Sword Art Online - Progressive Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 03 July 2015

Critique 1


On ne présente plus Sword Art Online, franchise phare de ces dernières années dont le support d’origine est la série de light novel écrite par Reki Kawahara et illustrée par abec. C’est l’anime, comprenant pour l’instant deux saisons et réalisée par A-1 Pictures, qui a véritablement lancé le succès en France, s’en sont suivies différentes déclinaisons manga. La première d’entre-elles est une adaptation en deux volumes de l’arc Aincrad que l’on doit à Tamako Nakamura et ne comptant que deux volumes, une première tentative plutôt ratée puisque même les fans voient cette adaptation d’un œil très mitigé. Quelques temps après, le tir fut rattrapé avec Sword Art Online Progressive, une série toujours en cours avec trois tomes actuellement et dont les enjeux sont plus que nobles : Rattraper la première adaptation manga en proposant une réécriture enrichie de l’arc Aincrad. Et si on pouvait être dubitatif devant les deux mangas précédents qui restaient assez convenus, force est de reconnaître que ce premier volume de la version « Progressive » a plus d’un argument avec lui.

Sword Art Online est un mmorpg en réalité augmenté qui rencontre un franc succès, mais dont les joueurs sont prisonniers tout en sachant que mourir « in game » revient à décéder réellement. Asuna Yûki est l’une de ces otages virtuelles, dans le monde réel une brillante élève qui a perdu pied depuis sa découverte du jeu, qui n’a pas une vision optimiste de son devenir dans SAO. Mais lorsqu’un groupe projette de réunir les meilleurs éléments pour gravir la tour d’Aincrad étage par étage, Asuna croise la route de Kirito, un « beta-testeur » redoutable auquel elle va s’allier. Et si la perception de la jeune fille par rapport au jeu était vouée à évoluer suite à cette rencontre ?

On comprend sans mal que Progressive, du moins sur ce premier tome, est une réécriture qui prend le point de vue d’Asuna qui devient au passage l’héroïne. L’histoire part alors de la vie de la demoiselle avant sa découverte de Sword Art Online tout en enchaînant sur sa vie dans le jeu en prenant soin de présenter ses rencontres ainsi que ses différents états d’âme. Et quelle joie de ne plus voir Kirito en vedette du titre puisque finalement, Asuna se révèle être un personnage bien plus intéressant avec des tourments qui justifient sa vision du jeu et la manière dont elle évoluera au fil du récit ! Le récit prend d’ailleurs son temps pour décortiquer le personnage d’abord très quelconque d’un point de vue de performances de jeu, mais qui s’améliorera au fil du temps. Les fans de la demoiselle seront alors aux anges puisque cette série n’est finalement que justice qui lui est rendue et par sa condition de joueur ordinaire, son traitement est des plus intéressants. C’est d’autant plus juste que Kirito, protagoniste de la franchise, a pour réputation de lui voler la vedette, et c’est sans doute pour cela que Kiseki Himura parvient à laisser au jeune homme un simple rôle d’accompagnateur sans pour autant renier sa puissance en tant que joueur. C’est Asuna l’héroïne, et elle seule.

Lorsque l’on a affaire à une adaptation en manga d’un anime, on est habitué à voir un titre qui précipite le scénario pour se concentrer uniquement sur les éléments importants. Ce n’est pas le cas pour ce premier tome qui, en prenant le temps de se focaliser sur Asuna et l’univers de Sword Art Online, ne boucle même pas le passage du premier palier et laisse même le lecteur sur un certain suspense. Ainsi, le scénario insiste beaucoup sur les caractéristiques du jeu et la manière dont les personnages pourront remporter le challenge SAO, chose que faisait certes l’anime, mais dans une moindre mesure. L’autre atout de prendre pour élément clef le personnage d’Asuna est donc de densifier notre immersion dans le jeu virtuel ce qui est quand même le concept phare de l’œuvre, concept duquel la série animée avait tendance à passer complètement à côté. Mais par le personnage utilisé, le manga ne montre pas les enjeux de toute la saga et ne fait que les évoquer brièvement. La rencontre de départ avec Akihiko Kayaba n’est pas exemple pas montrée et le climat de terreur n’est donc pas imposé sur la série. Pour ces raisons, Progressive est peut-être davantage un récit à lire en complément de la première adaptation manga ou de l’anime plus qu’une première immersion dans l’univers SAO.

Côté dessins, nous avons là ce que la fresque manga Sword Art Online a pu nous proposer de mieux à l’heure actuelle. Le style très digital, mais précis et fidèle aux visuels d’abec  s’avère aussi classique que plaisant. Un travail tout particulier est fait sur les expressions des personnages et les moments d’actions de l’intrigue qui bénéficient d’excellents effets graphiques pour retranscrire la dimension vidéoludique, mais aussi d’une mise en scène intéressante des affrontements. Kiseki Himura a donc fait un excellent travail, c’est avec plaisir qu’on contemplera ses progrès dans les volumes suivants.

Quant à Ototo, c’est une très bonne édition qui nous est proposée. Bien que les couvertures sur papier mat utilisent désormais un couché brillant, ce qui donne un peu moins de cachet au livre, l’édition d’excellente facture de Nicolas Pujol ainsi que la qualitative impression sur un papier épais augmentent le plaisir de lecture. L’éditeur a même pensé aux quatre pages couleur de début du tome qui présentent la jolie Asuna en action, ce que les fans apprécieront certainement.

