AKANE Aki - Actualité manga

AKANE Aki

Interview de l'auteur

Lors de la Japan Expo 2013, le stand d'Aoji mettait en avant une artiste qui nous a fait part d'une illustration faite en direct, mais aussi d'un concert ! Connue sous son pseudonyme Aki Akane, nous avons rencontré l'artiste aux multiples facettes lors d'une table ronde durant laquelle elle nous a dévoilé tout de sa manière surprenante de travailler.

  
                                      
Bonjour Aki Akane et merci de nous accorder cette table ronde malgré votre planning chargé. D'où vient votre passion du dessin et de la musique et surtout, comment avez  vous décidé de chercher à percer dans les deux domaines ?
Aki Akane : Bonjour ! Tout a commencé lorsque j'ai découvert le site Nico Nico Douga (ndlr : site japonais où l'on trouve plein de choses comme des actualités, des vidéos, des dessins, etc...), c'était la période des Vocaloid et j'ai trouvé ça amusant. Les gens chantaient et leurs musiques étaient publiées sur le site et c'est ce qui m'a incité à me mettre moi aussi à la chanson, surtout que j'aimais déjà beaucoup la musique. De plus j'ai toujours aimé dessiner, j'ai vu qu'il y avait la possibilité de mêler l'art du dessin à celui de la musique, je n'ai donc pas hésité et j'ai commencé à dessiner mes propres réalisations en les mélangeant avec de la musique, jusqu'à faire des clips comme aujourd'hui.

Vous avez réalisé la pochette d'un single pour le groupe Minmi : comment s'est passée cette collaboration ?
C'est tout simple, ce sont eux qui m'ont contacté pour me proposer cette collaboration et j'ai accepté directement, je suis très contente d'avoir pu travailler pour eux.

Comment qualifieriez-vous votre univers, que ce soit dans vos illustrations ou bien dans votre musique ?
Pour ce qui concerne mon univers il y a beaucoup de choses qui m'inspirent pour le créer, mais pour ce qui concerne mon art en soi je dirais que c'est plutôt la tristesse, le fait de pleurer par exemple. C'est ce genre de sentiment que j'essaye d'exprimer à travers mes travaux, je préfère illustrer la tristesse plutôt que la joie.

C'est la troisième fois que vous venez en France mais la première que vous chantez en live devant un public français, comment avez vous perçu ce public ? Quelle est la différence avec le public japonais ?
Si je dois dire la vérité, j'ai toujours mes lunettes de soleil quand je chante donc je ne vois pas trop ce qu'il se passe autour de moi (rires). Cependant quand j'ai vu qu'il y avait autant de monde à mon concert j'ai été très surprise mais surtout très contente de voir qu'il y avait cette présence de la part du public français. Si je devais comparer les deux publics, je dirais que les français sont plus chauds et actifs et répondent peut-être mieux à la musique.

  
   
Cherchez vous à transférer un message précis à travers vos illustrations et votre musique ?
En fait j'essaye de faire la même chose mais avec deux moyens différents. Quand je chante, il y a des choses que je n'arrive pas à exprimer tel que je souhaiterais les dire, c'est pour ça que ce que je ne peux pas faire avec la musique je le fais avec mes illustrations. Je dirais donc que le message se complète grâce à la fusion de ces deux éléments.

Vous avez participé à plusieurs productions avec LILA's Records : pendant vos travaux étiez-vous libre de vos choix ou bien deviez-vous suivre certaines consignes précises ?
Je n'ai pas de façon unique de travailler : parfois j'ai des idées, je voudrais les faire, donc je les consulte pour leur montrer ces idées et ils me donnent leur avis. Mais parfois c'est aussi eux qui me demandent directement ce que j'ai envie de faire. J'ai donc le champ libre sur certains travaux, alors que sur d'autres j'ai des consignes qui m'empêchent de faire telle ou telle chose pour diverses raisons. Finalement tout dépend du projet.

Pouvez vous nous détailler votre manière de travailler ? Comment procédez-vous pour créer votre univers : vous commencez d'abord par du dessin qui débouche sur une musique, l'inverse ou bien autre chose ?
Dans la majorité des cas je pense à la musique dans un premier temps, on peut dire qu'elle est à la base de mon travail. Une fois que j'ai pensé à celle-ci et que je l'ai bien ancrée dans ma tête, je commence à dessiner une illustration qui développe davantage mon idée jusqu'au projet fini.

