d'animateur ou de créatifs impliqués dans la production. Cette dernière saison est un véritable chantier qui a bénéficié moins de temps qu'à l'ordinaire car son lancement devait répondre à une exigence des ayant-droits. C'est bien parce que WIT ne pouvait pas assumer l'échéance qu'un successeur a été cherché. Après plus d'une dizaine de refus d'autres studios, c'est MAPPA qui a accepté le projet. Shuhei Hikita, directeur de la CGI, a ainsi vanté la flexibilité du studio pour assumer ce travail. Pourtant, les langues qui se déliaient ont bien fait par d'un planning difficilement surmontable, qui a sans doute condamné les animateurs à des nuits blanches de boulot. Un coup d’œil aux épisodes riches en action et en événement suffit d'ailleurs à confirmer cette impression. Les réalisateurs d'épisodes et directeurs d'animation se sont fait bien plus nombreux que sur un projet classique, ce qui n'est généralement pas bon signe en terme de confort de développement, en plus de risquer une harmonie artistique d'ensemble.


L'Attaque des Titans : The Final Season n'est pas un projet comme les autres. C'est une suite hautement attendue, produite pour récompenser les fans de l’œuvre et honorer jusqu'au bout le travail de Hajime Isayama, mais dont le défaut est d'avoir été soumise à un calendrier infernal, sans compromis possible avec les hautes hiérarchies. Étant donné l'ampleur du chantier, le résultat est inespéré et d'une qualité certaine. Les critiques viennent surtout de différends quant aux choix artistiques nouveaux, probablement pensés pour faciliter la tâche du staff dans certains cas. Et malheureusement, nombreux furent ceux qui ne connaissaient pas l'envers du décor et qui ont eu le mauvais mot facile, ou simplement ceux qui ont fait montre d'ingratitude. Si le résultat s'apprécie largement dans sa portée visuelle, artistique et créative, on gardera en tête des équipes qui ont certainement sué sang et eau, et qui ont parfois été victimes de harcèlement des plus mauvais spectateurs au point de clore leurs comptes Twitter, comme ce fut le cas de Teruyuki Omine après sa réalisation de l'épisode 5 de la saison.

Concernant ce développent chaotique pour le staff de la série, on ne peut souhaiter qu'une chose : Que la diffusion un peu plus éloignée de la deuxième partie permettre une production plus souple, et des plannings plus confortables. Car c'est bien de ces calendrier que dépendent souvent la qualité visuelle d'une œuvre, et surtout la santé des artistes.

De l'autre côté de l'océan

La fin de la saison 3 de L'Attaque des Titans nous laissait sur des révélations étonnantes, qui auront évidemment marqué le non-lecteur du manga de Hajime Isayama. Les titans ne sont pas la vraie menace mais uniquement l'instrument d'un ennemi qui se terre au-delà de la mer, parmi d'autres nations qui coexistent avec plus ou moins de tensions. Des informations qui menaient logiquement à bien des questions, notamment sur cet antagoniste, le peuple Mahr, qui a placé sous son joug les descendants eldiens qui n'ont pas rejoint l'île où les murs ont été bâtis.

C'est donc cet « autre côté » que l'amorce de la saison finale met en relief, d'entrée de jeu. L'ampleur politique de l’œuvre bénéficie d'une mise en exergue qui permet à l'histoire d'écraser la simple dichotomie axée sur l'île et Mahr, en peignant le quotidien des détenteurs de titans non insulaires et leurs vies de sous-soldats brimés d'une armée mahr qui n'a de cesse de rappeler les horreurs passées du peuple eldien. Dès lors, la nuance pensée à l'origine par Isayama ne fait aucun doute. Nous ne suivons pas de simples adversaires mais des individus plongés dans un conflit sans fin contre le reste du monde (ou presque), victime de l'aura de leurs ancêtres, et cherchant simplement le salut des leurs tout en faisant montre d'une grande solidarité. Dans ce contexte, Eren trouvera un semblant d'alter-égo en la personne de Gabi Braun, une jeune soldate aussi inventive que tête brûlée, en tête de liste pour devenir l'héritière du titan cuirassé de Reiner.