Les précédents mangas Sword Art Online ne représentaient pas la saga dans sa plus grande forme, ils présentaient même des limites évidentes. Pour rectifier le tir, Sword Art Online Progressive propose une réécriture intelligente du premier arc de la licence en prenant Asuna pour personnage clef, le tout sur un rythme posé et porté par une très belle patte graphique de la part de Kiseki Himura. Les fans seront aux anges et quant à ceux qui, comme votre serviteur, n’auraient pas vraiment aimé la série d’animation, pourquoi ne pas donner cette chance à ce reboot ?


Critique 2


Depuis maintenant quelques années, il paraît difficile de passer à côté du phénomène Sword Art Online. Débuté au Japon en 2009 et en France il y a quelques mois chez Ofelbe, le light novel de Reki Kawahara a connu dès 2010 dans son pays des adaptations en manga de qualité inégale (disponible chez Ototo en France), mais a surtout été grandement popularisé à l'international par son adaptation animée arrivée en 2012. Profitant de l'engouement de l'anime, Reki Kawahara a lui-même choisi d'écrire un reboot du premier arc de sa série, l'Aincrad, donnant ainsi naissance au light novel Sword Art Online Progressive à partir d'octobre 2012. Et aujourd'hui, c'est la version manga de ce reboot que les éditions Ototo nous proposent de découvrir !

Débuté au Japon en juin 2013, le manga Sword Art Online Progressive, à l'instar du light novel, propose de réexplorer l'univers de l'Aincrad de façon enrichie, et en en modifiant certains éléments. Et la première modification de taille se constate dès les premières pages, qui nus invitent à (re)découvrir Asuna Yûki. Lycéenne ultra studieuse ayant toujours veillé à ne pas décevoir ses très stricts parents, elle semble avoir commis l'irréparable le jour où elle s'est essayée au jeu en ligne Sword Art Online, car non seulement elle a déçu dès lors ses parents, mais s'est en plus retrouvée, comme des milliers d'autres joueurs, définitivement bloquée dans le jeu. Le seul moyen d'en sortir ? Finir le jeu. Mais pour une fille comme elle, complètement inexpérimentée, ça s'annonce mal...

Le récit prend donc le parti de nous replonger dans l'univers du premier arc de SAO en nous plaçant directement aux côtés d'une Asuna assez différente de la version d'origine, ne serait-ce que parce qu'on découvre dès le début certaines facettes de sa vie dans la réalité. Mais sa façon d'être et son statut dans le jeu sont également un brin différents, et pour faire ses preuves dans le jeu et espérer en sortir il lui faudra compter sur une rencontre providentielle, celle de Kirito, avec lequel elle se montre d'abord assez agressive, mais avec lequel elle finira évidemment par tisser peu à peu une relation forte. La rencontre entre nos deux héros est également différente, mais on vous laisse découvrir ça !

Pour le reste, on retrouve grosso modo le même fil conducteur que dans l'oeuvre d'origine, avec les préparatifs au Colisée du premier combat important contre le boss du niveau 1, et la brève découverte d'autres personnages que l'on connaît déjà, comme ce cher Agil ou le chevalier Diavel. L'enrichissement se poursuit ensuite plutôt grâce au personnage du Rat, avant que n'arrive enfin le premier combat en toute fin de volume...

Qu'on se le dise, ce premier tome n'est donc qu'une introduction, mais une introduction retravaillée et plutôt bien enrichie, comme on nous l'avait promis ! Cela dit, il convient de préciser que si vous pensez découvrir la saga SAO avec ce manga, ce n'est peut-être pas le meilleur moyen : en effet, même si l'on reprend tout depuis le début, certains éléments importants ne sont qu'évoqués en une ou deux cases (le fait que pour sortir du jeu il faut le finir...), voire pas du tout abordés pour l'instant (le fait que quand on meurt dans le jeu, on meurt dans la réalité...). Mieux vaut donc déjà connaître les bases de l'oeuvre pour apprécier au mieux ce nouveau manga.

Enfin, l'autre différence flagrante par rapport aux mangas précédents concerne sans nul doute le rendu graphique. Nouveau mangaka qui effectue visiblement ses débuts professionnels avec SAO Progressive, Kiseki Himura a sans nul doute connu l'influence de la version animée, tant son graphisme s'en rapproche énormément. Oubliez donc les dessins très maladroits de premier manga SAO - Aincrad pour retrouver ici une oeuvre visuellement beaucoup plus aboutie et qui a tout pour ravir les fans de l'anime (entre autres). C'est plus fin, plus riche, plus expressif... également un peu plus axé fan-service par moments (la scène du bain est gratuite mais plaira aux fans d'Asuna), et ponctué de décors réussis et immersifs, en tête la cité de Tolbana, le Colisée où l'habitation de Kirito.

Proposé dans une édition de très bonne qualité (papier épais, premières pages en couleurs, traduction sans coquilles...), ce reboot commence donc de bonne manière et pourrait même parvenir à séduire les personnes réfractaires à SAO (et j'en fais partie).


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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