Lors de votre première Japan Expo vous étiez venue en tant qu'exposante de fanzine sans être invitée par les organisateurs de la convention. Comment vous est-il venu l'idée de venir en France et comment vous êtes-vous organisée ?
En réalité les personnes du staff de mon label avaient décidé de venir en France et j'ai donc tout simplement voulu les suivre car pour moi, la France est le pays de l'art, je voulais voir ça de mes propres yeux. Je dois avouer n'avoir jamais pensé me rendre à l'étranger auparavant, cela me faisait donc un peu peur car c'était mon premier voyage hors du Japon. Au final, tout s'est déroulé sans problème et je fus très contente de cette aventure.


 
On dit souvent de vous que vous êtes l'égérie du phénomène Vocaloid.  Pouvez vous nous parler de ce phénomène, de votre façon de le voir, notamment Hatsune Miku ou encore Len Kagamine qui font partie de ces icônes ?
En fait je connais le phénomène Vocaloid depuis son début, avant même qu'il ne devienne vraiment populaire, je l'ai vu grandir et cela s'est passé très vite. Quand j'ai vu pour la première fois Hatsune Miku, je me suis rendue compte qu'il était possible de faire de la musique avec en plus un travail graphique, j'ai tout de suite pensé que cela pouvait être développé jusqu'à devenir une culture. Au final, je suis contente de voir à quel point ce phénomène s'est popularisé à travers le monde, c'est un peu comme un rêve qui est devenu réalité !

Vous avez dessiné des illustrations pour les boîtes à musique Aku no Musume, pouvez-vous nous dire comment vous vous êtes retrouvée impliquée dans ce projet ?
On est tout simplement venu vers moi, sachant que j'aimais la musique et le dessin, et on m'a donné du matériel pour commencer à travailler dessus. A l'intérieur des boîtes à musique, j'ai cherché à exprimer tout simplement ce que j'aime à travers la musique, tout en prenant compte des capacités du matériel et de la façon dont je pourrais l'exploiter. Au final, j'ai cherché à mélanger mon univers au leur plutôt que de tout inventer.

Vous nous parliez tout à l'heure de la France comme le pays de l'art. Maintenant que vous êtes déjà venue trois fois, comment percevez vous l'art de ce pays ?
Avant de venir en France, j'avais cette image du pays artistique avec des villes magnifiques, je connaissais déjà le Louvre mais je ne savais pas exactement ce que j'allais réellement voir durant mon voyage. Quand je suis venue, je me suis rendue compte que ce que j'observais correspondait à l'idée que je m'étais faite du pays, Paris est pour moi une très belle ville sur ce côté là. Mais ce qui m'a le plus bouleversé, je pense, c'est lorsque j'ai exposé mes illustrations pour la première fois, j'ai vu que les gens étaient vraiment intéressés par mes dessins, ils me donnaient leur opinion à propos de mes travaux et en écoutant ça, j'ai remarqué que la façon qu'ont les Français de regarder mes illustrations est vraiment différente de celle de mon public japonais. J'ai l'impression que l'avis du public français correspond mieux à l'art, je pense qu'il a une manière de répondre à l'art meilleure que le public japonais. Le public français me paraît plus sensible.



Si on vous proposait de revenir en France pour, cette fois-ci, un concert de plus d'une heure avec pourquoi pas une tournée dans tout le pays à la clé, cela vous intéresserait-il ?
Actuellement je dois avouer que ce n'est pas dans mes plans, mais si j'avais cette proposition de faire un live plus long et ce dans plusieurs villes, oui bien sûr je serais complètement partante pour le faire !

Pouvez-vous nous parler de votre mascotte ?  Quel type de personnage c'est, et surtout comptez-vous l'intégrer dans des histoires à l'avenir, comme dans un manga par exemple ?
Peut-être l'avez vous remarqué, mais cette mascotte, c'est tout simplement moi (rires). Vu que je ne montre jamais mon visage j'avais besoin d'une photo d'artiste ce qui est normal, or vu que je ne voulais pas me dessiner telle que je suis j'ai dessiné ce personnage avec les lunettes et le masque. Aki Akane signifie "libellule rouge" et c'est donc ça que j'ai cherché à illustrer, les lunettes et le masque rappelant fortement l'insecte. Sinon je n'ai pas pour projet de le mettre en scène dans des mangas ou autre chose, c'est uniquement un moyen de me représenter dans des illustrations.
                                     