Les trois premiers épisodes de la saison contrastent totalement avec ce que le ton auquel nous étions habitués, quasiment. Car L'Attaque des Titans n'a jamais été une banale série d'action opposant le bataillon d'exploration au mystérieux prédateur, son récit ayant su se pencher sur les personnages, leurs dilemmes, leurs évolutions, et leur rapport à la Mort et à l'inconnu. L'accent mis sur la routine de Gabi, Falco mais aussi Reiner, Sieg et Peak est un parallèle astucieux, montrant toutes les teintes de l'univers et appuyant son propos. Dans l'absurdité d'un conflit, il n'y a que peu de grand méchant mais simplement des humains intégrés dans le cercle vicieux de la guerre et de la haine. Le personnage de Gabi cristallisera d'ailleurs cette optique en étant montrée volontairement insupportable, responsable de l'un des moments les plus durs de cette partie de saison, mais n'étant pas si éloignée d'Eren dans son caractère obstiné.

Pour en revenir aux fameux jeux de parallèles, évidemment volontaires et déjà marqués dans la campagne promotionnelle de cette saison via certains visuels, les choix scénaristiques effectués portent aussi le sens du second acte de la série qui redistribue les cartes, en terme de rapports de puissance d'une part, mais aussi en terme d'intentions morales. Existe-t-il encore de vrais héros dans cette suite ? Pas sûr. Suivons-nous des personnages en perdition, souffrant de leur passé et de l'Histoire avec un grand « H » ? Très certainement. Les personnages que nous avions connu jusque là répondent à cette ambiguïté, chacun à leur manière. Concernant Eren, comme le sous-entendait l'opening initial de l’œuvre animée qu'est Guren no Yumiya par Linked Horizon, il n'est plus question pour lui d'être la proie mais bien le chasseur, au nom d'un enjeu pourtant présent depuis le tout premier épisode de la série : La Liberté. Chacun interprètera ainsi ce concept à sa manière, en se servant du fameux Grand Terrassement pour lui faire écho, une réflexion qui anima d'ailleurs de grands débats d'idées sur les réseaux sociaux.


Des choix audacieux, des richesses narratives, de véritables questionnements sur l'humain, sur la société et sur la guerre... Voilà comment résumer le programme de ces seize premiers épisodes, sans trop en dire sur l'intrigue. Car l'aspect découverte de ce début de saison 4 demeure une force de l'expérience, tant le scénario sait jouer sur les rebondissements et bousculer ses enjeux très régulièrement, tout en intégrant des développements de personnages riches et authentiques. A tel point que ceux que nous voyions comme les grands gourous d'autrefois ne sont peut-être que de simples hommes qui cachaient bien leurs jeux respectifs.

Changement de studio et choix artistiques différents

Nous y voilà. Les dimensions visuelles et artistiques de ce début de saison finale sont les aspects techniques les plus complexes à aborder, d'autant plus si on cherche à ne pas froisser le moindre spectateur. Nous l'avons dit, le studio Mappa a repris un laborieux chantier que WIT ne pouvait plus assumer. Mais outre le planning infernal (une production d'à peine quelques mois est évoquée par des témoignages), c'est aussi un grand coup de balais stylistique qui a été opéré. L'esthétique plutôt vive et l'ambiance épique que nous avons connues sur les épisodes précédents disparaît, ce qui créé un contraste évident avec l'avant. Un choix qui paraît pourtant logique : Avec son fameux arc Revelio, suivant les révélations dans la cave de la maison d'Eren, l'intrigue a pris un tournant majeur, et le manga revêtait une facette inédite, ne ressemblant plus à la lecture que nous avions connue jusque-là. L'évolution sur l'anime répond au basculement opéré par Hajime Isayama dans son œuvre. La colorimétrie de la présente saison peut donc paraître plus terne, mais traduit la lourdeur des enjeux et la dissemblance des rapports, parfois même au sein d'une seule faction. Il n'est donc pas sot d'une révision du character-design ait été opérée par Tomohiro Kishi. Ce dernier s'est largement rapproché de la patte d'Isayama, d'une part pour rapprocher la suite de l'anime à la version initiale, et peut-être pour rompre le glamour stylistique qui trouvait difficilement une place cohérente dans une suite de cette ampleur.


