HONG Dong-Gi / HONG Dong-Kee - Actualité manga

HONG Dong-Gi / HONG Dong-Kee 홍동기

Interview de l'auteur

La dernière édition de Paris Manga fut l'occasion de rencontrer Dong-Kee Hong, auteur des manhwas Monk ! aux éditions Booken, et Geonbae aux éditions Clair de Lune. Donnant pour l'occasion ses premières interviews à des étranger, l'auteur répondit néanmoins avec le sourire et avec sincérité à nos questions, revenant sur son parcours difficile, sur ses deux séries et sur ses envies.
   


Dong-Kee Hong, bonjour et merci d'avoir accepté cette interview. Qu'est-ce qui vous a amené à devenir auteur de manhwa ?
Dong-Kee Hong : A vrai dire, j'ai toujours aimé dessiner, mais avant de devenir auteur de manhwa je n'avais jamais pensé en être un un jour. J'ai suivi des études qui n'avaient aucun rapport, dans une école située à Séoul, alors que j'habitais dans la ferme familiale à l'extérieur de Séoul.
Mais un jour, un incident est venu bousculer tout ça : notre ferme a pris feu. La moitié de la bâtisse a brûlé, et tandis que j'essayais de sauver ce qui pouvait l'être, j'ai vu nos cochons pris de panique, certains n'en sont pas sortis indemnes, ça a provoqué en moi un gros choc psychologique qui m'a recroquevillé sur moi-même pendant un certain temps. Mes études en ont pâti.
C'est après avoir remonté cette pente que je me suis orienté vers le dessin. On m'avait toujours dit que j'avais un certain talent dans le dessin, j'ai donc suivi cette voie selon ce simple critère. Au final, je n'ai jamais vraiment suivi d'études sur le sujet, je suis plutôt autodidacte, et j'ai commencé tard dans le milieu, puisqu'à mes débuts j'avais déjà dépassé les 30 ans.


Suite à cela, qu'est-ce qui vous a amené à travailler sur Monk ?
Il est possible que vous soyez un peu déçu : ce n'est pas quelque chose que j'ai planifié longtemps à l'avance, et ce n'est pas du tout le genre de série que je voulais faire. Mais il faut bien se lancer un jour, et mon éditeur m'a proposé de travailler là-dessus.
Une fois sur le projet, comme beaucoup d'auteur faisaient déjà ce genre d'histoire d'action, j'ai voulu changer un peu les choses, modifier le ton prévu à la base en orientant plus la chose sur le comique.
Également, j'ai voulu travailler assez intensément le cadre, notamment les paysages. Pour ça, j'ai trouvé l'inspiration dans des images tirées de National Geographic, un magazine que j'aime.


Monk mélange arts martiaux, humour, jolies filles et références bouddhistes. Lequel de ces thèmes vous tenait le plus à cœur et pourquoi ?
Si je dois choisir, je dirais l'humour. Comme je le disais, c'est le point que j'ai voulu développer le plus, c'est ma touche personnelle par rapport à ce qui était prévu à la base.
A part ça, ce que je voulais surtout éviter, c'était un récit didactique. Chercher à enseigner des choses ou à apporter des messages trop philosophiques, ce n'est pas mon truc.
J'ai voulu faire quelque chose de léger, drôle, divertissant, j'espère que j'y suis parvenu (rires).
 


Vous disiez que Monk! Vous a été proposé par l'éditeur. De ce fait, le scénario était-il totalement écrit dès le départ ?
Le déroulement de l'histoire était déjà entièrement prévu.


Mais cela ne vous a pas empêché d'intégrer plus d'humour, par exemple. Malgré le scénario à suivre, y êtes-vous allé totalement selon vos idées et envies du moment ?
Ca a été. L'écriture a pu être modifiée beaucoup de fois pendant la réalisation du manhwa. L'éditeur n'a pas dicté la façon de faire les choses, mais a proposé différents thèmes et idées, ensuite je tournais la chose comme je le souhaitais.


Et est-il arrivé que l'éditeur vous pose des limites ? A-t-il trouvé que vous alliez trop loin par moments ?
Il a fallu faire attention au sujet de l'aspect sexuel du contenu. Vu que le héros est un adolescent qui arrive doucement vers le statut d'adulte, certaines personnes dans la maison d'édition trouvaient que ça allait trop loin, que c'était trop tendancieux, trop indiscret. Pour moi ça allait, car on avait là le point de vue d'un adolescent curieux au sujet de la sexualité humaine... un adolescent normal, quoi ! (rires)
Bref, je n'étais pas d'accord avec l'éditeur, et je ne comprenais pas trop pourquoi il se focalisait autant sur l'aspect sexuel.


Après tout, c'est une évolution naturelle du héros, c'est normal pour un adolescent de s'intéresser à ça...
Oui, voilà. Mais vu qu'il y avait tout de même pas mal d'avis négatifs, j'ai dû censurer un peu l'ensemble.


Quels outils utilisez-vous pour dessiner ?
Pour Monk!, une feuille avec un crayon à papier, puis un crayon à l'encre. Aujourd'hui, sur Geonbae, j'utilise plutôt l'ordinateur.


Pour rester sur Geonbae, comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
Sur Geonbae, je ne suis que dessinateur. Comme le sujet de l'alcool commençait à se développer en Corée, l'éditeur pour lequel j'ai fait Monk! m'a proposé de participer à une série parlant d'alcool.
 


Vous disiez tout à l'heure que Monk! ne correspondait pas à ce que vous aviez envie de faire. Est-ce que Geonbae y correspond plus ?
Non (rires). Mais j'apprécie tout de même de travailler sur Geonbae, c'est instructif pour moi.


Qu'aimeriez-vous faire, dans ce cas ?
Une histoire avec un humour proche de celui de Monk!, mais dans un cadre plus moderne, dans une société plus contemporaine.


Donc le sujet de Geonbae n'était pas quelque chose qui vous intéressait spécialement à la base ?

Disons que ce n'est pas l'un de mes thèmes préférés, car je ne suis pas très proche de l'alcool, je n'y touche presque pas. Je ne refuse pas l'alcool, mais je ne le cherche pas non plus.


Malgré tout, avez-vous apporté des choses au scénario ?
Ce n'est pas moi qui ai défini le cadre de la série, mais avec le scénariste nous avons fait des recherches ensemble pour peaufiner le tout. Nous sommes allés dans des espaces collant au sujet pour observer et prendre des photos.
Ca m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur l'alcool, et d'en goûter beaucoup. J'ai appris beaucoup de choses sur les boissons coréennes, alors que je suis coréen. Maintenant, j'ai un point de vue un peu différent sur l'alcool.


Vous avez donc travaillé de manière assez proche avec le scénariste...
Oui. Nous nous réunissons avec le scénariste, avec l'éditeur, avec notre entourage, pour proposer des idées, voir comment faire évoluer les choses.


Et combien de temps vous faut-il pour concevoir une planche ?
Au plus long, 15 jours pour une page. Au plus court, 4 heures.
 
  
 
Qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris que vous alliez être publié en France ?

Je ne remercierai jamais assez cette chance qui m'a été donnée. Pour quelqu'un comme moi qui ne se destinait pas à la voie du manhwa au départ, c'est encore assez difficile à croire, et je suis même étonné de voir qu'autant d'étrangers s'intéressent au manhwa, encore plus pour une série comme Geonbae qui est très ancrée dans la culture coréenne. Merci aux lecteurs !
 
 
Remerciements à l'auteur, aux éditions Booken et aux organisateurs de Paris Manga.
 

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