Space Brothers Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 April 2016

Critique 1


Mutta prend l’avion en direction des Etats-Unis d’Amérique. Il quitte le Japon le temps de quelques jours afin de rejoindre son blondinet de frère cadet. Voilà donc Mutta et Hibito à nouveau réunis, mais, cette fois-ci, à Houston et, plus précisément, au Centre Spatial Johnson. Hibito passe une batterie de tests et s’entraîne régulièrement dans le cadre de sa première mission, laquelle commence à prendre forme à l’horizon. L’occasion pour les deux jeunes gens de faire le point sur eux-mêmes, le temps qui s’est écoulé, le devenir de leurs destinées respectives, à la fois sur tout et sur rien.

Le grand frère vient donc se loger dans l’appartement trois étoiles d’Hibito. La relation entre ceux-là se dessine à l’aune d’une différence poussée ; sans être aux opposés et sans que cela ne soit non plus caricatural. Synthétiquement, il pourrait être argué que nous avons là le flegmatique et le cabotin ; mais c’est en réalité davantage complexe et ils possèdent, notamment et respectivement, des marques de fainéantise et, tout à la fois, de détermination, chacun à leur manière. Des personnages pensés, légers et équilibrés. Hibito procède à tout pour faire renaître chez Mutta la haute volonté qu’il pouvait arborer par le passé, dans l’espoir qu’il s’attelle aux phases de sélection de l’aérospatiale japonaise comme il se doit. Il l’analyse, lui fait des remarques, le fait réagir, observe ses réactions et prospecte une évolution. Une relation agréablement présentée par l’auteur, dans un cadre, comme à l’habitude, tout en douceur et, aussi, un brin d’humour : voir Mutta s’occupant de ce chien assez ridicule est parfois du plus bel effet comique ; d’ailleurs, l’illustration de la couverture du présent tome ne manque pas de signifier un certain climax de ce ridicule avec un Mutta vêtu tel un effet d’optique d’un goût les plus mitigés et portant dans ces bras le fameux clébard ni plus ni moins qu’en tenue d’astronaute… adorable pistache d’un pseudo-looser magnifique qui n’en est point un.

Ce qui maintiendra sans doute en haleine le lecteur sera l’intrigue des résultats de la deuxième phase de la sélection de la Jaxa sur fil conducteur d’un fait divers dont Mutta sera l’épicentre. Avec toujours ce coup de tête qui devient, par la force des évènements, une marque de fabrique forte singulière. La sélection procède d’une exécution originale et non conventionnelle, loin d’un schéma mathématique absolu, ce qui pourra renforcer le processus d’identification d’un lectorat large en sus de s’écarter d’un aspect scolaire morne.

L’auteur ne manque jamais de traiter nombre d’autres éléments afin de faire de ce titre une véritable épopée humaine. En sus de la relation entre frères, l’idéal spatial et l’humour, Chûya Koyama n’omet point d’aborder, par interstices, le lien sentimental  entre Mutta et Serika de façon à la fois épuré, pragmatique, drôle et tout en retenu. Par ailleurs, l’auteur évoque la question du risque du métier : une interrogation philosophique sur l’équilibre entre la réalisation de ses projets aérospatiaux et ceux que l’on pourrait laisser derrière soi dans le cadre d’un naufrage catastrophe ; à cette fin, notamment, il est épaissi les motivations de nombre de personnages eu égard à leurs situations propres et distinctes.

Bref, cet ouvrage pourrait être interprété, à l’égard du protagoniste principal, comme une reconquête de soi-même avant celle de l’espace à proprement parler ; car Space Brothers est, avant toute autre chose, une fresque humaine. Un ouvrage maîtrisé, lequel aura manifestement bénéficié des qualités du précédent opus qui aura pu poser l’ensemble des bases nécessaires afin que l’histoire s’étoffe de la façon la plus cohérente qui soit. Space Brothers ne cesse de prendre corps ; subrepticement, mais sûrement. Un titre à suivre de près.


Critique 2


Tandis qu'il attend les résultats de son concours, Mutta part à Houston pour retrouver son frère Hibito, qui de son côté poursuit sa préparation pour son prochain voyage spatial. En découvrant les rigoureux entraînements quotidiens auxquels est confronté son cadet, Mutta réalise douloureusement la distance qui les sépare. Quand a-t-il d'arrêter d'être l'aîné, l'exemple à suivre pour son jeune frère, pour devenir celui qui est à la traîne ?

Après nous avoir fait découvrir un premier aperçu de la vie d'astronaute avec l'examen préparatoire, Chûya Koyama s'intéresse dans ce second volume à l'aspect fraternel qui est l'un des moteurs de cette série. Se remémorant le temps où il aidait son jeune frère dans ses études, Mutta relativise sa position et esquive ses responsabilités, prétextant être toujours poursuivi par la poisse. Mais du côté de la Jaxa, force est de constater que les choses tournent en sa défaveur, les fantômes du passé étant toujours prêts à ressurgir...

Pour se sortir de cette situation en apparence inextricable, il faudra bien un coup du sort, et l'auteur choisira une situation pour le moins burlesque pour dénouer le problème. On trouvera sans doute ce retournement un peu facile, au point qu'il occulte un peu le reste des pistes de résolution préalablement développées. Apparemment, la morale de l'histoire est qu'un bon astronaute doit avoir sa part de chance, mais espérons que Mutta soit dans le futur bel et bien reconnu pour ses compétences, et non pour des péripéties extérieures, en bien comme en mal.

Pour revenir à des choses plus sérieuses, la fin du volume soulève une question épineuse dans ce métier à haut risque, mais nous avons déjà la tête ailleurs, vers un ultime examen qui devrait décider du destin de notre héros. Décollage retardé, donc !


 


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Tianjun

14.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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