Bien des exercices viennent aussi différencier les deux démarches, certaines étant potentiellement liées à la production précipitée et au rythme de création lourd. Ainsi, le second épisode réalisé par Daisuke Tokudo propose une utilisation de la rotoscopie qui amène de véritables jeux de traveling et une exploration de l'environnement qui croque le quotidien des soldats eldiens à la solde de Mahr, autrement dit la faction de Reiner et Sieg. Le rendu est étonnant, surtout à l’égard de L'Attaque des Titans ne s'était jamais essayé à l'exercice. Les critiques négatives ne se sont pas faites attendre, mais sans doute devons-nous les attribuer à une déstabilisation du spectateur, et à un confort teinté d'habitudes cette fois-ci rompu. Mais n'est-ce pas là l'intention de Hajime Isayama, dans son œuvre d'origine ? Casser notre zone de plaisance et nos points de vue avec le développement des arcs post révélations est un effet indéniable. Aussi, bien que les questions d'échéances se posaient très certainement dans les choix, rien n'a jamais été fait au hasard dans cette saison finale, et souvent avec le plus grand soin.

Pourtant, des moments de moindre maîtrise ont ponctuellement lieu, l'habilité des équipes de Mappa n'étant pas sans faille. La CGI utilisée sur les titans (et pas seulement, ce qui reste un choix déroutant) peut toujours déplaire tant elle peine parfois à trouver place dans des environnements 2D. Bien que mieux gérée par rapport aux saisons 2 et 3, elle est aussi plus fréquente et dépend uniquement de l’œil de chacun. Les incrustations musicales manquent peut-être de puissance, aussi, et ce malgré l'excellent thème récurrent qu'est Ashes on the Fire, composé par Kohta Yamamoto. On pourrait penser que cette modestie de composition vient aussi répondre à l'ambiance plus grise de cette partie de l'intrigue. L'heure n'est plus à l'épique des batailles, car il n'y a guère de héros dans ces épisodes, simplement des soldats catapultés dans un conflit qui n'est pas aussi binaire qu'il en a l'air. Néanmoins, difficile de ne pas imaginer une meilleure utilisation de l'ambiance sonore, ne serait-ce avec l'héritage de Hiroyuki Sawano donc quelques petits thèmes trouvent quand même place. Et parmi les « couacs », quelques choix de mise en scène pourront être pointés du doigt. Plusieurs moments manquent d'impact, surtout quand on les compare aux planches dessinée avec maestria par Isayama. Mais ce serait oublier qu'un anime ne doit pas être un copier coller de l’œuvre d'origine, et a tout a gagné en proposant ses propres intentions pour nourrir son identité. Évidemment, ça passe ou ça casse selon le profil du spectateur, l'attachement au support d'origine ayant toujours un rôle à jouer dans cette appréciation.

Des attentes colossales

Le 28 mars 2021, à l'issue de la diffusion du 16e épisode qui était censé être le dernier de la saison, les inquiétudes se sont levées : Une deuxième partie est bien au programme, la reprise étant fixée pour l'hiver à venir, donc fin décembre de l'année au plus tôt. Il y a alors de quoi être rassuré puisque le manga L'Attaque des Titans sera largement terminé à ce moment-là, le dernier chapitre étant prévu pour le 9 avril, tandis que le 34e et dernier tome paraîtra au Japon le 9 juin, et probablement avant le lancement de la deuxième partie de saison 4 chez nous. Cette diffusion sera le véritable climax de l’œuvre principale qui aura accompagné bien des fans depuis au moins 2013, année de sortie francophone du manga, et du lancement de l'adaptation animée.


Et que cette première part de saison ait satisfait ou déçu, il ne fait nuls doutes que les regards seront de nouveau braqués sur cette dernière fournée d'épisodes. En ce qui nous concerne, nous ne pouvons qu'espérer un planning plus profitable au staff, et une réalisation qui saura garder sa teneur et son audace pour retranscrire un ultime arc encore bien différent de tout ce que nous avons connu jusqu'à présent dans l'épopée écrite et dessinée par Hajime Isayama. Nous y sommes presque : L'anime L'Attaque des Titans est sur le point d'être conclu, et les détracteurs de cette saison n'y changeront sans doute rien à la puissance de l'adaptation animée dans sa globalité, et à l'impact qu'elle a suscité.


Chronique - Partie 2 :


Attentions : Cette chronique contient des informations majeur sur la saison finale de L'Attaque des Titans, ainsi que sur les événements se déroulant après tome 29 du manga. Nous vous déconseillons de lire cet écrit si vous n'êtes pas à jour dans la diffusion.

