Euterpe Vol.1 - Actualité manga

Euterpe Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 20 Juillet 2017

Véritable virtuose du piano, connu à travers le pays, Jon ne trouve plus l’inspiration qu’il lui faut pour jouer. Dépressif, il part se ressourcer dans la maison où il a grandi, chez son grand-père. Mais celui qu’on surnomme le « Maestro » est aujourd’hui décédé, au grand damne de Jon qui n’a peut-être pas passé le temps qu’il voulait avec celui qui lui a donné le goût de l’instrument. Sur place, le jeune homme découvre un héritage bien particulier en la personne de Kal, l’ancienne élève du Maestro qui ne voit pas forcément Jon d’un bon œil…


Avec D’Encre et de Feu et Hana no Breath, Euterpe fait partie des trois premières créations françaises éditées par H2T qui ont bénéficié d’éditions physiques.  Œuvre prévue sur deux tomes, cette série musicale est née de la main d’Art of K, une dessinatrice qui publie son tout premier ouvrage, bien qu’elle se soit déjà fait connaître pour ses travaux amateurs sur la toile.


Avec Euterpe, la création française explore le domaine de la musique. Au schéma assez simple, ce premier volume nous propose de suivre une cohabitation plutôt musclée entre Jon, un pianiste doué, mais en déclin, et l’impulsive Kal, tous deux étant liés par une seule et même personne : un pianiste de renom désormais décédé. D’entrée de jeu, Euterpe surprend par sa tonalité, sombre et mélancolique, portée par l’introduction d’un protagoniste, Jon, dont l’état d’esprit et à l’image de l’ambiance de ce début de tome. C’est sa rencontre avec Kal qui va rythmer l’ensemble de ce premier tome et à ce titre, la relation proposée entre les deux personnages centraux est totalement réussie. Bien que les caractères des personnages n’innovent pas, dans le sens où utiliser deux personnalités opposées est un élément classique pour créer de l’interaction, la dynamique entre Jon est Kal est plutôt prenante. De manière tout à faire naturelle, l’autrice parvient à développer ce duo, le faire évoluer, et ce sans jamais trahir les personnages. Nous sommes donc finalement loin de la caricature puisque ces têtes d’affiche, à elles deux, portent bien l’intérêt du récit.


Œuvre mettant deux personnages opposés en avant d’une partie, Euterpe aborde le monde de la musique, plus précisément l’univers des pianistes. A contrairement à l’image douce que l’on pourrait se faire de la musique classique, Art of K nous livre un premier tome où la musique peut revêtir bien des aspects. Elle peut être libératrice comme elle peut être cause de souffrance, que ce soit pour Jon qui n’a pas trouvé l’épanouissement qu’il recherchait dans ce milieu, Kal qui se rendra compte que cette passion peut séparer une famille, ou tout simplement pour le « Maestro », qu’on ne voit que par des flashbacks ou autres témoignages, mais qui s’attire notre sympathie par la solitude qu’il caractérise. Le ton du début de l’œuvre, que nous avons évoqué précédemment, est donc le reflet de cette œuvre aux multiples facettes. En ce sens, difficile de ne pas penser à ce chef d’œuvre qu’est Your Lie in April qui, d’une autre manière, abordait les différents aspects de la musique. Si les deux mangas n’ont que leur approche de cet arc en commun, il est intéressant de voir qu’il n’y a aucune redite de la série de Naoshi Arakawa dans Euterpe.


Toujours dans le traitement des thématiques de la série, on notera la cohérence de ce premier tome qui se découpe en deux parties distinctes. Il y a d’abord la dépression, la rancœur et l’amertume, tout ce que la vie et la musique peuvent causer, à travers la tonalité sombre de la première moitié de récit et la rencontre entre Jon et Kal. Et tout comme le récit évolue vers un peu plus de légèreté et d’espoir, les deux protagonistes évoluent ensemble, mettent de côté leur manie de broyer du noir et se mettent même à rire côte à côte, parfois. Il y a donc un optimisme qui monte doucement dans cette première moitié de série et, comme une mélodie aux multiples émotions, elle fait évoluer notre humeur avec habilité.


On notera d’ailleurs que le coup de crayon de l’autrice va dans ce sens. En début de tome, sa mise en scène est sombre, lourde parfois, mais elle s’émancipe progressivement de son aura pesante et de ses teintes de noir pour devenir progressivement plus propice à l’enthousiasme. D’ailleurs, la deuxième moitié de volume est davantage piquée par l’humour, notamment grâce à la galerie de personnages introduite autour de Vicky, l’amie un poil superficielle de Kal. Bien que toutes ces figures secondaires aient beaucoup moins de présence que les deux héros, on ne peut qu’espérer que leurs rôles s’agrandiront dans le deuxième et ultime volet, et que celui-ci décortiquera encore plus d’interactions entre tout ce beau monde.


Du côté de l’édition, H2T nous livre une très bonne copie, ce qui est d’autant plus louable qu’il s’agit de l’un des premiers titres imprimés de l’éditeur. L’ouvrage jouit d’une bonne qualité de papier et même de quelques pages couleur des plus appréciables. Notons que l’ouvrage est en sens de lecture français, ce qui plaira ou non, mais n’entache jamais l’expérience de lecture.


Premier segment d’une série en deux tomes, Euterpe est une bien belle surprise. A l’image d’une partition complexe, ce premier opus navigue entre les émotions, dépeintes de multiples facettes de l’univers musical, le tout en étant porté par deux protagonistes aux caractères bien trempés, mais dont l’union progressive passionne à chaque page. Art of K signe donc une première œuvre éditée forte et surprenante, on ne peut donc qu’espérer que le deuxième et ultime volume achève ce diptyque en beauté.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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