UQ Holder! Vol.28 - Manga

UQ Holder! Vol.28

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 06 Décembre 2022

Après bien des déboires, UQ Holder et leurs alliés s'apprêtent à livrer la bataille finale contre Yolda Baoth, sur le satellite Charon qui gravite au-dessus de la Terre. Avant ça, il reste un dernier obstacle, Baal, sans compter les membres de l'Ala Alba manipulés par le Mage du commencement. Dans ces conditions, les immortels ne pourront que difficilement acquérir la victoire... À moins qu'un ultime atout de Tôta permette de changer la donne  !

En avril 2004, quelque temps après la série à succès que fut Love Hina, le lectorat français découvrait avec curiosité la nouvelle proposition de Ken Akamatsu. Vendu comme un Harry Potter au pays de Love Hina, Negima s'est rapidement imposé comme une série différente, plongée dans un univers magique riche et inventif, et construit autour de batailles à pouvoir de plus en plus intenses. Si le côté harem subsistait, le cœur du récit était l'aventure, jusqu'à ce que son 38e tome vienne conclure de manière un poil précipitée tout ce programme. UQ Holder a pris la relève, présentant la conclusion de Negima comme un univers alternatif, afin d'élaborer son propre point final qui nous est proposé en cette fin d'année 2022. 18 ans se sont écoulés, pour nous, entre le début et la fin de cette épopée, tandis que les derniers tomes en date nous ont quelque peu laissés perplexes, notamment par leur manière de dépeindre les convictions personnelles d'un auteur qui a aujourd'hui mis le manga de côté pour intégrer la politique. Malgré tout l'amour qu'on peut éprouver pour la saga Negima / UQ Holder, il est normal de redouter un tantinet la conclusion. Et pourtant, le mangaka sait ici mettre ses opinions clivantes pour proposer un final en bonne et due forme. Ou du moins, si la transition dans sa carrière existe par le biais de métaphores, son discours ne trouve jamais place dans les derniers événements de l'œuvre.

Plus que jamais, l'heure est à la démesure dans un combat décisif mêlant magie et vaisseaux spatiaux qui font face à une horde de titans surnaturels, tandis que Yolda Baoth est sur le point d'enclencher son plan qui mettra fin à l'humanité. Entre rebondissements incessants, démesure dans la puissance des personnages et fan-service, Akamatsu crée un véritable spectacle par ce tome final. L'idée est clairement celle d'un adieu, une volonté de tourner la page avec son univers (et sa carrière?) en se montrant généreux avec ses personnages comme avec son lectorat. Mais dans un contexte où de nombreuses figures de Negima sont déjà présentes, dans l'ombre, depuis un certain temps, la carte jouée par l'artiste se révèle cohérente. Elle permet même de conclure l'affrontement sur un feu d'artifice qui ravira celles et ceux qui continuent d'avoir un attachement pour la série précédente, tout en arrivant à une finalité satisfaisante, sans réelle porte ouverte, bouclant définitivement la longue bataille contre le Mage du commencement. Alors, tant pis si on se perd un peu avec les sous-intrigues et coups de théâtre. UQ Holder est un univers confus, mais qui semble clair dans l'esprit de son auteur, chose dont on s'accommode. On apprécie le banquet tel qu'il est proposé, bien qu'une telle générosité en termes de retour de personnages aurait mérité quelques chapitres de plus afin de s'intéresser comme il se doit à tout ce beau monde, une dernière fois.

L'épilogue, le moment qu'on craignait peut-être le plus, vient satisfaire par son discours sain sur la nostalgie. Le lecteur aura tout le plaisir de retrouver l'univers par des relectures de l'ensemble, mais il est maintenant temps de boucler la boucle, sur un happy ending aromatisée d'une pointe de mélancolie. Le message est simple, mais joli, bien qu'il sous-entende aussi les nouveaux horizons que côtoie le mangaka, ou plutôt l'homme politique, avec lequel il est facile d'entrer en désaccord.

Après quelques derniers opus frustrants, voire grinçants, UQ Holder se termine par un tome satisfaisant, intense et survolté, aux notes de fan-service voulues et assumées de manière à ce que chacun puisse faire ses au revoir avec l'univers. UQ Holder aura été une série inégale, à l'univers si dense qu'il était parfois difficile de le saisir totalement, mais qui forme avec Negima une saga efficace. En ce sens, il sera difficile de ne pas remercier Ken Akamatsu pour cette histoire qui nous aura transportés.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato
15 20
Note de la rédaction