Le 29 mars 2021, la première partie de l'ultime saison de l'anime L'Attaque des Titans s'achevait, loin d'annoncer une pause dans l'histoire puisque de nouvelles hostilités entre Mahr et Eldia étaient lancées. Face à un Eren qui a pris l'ascendant sur son peuple, au point d'être devenu une icône salvatrice aux yeux de beaucoup, les flottes ennemies avec, en leurs seins, les détenteurs de titans comme Reiner, dominaient la cité du peuple insulaire. La guerre était de nouveau imminente, mais les spectateurs devaient s'armer de patience pour découvrir la suite, et peut-être la fin, de cette adaptation. La reprise a lieu en janvier 2022, avec une nouvelle vague de 12 épisodes menant l'intrigue vers son climax, sans toutefois achever l'adaptation qui sera conclue part une troisième partie à venir en 2023.

Avec ces épisodes 17 à 28 de sa saison finale, L'Attaque des Titans aborde un autre cap dans son cheminement narratif. Si un non lecteur du manga peut difficilement prévoir la trame à venir d'un épisode à l'autre, le déroulement ne peut le laisser indifférent. Qu'on adhère ou non à la proposition de Hajime Isayama dans l'écriture de son œuvre originale, quelque chose d'important se joue sous nos yeux, au point de faire de nouveau basculer le récit dans son ambiance et ses enjeux.

Et puisqu'on reste dans la même saison de la série, précisons que l'équipe technique reste inchangée. Le studio Mappa garde les rennes de cette dernière grande partie, tandis que Yuichiro Hayashi reste à la réalisation en ne s'éloignant pas de l'optique entreprise avec la précédente fournée d'épisodes, tandis que Hiroshi Seko demeure au poste de scénariste.


C'est la guerre !

Un début de diffusion aura peut-être rarement été aussi intense. Ne constituant pas une saison à part entière et reprenant comme si la diffusion n'avait pas pris de pause, ce début de seconde partie démarre sur les chapeaux de roue. Eldia, ce qu'on appelait autrefois la cité derrière les murs, est le lieu d'un véritable champ de bataille où pro Jaeger affrontements les soldats Mahr dans un unique but : Permettre à leur égérie d'entrer en contact physique avec Sieg et déclencher le pouvoir de l'Originel, dans le but de déclencher le plan d'éradication douce du peuple eldien. Dans ce tumulte, Armin, Mikasa et leur groupe ne savent pas trop sur quel pied danser. Tuer Eren est de l'ordre de l'impossible, d'autant plus qu'un soupçon d’ambiguïté demeure chez leur ami d'enfance. Veut-il vraiment priver son peuple de leur capacité de reproduction ? Ou cherche-t-il a obtenir le pouvoir du Grand Terrassement dans l'optique d'en faire une arme de dissuasion contre le reste du monde ? Si l'action, chaotique, sanglante et désespérée, nous prend aux tripes dans un début de partie où on ne sait plus vraiment dans quel camp se placer, cette incertitude renforce notre confusion vis à vis des enjeux de l'histoire.

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Cette amorce, signe de confusion, est pourtant les prémices à un basculement qui dictera la fin de l’œuvre, un passage presque mystique qui vient explorer l'origine des titans comme celle du mythe d'Ymir, tout en balayant certains questionnements qui subsistaient. Beaucoup de lecteurs du manga se demandaient quelle adaptation de la scène du "Chemin" pourrait être faite, et la réponse du réalisateur s'avère convaincante tant l'aspect surnaturel déstabilisant de ce monde est rendu comme il se doit, afin de devenir une transition qui nous ramènera à la plus cruelle des réalités avec le début du fameux Grand Terrassement. Le héros devient définitivement l'antagoniste, tandis que le message de paix de l’œuvre se symbolise par un ultime groupe de héros issus des deux grands camps de l'intrigue. Une idée belle, mais tragique quand ces personnages doivent brandir leur arme vers leurs anciens frères d'arme qui, eux, ont choisi une autre voie, celle de l'individualité au détriment de l'union collective. De là à dire qu'Isayama nous parle de fascisme dans sa dimension la plus cruelle, il n'y a qu'un pas.

