Nauriel - Actualité manga

Nauriel

Interview de l'auteur

Outre les auteurs japonais, de nombreux auteurs français s'inspirant du manga étaient présents à cette Japan Expo 2008. Nous avons pu rencontrer la sympathique Nauriel, dessinatrice de « Nanami », un « post-manga » comme le désigne son éditeur, Dargaud-Kana.





Manga-News : Bonjour Nauriel!
Nauriel : Bonjour.

Peux-tu nous raconter ton parcours jusqu'à ta rencontre avec Corbeyran?

C'est assez classique. J'ai fait un bac littéraire avec option arts plastique puis une école de dessin à Lyon, l'école Emile Cole. C'est une école qui prépare aux métiers de la bande-dessinée, du dessin animé, un petit peu d'infographie. L'enseignement est classique au départ : beaucoup de dessins, de nus,  de peinture, un peu de sculpture, pour déboucher sur un diplôme d'illustrateur bandes-dessinées.

Pendant la dernière année de mes études je suis rentrée dans un fanzine qui s'appelait Green Elven, devenu aujourd'hui Absylia, très marqué mangas, héroïc-fantasy, jeu de rôles. Très inspiré par le monde des elfes et de Tolkien, le Seigneur des Anneaux que j'ai pu redécouvrir à cette époque (et dont je tire mon pseudonyme). Et c'est là que j'ai pu me recentrer sur mon dessin et voir ce que j'étais capable de faire. Et puis c'était un bon plan pour montrer mon travail lors des salons de bande-dessinée. Et c'est lors d'un de ces salons, celui de Chambéry, que j'ai rencontré Eric Corbeyran, qui a vu mes dessins et qui m'a dit : « J'ai un scénario, c'est Nanami et j'aimerais bien que tu le dessines ». Après 3 mois de recherches sur les personnages, les décors, on a montré le projet à Dargaud qui l'a validé. Et voilà!

A part le Seigneur des anneaux, qu'est ce qui influence ton dessin?

Dans la bande-dessinée, je suis influencée par de nombreux auteurs comme Alex Alice, Lauffray, Barbucci, Canepa, Loisel... C'est très difficile de tous les citer. Pour le manga, je suis quand même issue de la génération qui a vu Albator, le Club Dorothée et je reprenais certains personnages de dessins animés.
C'est sûr, il en reste des traces dans mon dessin. Et puis j'ai lu beaucoup de mangas étant ados, j'en lis encore aujourd'hui. Mais là ce qui va m'inspirer c'est plutôt la mise en page et certains codes comme la fameuse goutte de sueur, les traits de vitesse plus que le dessin lui-même.

Justement, quels sont les titres mangas qui t'ont le plus marqués?

En ce moment, il y a trois mangas que je suis : Death Note, Nana de Yazawa -j'aime tout ce qu'elle fait mais surtout Nana- et One Piece que j'adore. Plus jeune j'aimais beaucoup ce que faisait Tsukasa Hojo. Je lisais beaucoup de shônen aussi mais faut dire qu'il n'y avait pas trop le choix. Et puis aussi Monster et 20th Century Boys, et les Taniguchi.

Est-ce que quand tu lis un manga tu te laisses emporter par ta lecture ou tu étudies quand même le travail de l'auteur?

Et bien, par exemple, pour Monster c'est plus le scénario qui va m'intéresser et la manière dont l'auteur a découpé son histoire. C'est vraiment le découpage en fait qui m'intéresse en ce moment parce qu'en parallèle j'essaie d'écrire un petit peu, je me documente, je regarde ce que font les autres. Et puis j'ai la chance de connaître Reno Lemaire et Miya qui ont déjà sorti des « mangas français » et j'ai discuté avec eux de la manière dont ils écrivaient leurs scénarios et comment ils géraient ça.

"Nanami" s'écarte un peu du format habituel d'un cartonné. Était-ce ta volonté?

Non, du tout. C'était un choix de Dargaud, qui voulait lancer une nouvelle collection avec pour cible les adolescents et un nombre de pages assez conséquent. Un album cartonné classique fait entre 48 et 52 pages, « Nanami » en fait 80. Et puis ça plaît beaucoup aux scénaristes qui peuvent étendre, aérer leur histoire... un peu comme dans le manga!