Si vous ne deviez choisir qu'une seule chanson parmi vos productions, laquelle serait-ce et pourquoi ?
Assurément, Rolling Girl. Je ne peux pas dire que c'est la chanson que j'aime le plus, par contre c'est celle qui m'est la plus représentative. C'est elle qui m'a donné la force de venir en France et qui m'a aussi donné la motivation pour chanter. C'est avant tout une chanson que j'aime bien car elle signifie quelque chose de spécial pour moi.


                               
Concernant la réalisation de vos clips, est-ce que vous travaillez avec une plus grande équipe ou bien c'est vous qui vous chargez toute seule de la réalisation de A à Z ?
A mes débuts je m'occupais des dessins pendant que mon ami Yamako s'occupait du montage, mais désormais je me charge de tout toute seule.

D'où vient votre pseudo Screaming Cinderella et que signifie-t-il ?
En tant que chanteuse j'aime particulièrement utiliser des tonalités hautes, parmi les chansons de Vocaloid je choisissais toujours ce genre de chansons. Du coup, on a commencé à me trouver ce surnom que je trouvais un peu étrange au début. Je pensais que c'était fait seulement pour parler de moi sur les forums mais j'ai réalisé avec le temps que ce nom collait parfaitement à mon univers et à mon travail. Maintenant, les années ont passé et je ne suis plus vraiment connue par ce nom bien que certains continuent encore de l'utiliser sur le net.

Avez-vous des artistes qui vous inspirent particulièrement dans votre travail ?
Je dois dire que plus qu'un modèle, c'est surtout la vie quotidienne qui m'inspire le plus. C'est à dire que quand je marche dans la ville, quand je me promène, je vois des choses comme une fille qui porte une robe particulière et cela m'inspire. Ca peut tout aussi bien être un ami qui me parle de quelque chose de sa vie, cela va me donner une petite idée que je chercherai ensuite à développer. En fait ce sont vraiment les éléments proches de ma vie de tous les jours qui sont à la base de mes travaux.


 
Vous avez commencé votre carrière très jeune, précisément en 2008 après avoir quitté l'école. Est-ce que la musique et le dessin sont des choses que vous avez toujours voulu faire, ou est-ce plutôt un don que vous avez remarqué tardivement ?
Depuis que je suis petite j'aime beaucoup dessiner mais je ne pensais jamais devenir chanteuse même si j'aimais ça.  En revanche, avant d'entrer au lycée je pensais sincèrement devenir mangaka ou bien travailler dans l'animation, seulement avec les études je me rendais compte que je n'avais plus autant de temps pour dessiner, je pensais donc me tourner vers le design. C'est en découvrant Nico Nico Douga que j'ai retrouvé ma passion pour le dessin. Pour moi l'illustration était la forme qui correspondait le plus à ma volonté de créer des choses, et bien que je n'avais jamais réellement planifié le fait de devenir une artiste, tout s'est fait petit à petit jusqu'à présent. Mais je ne sais toujours pas de quoi sera fait mon avenir.

Vous avez récemment fait un partenariat avec Kusaka Kiyoshi. Que vous a apporté cette collaboration ?
Tout a commencé avec mon label qui m'a demandé de faire une collaboration avec lui. Quand on a commencé à travailler ensemble, j'ai remarqué que le son qu'il faisait était vraiment cool et que la musique qu'il faisait était juste parfaite pour ma voix. On a alors très bien travaillé ensemble et j'en garde un très bon souvenir.

Un dernier message pour vos fans français ?
Je vais travailler dur et faire beaucoup d'efforts pour vous faire de nouvelles chansons ainsi que plein d'illustrations.  J'espère revenir très vite en France pour revoir mon public français !


Remerciements à Aki Akane, à son manager, au staff d'Aoji ainsi qu'aux autres intervieweurs.


Compte-rendu mis en ligne en mai 2014.

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