Soloman Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 20 January 2016

Seul survivant d'une humanité décimée par le peuple de la lune, rongé depuis toujours par sa vie de reclus et par sa vision des morts, Ryô Tanabe est devenu le cobaye des nouveaux maîtres de la planète, qui ont pris soin de ne pas le tuer dans ce but. Souffrance après souffrance, épaulé uniquement par le fantôme de sa demi-soeur Nishizono qui était, de son vivant, la première à le martyriser, le jeune garçon ne voit autour de lui que désespoir et désir d'en finir. Il est seul. Pour toujours. Du moins le pensait-il. Car sa rencontre avec Nino, une jeune, pure et innocente fillette artificielle créée par l'ennemi, lui a petit à petit redonné goût à la vie. Seulement, Nino n'est elle-même qu'un cobaye, et le peuple de la lune la lui enlève pour l'éliminer comme un vulgaire déchet. Ryô pourra-t-il laisser faire ça ? Certainement pas. Et pour sauver cette jeune fille à la vie limitée, il est prêt à accepter le pouvoir qu'il avait toujours refusé : celui de pouvoir accueillir en lui les âmes des défunts. Mais cela suffira-t-il pour sauver Nino ? L'ennemi semble souvent avoir un coup d'avance et paraît mener habilement ses plans, et Nino a, de base, une espérance de vie très faible...

La rage, le désespoir, l'envie de disparaître. Voilà comment on pourrait résumer une bonne partie de ce volume, dans lequel Sôsô Sakakibara, au gré de quelques scènes d'action assez violentes et dramatiques, poursuit implacablement son récit, et continue de faire s'abattre sur son héros des malheurs qui trouvent une répercussion assez forte. Car au-delà des nombreux événements très, très difficiles et douloureux auxquels doit faire face Ryô, l'auteur en profite surtout pour dépeindre le ressenti intérieur de son personnage. Pour lui, la vie est devenue une malédiction, et même s'il a envie de mourir, son immortalité l'en empêche. Solitude et désespoir sont des choses que le mangaka parvient fort bien à faire ressortir chez son héros, à tel point qu'il en est devenu incapable d'afficher des émotions. Et dans une situation où il ne peut plus avoir ces contacts humains qui permettent justement de ressentir des choses, il semble condamné à perdre tout sentiment.
Et pourtant, l'espoir renaît dans le malheur. Le souhait de la petite Nino trouve un écho fort en lui... Le sourire pourra-t-il réapparaître sur son visage ? Et Nishizono, dans tout ça, finira-t-elle elle aussi par montrer ses douleurs et par changer ?

On vous laisse découvrir tout ça, mais une chose est sûre : même si tout va très vite, Sôsô Sakakibara mène bien sa barque, sait efficacement faire ressortir l'atmosphère dure de son récit post-apocalyptique ainsi que les évolutions de son protagoniste dans ce monde mort, le tout étant servi par une narration très fluide et par un coup de crayon certes sans grande personnalité, mais assez fin et limpide.
Et pourtant, c'est sur une forte pointe de frustration que l'on referme ce deuxième et dernier volume, qui n'est finalement qu'une mise en bouche côté action et lutte contre l'ennemi ! En effet, ne comptez pas sur une réelle conclusion sur ce point-là, et c'est d'autant plus crispant que les ultimes révélations sur le père de Ryô pouvaient amener des choses intéressantes. Toutefois, on ne parlera pas non plus de déception, car le mangaka semble avoir réussi à aborder suffisamment ce qui semblait compter le plus pour lui : l'évolution de son personnage solitaire dans ce monde de désespoir.

Soloman est donc une série à prendre pour ce qu'elle est. L'oeuvre est bourrée d'idées, est clairement plaisante à suivre, et on aurait adoré en voir plus tant le récit pouvait encore proposer des choses intéressantes, mais il faudra se contenter d'une conclusion très ouverte.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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