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Quand la réal' est bonne

La travail fait par les équipes du studio Mappa ont divisé, sur la première partie de diffusion. On pourrait même parler de controverse tant la série se retrouvait chaque semaine en tendance sur les réseaux sociaux, de même pour le nom du studio. CGI pas à la hauteur, identité visuelle différente par rapport aux trois premières saison, un abandon de l'épique qui faisait le flamme des épopées du bataillon d'exploration... Les reproches ont été nombreux. Et si certains font office de simple constat, ne serait-ce par l'esthétique changeante, ce chamboulement ne fait que correspondre à une variation de la série : Son abandon de l'héroïsme tragique de la chasse aux titans, pour le récit d'une guerre entre humains eux-même. L'heure n'est plus à la chasse, mais à l'entretient inéluctable du cercle de la haine.

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Rappelons que la première partie a été produite dans la douleur, selon certains témoignages d'animateur. Le planning de production était particulièrement court pour une série aussi ambitieuse, le comité a tenu à lancé cette ultime saison aux alentours de la fin de la prépublication du manga, et les équipes chapeautées par Hayashi, le réalisateur, ont parfois dû faire preuve d'inventivité pour combler quelques manques de temps, par exemple avec l'utilisation de la rotoscopie qui donnait un rendu auquel nous ne sommes pas forcément coutumier sur des blockbuster du genre. Et puisque une quasi année a séparé la fin de la première partie au début de la seconde, on pouvait s'attendre à une évolution sur le plan créatif. C'est le cas, tant l'harmonie visuelle renforcée comme l'utilisation plus fluide des effets numériques sur les titans laissent penser que les animateurs, directeurs de l'animation et autres artistes ont moins eu besoin de se tuer à la tâche. Les artifices pour combler le manque de temps se font moins nombreux, ou en tout cas plus discrets, tandis que le loisir a été donné aux animateurs de nous offrir des scènes d'anthologie qui nous restent en mémoire, sans pour autant décrédibiliser le propos de cette suite. Car si l'heure n'est pas à l'héroïsme, car de héros dans une guerre il n'y a pas, la réalisation utilise à bon escient certains éléments techniques, comme la bande-originale, en tant qu'adieu à l'aura d'autrefois, ou pour justifier le changement de ton de l’œuvre. On citera alors l'utilisation habile de Barricades, chanson épique s'il en est qui place volontairement l'épique là où il ne devrait point être pour l'ultime face à face avec des titans ordinaires, ainsi que ətˈæk 0N tάɪtn, le thème musical principal des premières saisons, qui donne une autre portée au titre original Shingeki no Kyojin. Le titan assaillant n'est plus le sauveur, mais le destructeur, la B.O prenant un autre sens comme l'intitulé de l’œuvre.

Nous pourrions aussi revenir sur l'épisode 84, assez décrié pour son côté figé, mais qui derrière ce statisme de façade offre de beaux esthétisme, des plans venant marquer la mélancolie au sein d'un petit groupe qui met de côté ses différends, se pardonne parfois, dans le but d'avancer vers le bien commun. Adapter ce passage clé sans suer d'ordinaires champs-contrechamps sur les faciès des personnages n'était pas une mince affaire, aussi nous pouvoir au moins apprécier l'idée d'une véritable proposer de réalisation.

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Act final en approche

L'annonce a beaucoup amusé sur les réseaux sociaux : Si il était évident que cette deuxième partie de diffusion ne pouvait pas conclure l'adaptation du manga de Hajime Isayama, beaucoup pariaient sur un autre format pour achever l'anime, notamment un film cinéma. Contre toute attente, c'est par le biais d'une troisième partie que s'achèvera cette dernière saison, et par conséquent la version animée de l’œuvre.

Alors, qu'attendre de ce dernier segment ? Eren n'est plus le héros mais le destructeur, et c'est à la troupe formée en urgence par Armin, Mikasa, Livai, Annie, Reiner et leurs comparses de mener la bataille finale. Une véritable course contre la montre se joue, celle de rejoindre Eren sous sa forme de titan originel le plus vite possible, avant que l'humanité n'ait été piétinée. Les enjeux n'auront jamais été aussi forts et le propos de la série puissant, justifiant l'impatience qu'on peut éprouver à connaître le fin mot de l'histoire façonné par les mains des équipes du studio Mappa. Car si ces dernières profitent de conditions de travail plus confortables, le résultat ne devrait pas trahir nos attentes. En attendant, on relira volontiers les derniers volumes du manga original, afin de se remettre en tête les derniers événements, et mieux apprécier les choix d'adaptation qui seront fait dans les derniers épisodes qui seront diffusés en 2023.

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Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20