The Fable Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 04 November 2021

Chronique 2 :

Après quinze années passées derrière les barreaux, Kojima a décidé de se refaire une place au sein du clan Maguro. Tandis que Takahashi fait sa rencontre, Ebihara est pris d'un soudain malaise et doit être hospitalisé. Si sa vie n'est pas en danger, il doit rester en repos, laissant le champ libre à Kojima pour agir. De son côté, Satô vaque à son quotidien ponctué par son petit boulot et le visionnage des épisodes de la série dans laquelle Jackal performe. Sans vraiment s'en rendre compte, il veille au grain et protège Misaki, des tentatives voyeuristes de Kainuma, leur collègue aussi pervers que mauvais.

Entretenant toujours son atmosphère si singulière, The Fable se poursuit via différents chemins de personnages, des péripéties qui parfois se croisent et pourraient donner un avenir retentissant à la série de Katsuhisa Minami.

Dans ce cheminement, ce n'est pas tant le quotidien de Satô qui nous intéresse ici mais bien les manœuvres de Kojima, le membre du clan Maguro fraîchement sorti de prison et qui compte bien profiter de l'absence d'Ebihara pour se refaire. Par son biais, et par ses interactions avec Takahashi, l'auteur explore différentes dualités au sein de la Pègre nippone, via ses membres les plus rudes et sournois et ceux, au contraire, plus dociles. On ne sait pas exactement où nous mène l'arc de Kojima, mais sa rencontre avec le protagoniste laisse croire à une sorte de confrontation inévitable. Et c'est bien parce que l'avenir de cette trame demeure assez flou qu'on est déjà pris de curiosité pour la suite du titre.

Dans ce jeu d'intrigues croisées, Kojima rencontre aussi Misaki, la collègue de travail de Satô qui exerça autrefois comme modèle érotique, un passé qui nourrit à la fois l'intérêt du mafieux peu scrupuleux et celui de Kainuma. Dans l'ensemble, l'auteur continue de traiter ces récits parallèles et croisés avec son format tranche de vie et son humour cynique toujours efficace, mais y installe aussi des atmosphères empreintes de tension. Car concernant les manigances de Kojima, difficile de tout traiter avec humour. Seules les réactions détachées de « Fable » amènent un décalage toujours croustillant, bien que le héros ne soit pas forcément le personnage le plus récurrent de cet opus.

Finalement, c'est surtout Yôko qui profite de son propre petit chemin solitaire, sans vraiment se soucier des enjeux des trames parallèles pour le moment. Cette dernière s'adonne à sa passion, celle de faire tourner en bourrique les hommes qui craqueraient pour elle, menant à des séquences détachées mais toujours croustillantes tant le mangaka sait appuyer le portrait de ce personnage féminin bien à part. Au-delà d'être une femme purement indépendante, Yôko s'amuse du patriarcat ambiance, à sa mesure, sans avoir d'autre objectif dans sa vie. A sa manière, elle est aussi une figure décalée de l'intrigue.

The Fable continue donc son bonhomme de chemin, toujours avec ses ambiances si singulières en guise de force, et tout en mettant davantage en avant une intrigue mafieuse plus soutenue via le personnage de Kojima. On voit forcément ce tome comme une préparation de la suite, aussi on attend avec hâte d'observer les retombées de cette construction.


Chronique 1 :

Mis au vert pendant un an par son patron en compagnie de sa "soeur" Yoko, Fable, sous le nom de Sato, continue petit à petit de s'adapter autant que possible à une vie plus normale, et s'est même déniché un job grâce à Misaki, dont il est devenu le collègue au sein d'une petite boîte de graphisme où il est un peu l'homme à tout faire. Même si le "tueur en pause" vit les choses à sa manière en nous faisant souvent sourire, entre son premier degré, son salaire misérable dont il se réjouit ou encore sa passion pour la série TV nanardesque de Jackal, le fait est qu'il semble assez se plaire dans ce quotidien routinier... Mais pendant que lui s'affaire aussi sérieusement que possible à ses nouvelles occupations, autour de lui il y a plus d'une tête qui s'agite de plus en plus !

Et parmi elles, il y a Yoko, bien sûr. L'assistante de Fable, depuis que ce dernier a été mis au vert, s'ennuie, n'a littéralement plus rien à faire. Hormis dormir et picoler comme un trou. Ou s'amuser, complètement beurrée, avec le visage de Misaki dès le début du tome. Et, surtout, essayer de se dégoter un nouvel homme qui pourrait la "distraire", c'est-à-dire dont elle pourrait se moquer et rire à ses dépens, comme elle l'a si bien fait avec Takahashi. Et autant dire qu'après le sbire un peu tocard d'Ebihara, la jeune femme se met ici à jouer dans une autre catégorie en s'attirant bien vite la convoitise d'un dragueur de premier ordre, beau gosse certain de son charme et de ses muscles... pour un résultat assez hilarant, qui est sans doute l'un des passages les plus funs du volume, tant Yoko, bien qu'un peu garce dans son comportement, s'avère excellente pour tourner en dérision les techniques de drague habituelles d'homme lourdingues, sans personnalité et bien trop sûrs d'eux.

Côté travail, les collègues de notre héros ne sont pas en reste, en particulier le peu fiable Kainuma, qui inquiète plus que jamais depuis qu'il a découvert illégalement, en pénétrant chez elle, le passé de pin-up de Misaki. Complètement obsédé par sa collègue, l'abject personnage tâche par tous les moyens de la piéger sournoisement, pour mieux arriver à ses fins lubriques... mais heureusement, discrètement, Satô veille, ne dit rien mais n'est pas duper, s'applique à déjouer vite fait les petites manigances de Kainuma, si bien que l'on a plutôt hâte de voir comment les choses tourneront sur ce plan-là.

Enfin, du côté du clan Maguro, tandis que Kuro insiste pour devenir le disciple de Fable en qui il a senti une forte aura, on a surtout un début de tome marqué par un malaise d'Ebihara, forfait pour quelque temps, ce qui va profiter à un autre personnage: Kojima, sorti de prison après avoir purgé sa peine de 15 ans, et qui est bien décidé à se refaire un nom dans le clan, quitte à employer des méthodes brutales et qui ne sont plus adaptées à l'époque. Le boss du clan le sent: Kojima va sans doute poser des problèmes, et ça ne manque déjà pas, tant l'homme ne fait pas semblant, n'hésite pas à tuer et à être violent et provocateur, et fomente des plans qui, en plus de le vouer à s'attirer les foudres de certains collègues yakuzas, viennent semer une menace supplémentaire sur Misaki...

Avec un humour décalé voire pince-sans-rire toujours réjouissant, Katsuhisa Minami poursuit doucement mais sûrement son récit, bouge ses pions efficacement, en nous laissant sur une fin de tome stimulante puisque certains axes devraient se rejoindre. Affaire à suivre !
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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