Village aux huits tombes (le) - Actualité manga

Village aux huits tombes (le)

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 05 June 2014


Le village aux huit tombes est initialement parut au Japon en 1951, puis a été publié en France par Denoël en 1993, et en 1999 par Picquier pour l’édition poche. C’est l’un des trois romans policiers de Seishi Yokomizo traduits en France. Si Yokomizo est loin d’être un auteur culte dans nos contrées, c’est au japon l’un des plus fameux créateurs de polars, similaire à Edogawa Ranpo (les deux hommes étaient d’ailleurs amis). Si l’influence de Ranpo (et de son personnage Akechi Kogoro) a grandement influencé Gosho Aoyama pour Détective Conan, Yokomizo est indirectement connu en France grâce à la série Les enquêtes de Kindaichi (Satô Fumiya et Yozaburo Kanari), manga mettant en scène un certain Hajime Kindaichi, petit-fils de Kôsuke Kindaichi, détective phare de l’œuvre de Yokomizo. Plus récemment, Taïchi Amano, personnage principal de La tour fantôme, cite Yokomizo parmi ses auteurs favoris.

Tout commence au 16ème siècle lorsque huit hommes, refusant la reddition de leur seigneur, fuirent leur patrie en emportant un trésor de 3000 ryô. Ils se réfugièrent dans un petit village de montagne où ils furent accueillis et cachés par les villageois pendant un temps, jusqu’à ce que l’appât du gain et la peur d’être condamnés pour trahison ne poussent les habitants à assassiner les huit hommes. Depuis, le patelin n’est plus qu’appelé Village aux huit tombes.
Des centaines d’années plus tard, le paisible mais superstitieux village est en proie à la terreur lorsque que Yôzô Tajimi, maître de la famille la plus influente de la bourgade, assassine froidement trente-deux innocents dans un accès de folie avant de disparaître dans les montagnes. Vingt ans s’écoulent à nouveau, et Tetsuya Terada, propre fils De Yôzô, que sa mère avait depuis longtemps amené vivre à la ville, est contacté par un inconnu. Totalement ignorant de son lourd passif, notre héros décide de retourner au Village aux huit tombes, décision lourde de conséquences…

On a donc affaire à un polar, plus exactement à un roman policier, genre littéraire qui consiste, à partir d’un crime initial, à rechercher le criminel. Le lecteur cherche lui-même à deviner l’identité du coupable, souvent en vain, si l’auteur s’est bien débrouillé. Généralement, le coupable est identifié, capturé, et tout s’achève en happy end, avec une possible ouverture laissant deviner que rien n’est vraiment terminé. Voilà typiquement le type de récit qu’est Le village aux huit tombes.

L’intrigue suit un déroulement assez classique. Le personnage principal découvre régulièrement de nouveaux indices, qu’il met en corrélation pour identifier le coupable, il suit de fausses pistes tandis que les meurtres se multiplient autour de lui. Malgré le ton finalement pas très original du roman, on suit avec plaisir les divers rebondissements, se prenant au jeu, saluant l’ingéniosité de l’auteur à certains passages. Si l’on s’amuse, on est également très curieux de connaître le fin mot de l’histoire, et l’auteur n’oublie pas de distiller une certaine tension, souvent efficace, bien que les phrases toutes faites « j’allais franchir le seuil de l’horreur », revenant trop régulièrement, finissent par perdre de leur impact. Une redondance certes inhérente au genre, mais l’on préférerait qu’elle soit évitée.
Les personnages quant à eux s’avèrent relativement attachants. Si c’est avant tout l’action qui forme le récit, c’est un enchevêtrement de sentiments humains qui en sont la cause. Si les personnages semblent bien souvent n’être que les pantins de l’intrigue policière, certains passages font tout de même la part belle aux relations entre les protagonistes, de façon peut-être un peu trop clinique. Notons également que le roman permet de « rencontrer » Kôsuke Kindaichi qui, comme dit plus haut, est un détective intervenant régulièrement dans l’œuvre de Yokomizo. Sa présence reste toutefois assez anecdotique.

J’en arrive à ce qui est pour moi le fléau du roman : la traduction. Je reste persuadé que l’ouvrage aurait pu être nettement meilleur si les tournures de phrases chaotiques et autres utilisations des temps anarchiques n’avaient pas été à ce point foison. Dommage.

Il existe de très mauvais romans policiers, comme il en existe de très bons. Le village aux huit tombes en est un bon, mais on l’aurait d’avantage apprécié si la traduction avait été meilleure. Mais ne chipotons pas, efficace et divertissant, c’est déjà beaucoup.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Luciole21

16 20
Note de la rédaction






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