Corbeyran est un scénariste qui écrit de nombreuses séries en parallèle. Quelle degré de liberté te laisse-t-il sur Nanami?

Avec les scénaristes, Éric Corbeyran et Amélie Sarn, on communique énormément par Internet, c'est plus simple pour envoyer les planches. Les tomes, scénario et dialogues, me sont livrés en entier et chaque pages est plus ou moins décrite avec précision. Mais j'ai quand même beaucoup de liberté : je peux modifier l'angle de vue d'une case, l'agencement de la page... Je leur demande toujours leurs avis mais en général il me font confiance.

Par exemple pour la fin du tome 1, il y a avait une page (ndlr : la 78) qui était prévue comme si on faisait un zoom arrière, mais je ne l'ai pas senti comme ça, plutôt comme si une caméra était fixée au plafond et descendait lentement. Je me souviens de cet épisode parce qu'Eric Corbeyran m'a appelée pour me dire « c'est génial, tu as raison ». C'est là, je pense, que j'ai vraiment gagné leur confiance.

On parle parfois de ta série comme d'un shôjo, te retrouves-tu dans cette classification?

Je ne sais pas. Je n'arrive déjà pas à me situer dans mon dessin, est il européen ou manga... C'est vrai qu'au départ c'est ce qui était prévu par Dargaud, qui visait le public adolescent féminin. Et au final sur les salons, comme aujourd'hui, j'ai tous les publics : des passionnés de BD, des garçons, des jeunes filles... Travaillant actuellement sur le tome 3, je pense que ça va devenir vraiment grand public, tout le monde peut y trouver son compte.

Et que penses-tu du terme « post-manga » utilisé par Dargaud pour présenter Nanami?

Je m'en fiche. Reno Lemaire, Miya ou Jenny ont vraiment fait un manga y compris dans le format. On peut peut-être retrouver un trait européen dans leurs dessins mais je pense que c'est notre génération qui veut ça. On a tous été bercé par le franco-belge, le comics et le manga. Chacun son point de vue.

Qu'est-ce que tu penses de ce que tu as vu ces jours ci à Japan Expo?

Y a de quoi s'inspirer! Beaucoup même. Par exemple pour les « Black Rose » qui apparaissent dans Nanami et qui ont des tenues gothiques, je vais me servir de ce que j'ai vu ici. J'ai envie de leur faire des tenues encore plus noires que dans les autres tomes.

Une journée de travail type chez toi, c'est quoi?

Je suis une lève-tôt. Je passe d'abord sur Internet, voir mon site, mon blog, ceux des copains... Puis soit je travaille quelques crayonnés pour moi soit je me met de suite au travail. Là soit je continue mes crayonnés ou je passe à l'encrage. Et je peux continuer jusqu'au soir si je me sens bien inspirée.

Et la colorisation, ça ne te tente pas?

Pas pour Nanami. Avec autant de planches, j'aurais peur de passer trop de temps dessus au détriment du dessin. Donc je préfère déléguer la couleur. Mais je me garde la colorisation de la couverture. Pour Nanami, c'est comme ça mais peut-être pour d'autre projets, pourquoi pas!


Tu as d'autres projets alors en dehors de Nanami?

Deux séries de triptyques. L'un plutôt humour, l'autre plus adulte. Mais que je ne scénarise pas. J'ai quelques idées pour un projet en solo mais je ne me sens pas encore assez mûre pour écrire un scénario toute seule. Je manque de savoir-faire.

Pour finir, quand pensez-tu que nous pourrons lire le tome 3 de Nanami?
L'album devrait être terminé d'ici fin avril 2009, donc ce serait pour l'été de l'année prochaine.

Merci!
Mais de rien.



Le site de Nauriel : www.azelys.net
Le blog de Nauriel : www.nauriel.blogspot.com
Deux équipes de fanzines dont Nauriel fait partie : Absylia (www.absylia.com) et Napée (www.napee-shop.com) sur lequels on pouvait trouver un magnifique port-folio « Lunatico » de Nauriel :




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